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Date de mise en ligne : lundi 20 septembre 2010 - 10 300 vues

Trench Town : entre légende et réalité

Trench Town : entre légende et réalité

1971. Le titre Trench Town Rock explose aux oreilles des auditeurs. Bob Marley place son quartier et par la même occasion la Jamaïque sur la carte mondiale. Trente ans après la disparition du chanteur, la notoriété de Trench Town demeure intacte.


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« C’est Kingston 12 ! », répète Bob Marley dans Trench Town Rock. Le quartier est depuis devenu un mythe et a survécu à la légende du reggae. Les hommages que le chanteur a rendus à sa muse résonnent encore sur les ondes du monde entier. Trench Town, Natty Dread ou encore No Woman no Cry… Si Kingston croule sous la violence et n’est plus qu’une escale pour les touristes, Trench Town continue d’attirer les curieux. Un exploit pour un ghetto proche d’un centre-ville formellement déconseillé. « C’est notre Hollywood », se vantent les habitants. Ici, pas de lettres géantes sur les toits en tôle, mais des légendes qui ont fait de ce lieu un objet de fascination.

« Trench Town reste dans les esprits la référence en musique, c’est incontestable », admet Prince Alla, 60 ans, l’un des derniers piliers de l’époque Marley. « Je me souviens de l’époque où Bob et ses musiciens venaient sur la plage pour chanter. Et nous les suivions, tous attirés par cette énergie mystique. » Dans ce véritable nid créatif, les quatorze rues se parcourent comme un mur d’une maison de disques où seraient accrochés des disques d’or. Bob Marley, Bunny Wailer, Peter Tosh, Wailing Souls, Delroy Wilson, Joe Higgs, Adina Edwards…

Première rue et première escale pour les touristes. Ils viennent par centaines chaque mois au Culture Yard. Plus connu sous le nom de « Government Yard », c’est l’endroit où Bob Marley a grandi, et dont il se souvient dans No Woman No Cry (« Said I remember when we used to sit, in the Government Yard in Trenchtown »). Les guides vous y font vivre alors le quotidien de celui qui n’était alors que Robert Nesta Marley. Un lit une place, qu’il promet de partager dans Is this love ?, et un mini-van, devenu un terrain de jeu pour des enfants pris d’ennui.


Les plus courageux bravent alors la mauvaise réputation de ce quartier à l’ouest de Kingston pour se promener dans les rues. Trente ans après la mort de son ambassadeur, Trench Town vous désarme. Un égout en plein air qui coupe le quartier en deux (le gully), des jeunes qui attendent sans trop d’espoir, et des enfants, dont les parents ne peuvent s’acquitter des frais de scolarité, qui jouent dehors.

Si Trench Town n’échappe pas au sort de tous les ghettos de l’île, sa notoriété fait d’elle une privilégiée. Le quartier est célèbre et en fait profiter ses quelque 60.000 habitants. Désormais débarrassé de la violence qui l’avait caractérisé pendant plus de trente ans, Trench Town peut désormais jouir de son patrimoine et accueillir les investisseurs souhaitant aider la jeunesse des ghettos. « Trench Town a connu le déclin le plus rapide des meurtres en Jamaïque », confirme Macintosh, policier sur la septième rue. Entre 2006 et 2009, le nombre de meurtres est passé de 165 à 53. Notoriété et retour au calme font pousser les projets communautaires le long de Collie Smith Drive, l’avenue principale qui longe le fameux gully.

Parmi ces investisseurs se trouve Docteur Henley Morgan, surnommé le "Don" pour l’aide apportée à la population. « Pourquoi ici ? Trench Town a placé la Jamaïque sur la carte, voilà pourquoi j’ai décidé d’investir dans ce quartier », explique-t-il. « Trench Town est une marque en elle-même. Un label au même titre que la Jamaïque », assure Docteur Henley Morgan.

Avec ses diplômes et son carnet d’adresses, ce natif de Montego Bay décide en 2006 de donner un coup de pouce à une jeunesse laissée à l’abandon. « Si tu peux sauver Trench Town, tu peux sauver la Jamaïque », martèle-t-il aux jeunes qui viennent le voir pour un conseil, un emploi, un micro-crédit ou encore une bourse d’étude. Il s’agit pour tous d’une aide vitale là où le taux de chômage dépasse les 60% (contre 11% pour tout le territoire).

À Trench Town, comme dans tout autre ghetto, le gouvernement n’aide pas. C’est du Panama, d’Allemagne ou des Etats-Unis, que quelques amoureux du quartier viennent et posent leurs bagages. « Aucune aide de l’État », assurent-ils tous. « J’ai cru qu’en leur montrant nos résultats, ils décideraient de nous donner un coup de main, mais rien », regrette Docteur Morgan. « Même les employeurs s’y mettent, car ils ont trop peur d’avoir à faire avec l’un des parrains du quartier », regrette-il.

« Dès la maternelle, on nous répète que le ciel est la seule limite », déclare Malica, 27 ans. Depuis qu’elle a fini le lycée, elle effectue de petites tâches, mais n’a jamais pu trouver un emploi stable. « Pour nous, la limite c’est le chiffre 12 (code pour Trench Town, ndlr). »


Article écrit par Ratiba Hamzaoui

Tags : Bunny Wailer (46)

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Dr Morgan (Trenchtown / 2010)

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Date de mise en ligne : 20/09/2010
Trench Town : entre légende et réalité

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Appréciation générale :

j'aime ces genres d'histoire sa nous apprend kelk choz o moins

Bravo pour le reportage, article très intéressant !


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