Vétéran · 11 430 messages
Quel est votre LIVRE du moment ?
Ouvert par K-Rim le 25 août 2004 · Dans Discussion générale · 799 messages · 2004-2017 · page 34 sur 54
Adepte · 92 messages
J'ai remis les images de Universal War One, pourtant la dernière fois ça avait marché, mais pas longtemps, je pense que cette fois cela devrait tenir...
Et Ensemble c'est tout, de Anna Gavalda, vous connaissez?
Je n'ai pas vu le film et ne sait donc pas ce qu'il vaut, mais le bouquin est très chouette...
Et Ensemble c'est tout, de Anna Gavalda, vous connaissez?
Je n'ai pas vu le film et ne sait donc pas ce qu'il vaut, mais le bouquin est très chouette...
Fidèle · 271 messages
Adepte · 92 messages
La part de l'autre, Eric Emmanuel Schmitt
Parrallèle entre la vraie vie d'Hitler et la vie de ce dernier imaginée s'il avait été accepté aux Beaux Arts...
Extrait :
D’abord il se fait désirer.
Il donne un rendez-vous. Toujours loin dans le temps. Toujours incertain. Car, pour se rendre précieux, il a fait courir la rumeur que ses nombreuses responsabilités le contraignent parfois d’annuler. C’est faux mais qui le sait ? Du coup, ce n’est plus Hitler qui attend la foule mais la foule qui attend Hitler. Qui l’espère.
Le jour dit, il met en scène son apparition. Il exige que le lieu de réunion quel qu’il soit, ait perdu son aspect ordinaire ; des drapeaux, des bannières, des rangées de chaises, des pyramides de tribunes, des haut-parleurs, des projecteurs lui ont ôté son aspect habituel ; la foule entre dans un quotidien métamorphosé, embelli, réenchanté. Ensuite, il se fait attendre. Il organise avec précision son retard. Il a calculé le temps exact nécessaire à une foule pour devenir tendue, impatiente, sans être bafouée ni furieuse. Il sait alors entrer rapidement et bondir sur la tribune elle une solution.
Il bouge vite. Ses gestes sont précis, nerveux. Il sait qu’il doit surprendre par son énergie. La foule ne le connaît que par ses effigies, ses photographies lentes et silencieuses, élaborées avec son ami Hoffmann, qui le font paraître noble et pensif. Maintenant, il doit, en quelques secondes, montrer les qualités opposées. C’est à ce prix-là qu’on fascine, à ce prix-là qu’on est une star. Il le sait, il a étudié les vedettes de cinéma. Seule la cohabitation des extrêmes dans une même personne entretient l’appétit de la foule. Greta Garbo règne sur le monde car sa beauté hautaine, polie, digne d’une statue antique, est contredite par ses gestes embarrassés de femme trop grande qui a honte de dominer, ces pas de danseuse aladroite qui va tomber, ses regards émus d’être trop sensible, sa nuque d’oiseau blessé. Hitler travaille dans les même zones de contraste : après avoir imposé l’image d’un visionnaire calme aux yeux d’azur, au physique alangui, perdu dans des rêveries sublimes, il va monter, en char et on os, une énergie coupante, mordante, virtuose, fébrile donnant l’idée qu’une invincible force le dépasse lui-même.
Il est là. Il fait face à la foule. Ce ne sont encore que les préliminaires.
La foule est une femme ; la femme est longue à venir ; Hitler est un grand amant parce qu’il est encore plus lent qu’elle. Dès le départ, il livre des arguments, des idées, mais il donne peu. Il traîne. Il retient. Il veut créer l’envie dans la foule. Il veut qu’elle s’ouvre. Il garde ses assauts pour plus tard. Par contre, lorsqu’il s’échauffera, il sera fort, bandant, inépuisable.
En amour, on appelle ça un étalon ; en politique, un démagogue. (Pages 348/349)

