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Pochette de l'album In the streets to Africa de Richie Spice

Chronique · par François-Xavier Rougeot

Richie Spice

In the streets to Africa

Écouter un extrait
Brown Skin

L’impatience qui entourait la sortie de "In the Streets to Africa" était à la hauteur du défi qui attendait Richie Spice, deux ans après la sortie de "Spice in your Life" (janvier 2005, chez 5th Element), l’opus qui l’a mis sur le devant de la scène internationale. Plus qu’une confirmation, "In the Streets to Africa", son troisième album (le premier, "Universal", était sorti quasiment inaperçu en 2000), signe l’éclosion définitive du singer jamaïcain au gimmick si marquant.

"Spice in your Life" recelait déjà de nombreux trésors roots, mais Richie Spice se perdait parfois dans des titres qui manquaient de vivacité. Ici, aucun temps mort. Seulement de (très) rares morceaux plus légers qui permettent la digestion d’épices roots rares. Dans cet album, Richie Spice fait parfois du neuf avec de l’ancien, puisque sept titres (Open the door, Youth dem cold, Uptown girl, Brown skin, Take it easy, Motherland Calling et High Grade) étaient déjà sortis en single. Il serait néanmoins maladroit de confondre ce LP avec une compilation, tant lesdits titres, devenus classiques, pour la plupart, s’intègrent à merveille dans le paysage d’ensemble. Qui pourrait se lasser, en outre, de redécouvrir Open the door (Jah love riddim) et Youth dem Cold (sur le Truth and Rights), les deux joyaux de Massive B, Brown Skin (Heavenly riddim, chez Don Corleon), poignante déclaration d’amour à la femme noire, Motherland Calling (sur le Maroon riddim, chez Downsound records), titre nyabinghi où un Richie Spice nostalgique évoque sa terre originelle, ou encore High Grade (Swing easy riddim, label Dirtworxent), une ganja tune à couper le souffle ?

Autant de titres phares que Richie Spice irradie d’une voix chaleureuse et colorée. En ce sens, Richie Spice porte bien son nom. Le dictionnaire en atteste. Définition d’épice (au sens figuré): ce qui ajoute du piment à un sentiment. Rares sont ceux issus de cette vague new roots, d’ailleurs, qui sont capables d’injecter autant d’énergie à leur message. Le message de Richie Bonner (son vrai nom), justement, se veut optimiste. Jamais naïf. Plutôt que de se lamenter sur Youth dem cold, état des lieux dénonciateur et préoccupant des ghettos jamaïcains de la trempe d’un Welcome to Jamrock de Damian Marley en version roots, Richie Spice délivre un message porteur d’espoir, se refusant à tout fatalisme. Open the Door (ouvres la porte) est un appel à la solidarité et à l’entraide.

Pour couronner le tout, Richie Spice invite à ses côtés le regretté Joseph Hill (chanteur de Culture) sur le bondissant Digital Ways, pimente son album de titres aux refrains marquants (Babylon Gwaan, Groovin’ my girl et Mind off me), sans oublier de manifester sa foi d’un ton solennel et grave sur Can’t Stop Loving Jah. Du haut de ses 36 ans, Richie Spice a tout pour continuer à s’épanouir avec sérénité : un entourage familial et musical talentueux – on retrouve d’ailleurs deux de ses trois frères, Spanner Banner et Pliers sur le plaisant Baby Face -, une maturité d’esprit constructive et un sens du rythme inné. Son dernier bébé, "In the Streets to Africa", est une explosion de saveurs. Immanquable.

Réactions des lecteurs (13)

Les 13 réactions ›
  1. amadou ·

    me live for your music i am junior richie
  2. ousmane · · note : 5 sur 5

    c est bon mais mais il reste un peut la qualiter des son.
  3. yanniss · · note : 4 sur 5

    un peu bof mais bon ça passe quand meme enfin je m'attendais à ce qu'il fasse mieux....
    la prochaine fois peut etre
  4. elikya · · note : 5 sur 5

    Un grand merci au prophet Richie "spice" Bonner pour son appel à l'unité des africains. one love ... HOTEP
  5. antoine · · note : 5 sur 5

    L'album est bon c'est indeniable...cependant on connaissait la moitié des tunes avant sa sortie.Cela fait que l'album manque un peu d'ame...Mais les chansons reste vraiment wicked

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