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Date de mise en ligne : mercredi 01 décembre 2010 - 5 309 vues

Prince Alla : soldat de Jah

Prince Alla se distingue par sa spiritualité. Que le message soit urgent ou pas, il prend le temps d’invoquer Jah, Selassié, le rastafarisme, l’amour et le respect pour les autres avant de vous répondre. Le chanteur originaire de Greenwich Farm, qui vient de fêter ses 60 ans, vit toujours dans la ville où il a grandi, et prépare tranquillement son retour.

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« L’un des véritables héros du reggae roots », a déclaré Steve Barrow à propos de Prince Alla. Véritable, authentique ou encore original… La même idée prime lorsque son nom est prononcé. C’est à Greenwich Farm, où il vit depuis bébé, que vous pouvez le voir circuler sur son vélo. Et tous l’interpellent par un « Honneur à toi ». Si sa musique reste très peu connue sur l’île, les habitants de Greenwich Farm le respectent unanimement. Dans ce quartier défavorisé et violent, celui qui fait figure de père semble avoir tout vécu, mais inexorablement refuse de partir. Lui veut rester dans le quartier qui l’a vu grandir quand d’autres plient bagage au premier succès. « Je suis resté ici, et ça peut surprendre », conçoit-il. « Je suis attaché et reconnaissant à Greenwich Farm. C’est ici que je puise mon inspiration, je suis proche de la réalité ici », explique-t-il.



Prince Alla est un Ancien, une légende vivante du reggae roots « made in Jamaica ». Celui qui vient de fêter ses soixante ans reste l’un des rares piliers de l’époque Marley, avant que les clivages politiques ne mettent l’île à feu et à sang. « J’ai connu l’époque où nous étions tous connectés », se souvient-il. « Trois lieux concentraient toute la musique : Trench Town, Greenwich Farm et Waterhouse, surnommée Firehouse pour ses studios. »

Le sexagénaire fait figure d’historien, et se souvient de son quartier lorsque la ferme s’achevait dans la mer des Caraïbes, avant donc que l’autoroute ne coupe Greenwich Farm en deux et que les vapeurs d’essence de la raffinerie n’étouffent la brise marine. « Ce n’étaient que bananiers et cocotiers… Tous les artistes du coin venaient sur le front de mer, et jouaient toute la nuit. Bob Marley et les Wailing Wailers marchaient jusqu’ici pour chanter sur la plage, et nous allions aux fameux concerts de l’Ambassador Theatre à Trench Town. »

« La musique adoucissait les mœurs, aujourd’hui elle attise la haine »
Puis les années 1970 sont arrivées, et la politique s’en est mêlée. « Si un jeune se rend à Trench Town, comme moi à l’époque, il peut se faire tuer », ajoute Prince Alla. Et la situation empire en période électorale. Alors, Greenwich Farm se transforme en un bain de sang. Ce quartier à l’ouest de Kingston est divisé en deux camps politiques (PNP au nord et JLP au sud). Et chacun tente au mieux de faire voter pour son candidat, car enveloppes et contrats sont à la clef.


« Au temps de Bob Marley, il n’y avait pas toute cette violence, mais à sa mort il y a eu un tournant », constate-il. Selon Prince Alla, la musique ne serait plus qu’une vitrine. « Les armes ont remplacé les instruments », regrette-il. Celui dont le seul délit a été de prier en nombre sur la colline au temps de son séjour au Bobo Camp contraste avec ceux dont les séjours en prison sont plus nombreux que les albums. « Ces gangsters utilisent la musique comme vitrine et vendent des armes. Si la police les contrôlent, ils justifient leur richesse par les disques vendus. » Un changement qui se reflèterait sur la société. « La musique adoucissait les mœurs, aujourd’hui elle attise la haine. Normal que la population soit affectée. Quand tu danses, quand tu te réveilles, tu entends la violence. »

Il ne se lamente pas pour autant et invoque Jah. Dans sa chanson Great Stone, Prince Alla conte l’histoire d’une pierre qui s’abat sur Rome et la détruit. Le pacifiste précise qu’il s’agit d’une pierre de la droiture et espère qu’elle pourra atteindre sa terre rongée par la corruption. « Un jour, elle touchera la Jamaïque, et nous assisterons à une révolution spirituelle et physique », prédit-il. « Regardez ces deux arbres, ils sont différents mais cohabitent, alors pourquoi pas nous ? »

En attendant, Prince Alla poursuit sa carrière et enregistre actuellement un nouvel album. « Acoustique, sans ordinateur ». « Il s’agit d’apporter des solutions aux auditeurs, car ne parler que des problèmes, c’est faire partie du problème », ajoute-il. Après plus de quarante années de carrière vers l’étranger, Prince Alla compte également s’investir en Jamaïque. « Je sens l’opportunité de faire de la musique ici. Les Jamaïcains en ont assez de la violence. Les concerts se finissent toujours dans la violence, en émeute. Ils veulent retourner à la source, aux racines, au reggae roots », confie-t-il.



Article écrit par Ratiba Hamzaoui

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Date de mise en ligne : 01/12/2010
Prince Alla : soldat de Jah

2 réactions

naturel roots man Prince Alla,sauvage,humble

GOOOOOOODDDDDDDDDDDD VIBES ... Yes PRINCE Gwaaannnn Fi More RASTAFARI Reggae Muzik .... IRIE IRIE ...


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