Parrallèle entre la vraie vie d'Hitler et la vie de ce dernier imaginée s'il avait été accepté aux Beaux Arts...
Extrait :
D’abord il se fait désirer.
Il donne un rendez-vous. Toujours loin dans le temps. Toujours incertain. Car, pour se rendre précieux, il a fait courir la rumeur que ses nombreuses responsabilités le contraignent parfois d’annuler. C’est faux mais qui le sait ? Du coup, ce n’est plus Hitler qui attend la foule mais la foule qui attend Hitler. Qui l’espère.
Le jour dit, il met en scène son apparition. Il exige que le lieu de réunion quel qu’il soit, ait perdu son aspect ordinaire ; des drapeaux, des bannières, des rangées de chaises, des pyramides de tribunes, des haut-parleurs, des projecteurs lui ont ôté son aspect habituel ; la foule entre dans un quotidien métamorphosé, embelli, réenchanté. Ensuite, il se fait attendre. Il organise avec précision son retard. Il a calculé le temps exact nécessaire à une foule pour devenir tendue, impatiente, sans être bafouée ni furieuse. Il sait alors entrer rapidement et bondir sur la tribune elle une solution.
Il bouge vite. Ses gestes sont précis, nerveux. Il sait qu’il doit surprendre par son énergie. La foule ne le connaît que par ses effigies, ses photographies lentes et silencieuses, élaborées avec son ami Hoffmann, qui le font paraître noble et pensif. Maintenant, il doit, en quelques secondes, montrer les qualités opposées. C’est à ce prix-là qu’on fascine, à ce prix-là qu’on est une star. Il le sait, il a étudié les vedettes de cinéma. Seule la cohabitation des extrêmes dans une même personne entretient l’appétit de la foule. Greta Garbo règne sur le monde car sa beauté hautaine, polie, digne d’une statue antique, est contredite par ses gestes embarrassés de femme trop grande qui a honte de dominer, ces pas de danseuse aladroite qui va tomber, ses regards émus d’être trop sensible, sa nuque d’oiseau blessé. Hitler travaille dans les même zones de contraste : après avoir imposé l’image d’un visionnaire calme aux yeux d’azur, au physique alangui, perdu dans des rêveries sublimes, il va monter, en char et on os, une énergie coupante, mordante, virtuose, fébrile donnant l’idée qu’une invincible force le dépasse lui-même.
Il est là. Il fait face à la foule. Ce ne sont encore que les préliminaires.
La foule est une femme ; la femme est longue à venir ; Hitler est un grand amant parce qu’il est encore plus lent qu’elle. Dès le départ, il livre des arguments, des idées, mais il donne peu. Il traîne. Il retient. Il veut créer l’envie dans la foule. Il veut qu’elle s’ouvre. Il garde ses assauts pour plus tard. Par contre, lorsqu’il s’échauffera, il sera fort, bandant, inépuisable.
En amour, on appelle ça un étalon ; en politique, un démagogue. (Pages 348/349)

Fidèle · 116 messages
En attendant le Koll Pekude (demain en principe),
il y aura encore et toujours le Mumbo Jumbo d' Ishmael Reed, aux "éditions de l'olivier" dans la collection soul fiction:
un livre culte de la (vraie) culture hip-hop, composé de 104 citations, dédié au culte du Djeuze Grou, concept animiste(l ame de la musique noire américaine) que l on retrouve à l'origine dans les pratiques voodoo, héritage "culturel" de l'ancienne Egypte...; a l'opposé de la raison atoniste incarné par l ordre des templiers.
SUCCULANT
petit extrait:
Des généraux vaudous encerclent les Marines à Port-au-Prince...
"Nouvelles brèves:
on nous communique à 'instant la dépèche selon laquelle un Marine originaire des états du sud aurait été victime d'un acte de cannibalisme....On note une vive réaction des milieux officiels....James Weldon Johnson aurait déclaré aux journaliste.Je cite:
qu'est ce qui est le plus répréhensible: la soi-disant coutume haïtienne de consommer un etre humain sans le rotir ou l'habitude américaine de faire rotir un etre humain sans le manger? A la 1ere on pourrait trouver une circonstance atténuante: son coté utilitaire*..."
*James Weldon Johnson, Along this way
il y aura encore et toujours le Mumbo Jumbo d' Ishmael Reed, aux "éditions de l'olivier" dans la collection soul fiction:
un livre culte de la (vraie) culture hip-hop, composé de 104 citations, dédié au culte du Djeuze Grou, concept animiste(l ame de la musique noire américaine) que l on retrouve à l'origine dans les pratiques voodoo, héritage "culturel" de l'ancienne Egypte...; a l'opposé de la raison atoniste incarné par l ordre des templiers.
SUCCULANT
petit extrait:
Des généraux vaudous encerclent les Marines à Port-au-Prince...
"Nouvelles brèves:
on nous communique à 'instant la dépèche selon laquelle un Marine originaire des états du sud aurait été victime d'un acte de cannibalisme....On note une vive réaction des milieux officiels....James Weldon Johnson aurait déclaré aux journaliste.Je cite:
qu'est ce qui est le plus répréhensible: la soi-disant coutume haïtienne de consommer un etre humain sans le rotir ou l'habitude américaine de faire rotir un etre humain sans le manger? A la 1ere on pourrait trouver une circonstance atténuante: son coté utilitaire*..."
*James Weldon Johnson, Along this way
Klipsch addict
Vétéran · 11 430 messages
.
C'est de la Bédé, avec un B majuscule...

