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I-OCTANE
Crying to the Nation
Date de sortie : 20/02/2012
Label : Scikron / VP Records
Tracklist :
01. Rules of life
02. Help I please
03. Vanity will come
04. Nuh love inna dem
05. Puff it
06. No more violence
07. System a beat dem
08. Zion awaits
09. L.O.V.E Y.O.U
10. Missing you (remix feat. Agent Sasco aka Assassin)
11. Once more
12. The Master's plan
13. Lose a friend
14. All we need is love (feat. Tarrus Riley)
15. Space for all of us (feat. Alborosie)
16. Crying to the nation
Ecoute : Crying to the nation
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CHRONIQUE
Chronique écrite par Benoit Georges le mardi 17 avril 2012 - 10 542 vues
Après plusieurs EP et sorties digitales, le singjay I-Octane s’offre enfin un véritable premier album, un projet résolument moderne et peu orthodoxe, à la hauteur des attentes qu’il a suscitées depuis 2007.
"Crying to the nation" est le résultat d’un partenariat entre VP Records et Scikron, label de Robert Linvingston, ancien manager de Shaggy et associé au sein de Big Yard. Hormis une poignée de singles signés Seanizzle, Cashflow ou Truckback records (Nuh love inna dem, Puff it, Lose a friend), la majeure partie de l’album est inédite et dirigée par Robert Linvingston (cité abondamment dans les chansons). Un peu moins cité, mais tout aussi influent, Dean Fraser, qui accompagne I-Octane depuis ses débuts sous ce nom, a également travaillé en coulisse, tout comme les musiciens de C-Sharp. Avec une telle équipe, la production est forcément soignée : piano, chœurs, instruments à cordes indiens… on s’est donné les moyens de la qualité.
Plusieurs grandes tendances s’affrontent dans l’album. D’abord des titres reggae conscients en bonne et due forme, très chiadés musicalement et au niveau des textes, comme le magnifique Rules of life, qui ouvre le disque, Vanity will come, No more violence, System a beat dem (de TJ Records) ou le titre éponyme Crying to the nation où résonne le sax soprano de Dean Fraser.
Zion awaits, Help I please et The master’s plan développent une atmosphère plus spirituelle. Ces deux derniers titres donnent d’ailleurs une bonne illustration du travail de production : sous des abords mainstream, il s’agit en réalité de rythmiques Nyabinghi modernisées qui correspondent tout à fait aux thèmes des morceaux.
Les chansons sentimentales n’ont pas cette profondeur. Regroupées en milieu d’album, elles en constituent malgré tout le ventre mou. Explication probable : I-Octane jouit d’un certain succès auprès de la gente féminine en Jamaïque et il aurait été inenvisageable de ne pas capitaliser sur ce public qui a le pouvoir de faire les carrières, même des artistes les plus conscients. Si L.O.V.E. Y.O.U. produit par Birch, est plutôt entrainant, on arrive aux limites de ce grand écart avec Once more.
Viennent enfin les duos. Missing you et Space for all of us sont réussis mais anecdotiques (la version de Missing you avec Assassin est un remix et le duo avec Alborosie n’est que virtuel, les deux artistes n’ayant pas enregistré ensemble). Il faut donc s’attarder sur la combinaison avec Tarrus Riley, All we need is love produit par DJ Frass, pour trouver plus de consistance. Après un premier couplet en mode deejay, à la Richie Rich, son premier nom de scène, I-Octane glisse vers le chant : tout un symbole, qui illustre son parcours et fait office de passage de témoin entre ces deux artistes évoluant sous le patronage de Dean Fraser.
Pari gagné pour I-Octane qui propose un premier album varié, solide et surtout d’une grande richesse musicale. "Crying to the nation" reste fidèle à l’identité artistique de son auteur : sans transiger, il impose son style unique, qu’il plaise ou non. |
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