Celui-ci est excellent. A lire et relire, au moins. Lire pour découvrir l'univers "fou" imaginé par G.L. Arnaud. Relire et relire encore parce que c'est riche. Autant "le" dessin que l'aventure.
Et puis celui-là :

Sans doute un chef d'oeuvre.
C'est très très fort.
Le dessin pète à la gueule de temps en temps, parce que cela donne du sens, car la magie du trait ne vise "qu'à" faire surgir l'émotion du lecteur. C'est du grand art.
Quartier lointain n'est pas mon premier manga de Taniguchi. Le précédent était Le sauveteur. J'en ai lu d'autres.
Quartier lointain est peut-être un monument. Un monument de la littérature si un jour la littérature accepte l'art de la Bédé en son Temple.
Quartier lointain... Wouam ça me remue.
Universel !
.
C'est de la Bédé, avec un B majuscule...

Celui-ci est excellent. A lire et relire, au moins. Lire pour découvrir l'univers "fou" imaginé par G.L. Arnaud. Relire et relire encore parce que c'est riche. Autant "le" dessin que l'aventure.
Et puis celui-là :

Sans doute un chef d'oeuvre.
C'est très très fort.
Le dessin pète à la gueule de temps en temps, parce que cela donne du sens, car la magie du trait ne vise "qu'à" faire surgir l'émotion du lecteur. C'est du grand art.
Quartier lointain n'est pas mon premier manga de Taniguchi. Le précédent était Le sauveteur. J'en ai lu d'autres.
Quartier lointain est peut-être un monument. Un monument de la littérature si un jour la littérature accepte l'art de la Bédé en son Temple.
Quartier lointain... Wouam ça me remue.
Universel !
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Vétéran · 11 430 messages
Vétéran · 2 958 messages
Vétéran · 11 430 messages
Vétéran · 2 958 messages
Vétéran · 11 430 messages
.
Des ami-es m'invitent à deux lectures, au moins...

et :

là, le second à lire en ligne :
http://olivier.hammam.free.fr/imports/a ... cours1.htm
http://ticeblog.ycombe.net/public/docum ... argeon.pdf
.
Des ami-es m'invitent à deux lectures, au moins...

et :

là, le second à lire en ligne :
http://olivier.hammam.free.fr/imports/a ... cours1.htm
http://ticeblog.ycombe.net/public/docum ... argeon.pdf
.
Nouveau · 11 messages
Vétéran · 2 958 messages
Vétéran · 4 482 messages
LES ASPRES DE NAGUÈRE
Frappées dès la seconde moitié du XIXe siècle par un important exode, les collines des Aspres ont vu peu à peu disparaître la plupart de leurs agriculteurs. Comme l'indique suffisamment le nom de cette région, les terres y étaient rarement irriguées, et les céréales les plus rentables n'y étaient pas cultivées : c'était le domaine du méteil, mélange de graines de blé et de seigle. On pratiquait la polyculture, complétée par l'élevage et par les ressources de la forêt environnante.
Novembre était l'un des mois les plus importants dans le calendrier agricole d'autrefois, car c'était celui des semailles, qu'il fallait accomplir sans tarder : "Per tenir un bon sembrat, cal que per Sant-Martí sigui nat" Autrement dit, pour que le blé semé soit bon, il doit être né à la Saint-Martin, le 11 novembre.
Car chaque grain semé en cette saison fera cinq tiges, donc cinq épis à la moisson, alors que si on sème au printemps chaque grain ne donnera qu'un épi.
On semait à la volée, selon une technique à la fois très simple et très difficile : on délimitait une pórca, un sillon qui faisait trois mètres de large et le long duquel le semeur se déplaçait en lançant une poignée de grains à chaque pas, sur toute la longueur du champ ; au retour, il accomplissait le même geste en sens inverse. Mais il ne fallait jeter ni trop, ni trop peu de grains à la fois : pour vérifier la bonne qualité du travail fourni, il suffisait de mettre la main à plat par terre (el pam) ; l'idéal était de trouver cinq grains par main, un entre chaque doigt, preuve que le semeur avait été généreux mais sans excès.
Après avoir semé, il faut enterrer le grain avec l'araire. Puis on aplanit le terrain à l'aide de la planadura, qui pouvait être remplacée en montagne par le soc de planar, sorte de billot de bois adapté à l'araire. Mais ce n'est pas tout : environ un mois après les semailles, on doit taller le blé, c'est-à-dire écraser la tige déjà sortie afin de faciliter la naissance de nouvelles tiges issues du collet de la racine. Pour cela, on utilisait en plaine un rouleau de pierre, mais en moyenne montagne on avait trouvé une solution plus économique : on faisait passer le troupeau de brebis dans le champ a trot de ca, les chiens courant après les bêtes afin qu'elles ne s'attardent pas à déraciner les pousses et se contentent de les piétiner...
J'apprécie ce genre de lecture...
Frappées dès la seconde moitié du XIXe siècle par un important exode, les collines des Aspres ont vu peu à peu disparaître la plupart de leurs agriculteurs. Comme l'indique suffisamment le nom de cette région, les terres y étaient rarement irriguées, et les céréales les plus rentables n'y étaient pas cultivées : c'était le domaine du méteil, mélange de graines de blé et de seigle. On pratiquait la polyculture, complétée par l'élevage et par les ressources de la forêt environnante.
Novembre était l'un des mois les plus importants dans le calendrier agricole d'autrefois, car c'était celui des semailles, qu'il fallait accomplir sans tarder : "Per tenir un bon sembrat, cal que per Sant-Martí sigui nat" Autrement dit, pour que le blé semé soit bon, il doit être né à la Saint-Martin, le 11 novembre.
Car chaque grain semé en cette saison fera cinq tiges, donc cinq épis à la moisson, alors que si on sème au printemps chaque grain ne donnera qu'un épi.
On semait à la volée, selon une technique à la fois très simple et très difficile : on délimitait une pórca, un sillon qui faisait trois mètres de large et le long duquel le semeur se déplaçait en lançant une poignée de grains à chaque pas, sur toute la longueur du champ ; au retour, il accomplissait le même geste en sens inverse. Mais il ne fallait jeter ni trop, ni trop peu de grains à la fois : pour vérifier la bonne qualité du travail fourni, il suffisait de mettre la main à plat par terre (el pam) ; l'idéal était de trouver cinq grains par main, un entre chaque doigt, preuve que le semeur avait été généreux mais sans excès.
Après avoir semé, il faut enterrer le grain avec l'araire. Puis on aplanit le terrain à l'aide de la planadura, qui pouvait être remplacée en montagne par le soc de planar, sorte de billot de bois adapté à l'araire. Mais ce n'est pas tout : environ un mois après les semailles, on doit taller le blé, c'est-à-dire écraser la tige déjà sortie afin de faciliter la naissance de nouvelles tiges issues du collet de la racine. Pour cela, on utilisait en plaine un rouleau de pierre, mais en moyenne montagne on avait trouvé une solution plus économique : on faisait passer le troupeau de brebis dans le champ a trot de ca, les chiens courant après les bêtes afin qu'elles ne s'attardent pas à déraciner les pousses et se contentent de les piétiner...
J'apprécie ce genre de lecture...
Vétéran · 3 617 messages

Lagos, fin des années 70. Une ville tentaculaire, grouillante, où grandit Elvis, un garçon fasciné par Presley, et qui imite son idole sur les plages dans l'espoir de gagner quelques sous. Elvis n'a qu'une idée : s'évader du ghetto, où il survit entre un père alcoolique, une marâtre indifférente et une bande de délinquants. Quand on a seize ans au Nigeria, qu'on s'est gavé de films américains, de reggae et de jazz, que votre mère, morte prématurément, vous a légué un trésor de tendresse, pourquoi choisir Presley pour horizon, et comment s'assurer d'un Graceland bien à soi ? Avec ce roman intensément visuel, lyrique, à l'ironie percutante, le Nigérian Chris Abani, plusieurs fois emprisonné dans son pays pour " activités subversives ", a reçu aux Etats-Unis le célèbre prix Pen-Hemingway. On ne saurait saisir plus crûment que lui l'espérance au cœur d'un continent à la dérive.
"To be a good selecta, you have to be a good collector" Rodigan
http://www.crazy-youths.com
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