16 décembre 2006 à 09:43
.
"La vraie question"...
Le week-end dernier, j'écrivais aux Uns et aux Autres ce que j'en pensais.
La LCR m'a répondu ainsi :
Cher ... [mon prénom dans le non-virtuel],
Tout d'abord, désolé du retard de réponse, mais comme nous n'avons pas des centaines de permanents, et que chacun d'entre nous travaille, notre délais de réponse est sans doute plus long...mais nous répondons !
Après un week-end agité, nous restons persuadés que personne, ni au PCF, ni à la LCR, ni chez les "non-encarté-e-s", ne se réjouit de tout ce qu'il se passe, et que tout le monde partage ton constat.
Apporter ou annoncer des mauvaises nouvelles n'est jamais plaisant, et l'on asouvent tendance à tirer sur le messager, en l'occurence, la LCR.
Pour quelle raison ne pouvons-nous pas être partie prenante des collectifs ?
Lorsque cet appel pour des candidatures unitaires est sorti dans la presse en mai (sans que personne ne nous aie au départ proposé d'en être...), nous avons fait des propositions pour l'amender, afin que nous puissions y participer. Nos propositions de clarifications concernaient les rapports avec le PS, qui a co-dirigé la campagne pour le Oui au référendum et, depuis le Congrès du Mans, a proposé (et fait voter par tous ses dirigeants, y compris ceux du non...), le programme le plus libéral de son histoire. Pour nous, la suite logique de la campagne unitaire de Mai 2005 devait donc se poursuivre ensemble, dans la clarté par rapport au PS, et ne surtout pas reproduire l'expérience de la gauche plurielle, record absolu du nombre de
privatisations en France (loin devant même la droite !).
Or, dans le programme des collectifs, la seule précision existante est "nous ne participerons pas à un gouvernement dominé par le social-libéralisme"...
Nous ne participerons pas : cela veut-il dire que l'on peut le soutenir malgré tout, que l'on peut lui voter la confiance (comme en Italie par exemple, où la gauche antilibérale, après avoir voté la confiance, s'est du coup vue obligée de voter l'envoi des troupes en Afghanistan...) ?
A un gouvernement : donc, on peut faire un accord parlementaire avec le PS, soutenir ses députés ? Appeler à voter pour eux aux législatives ?
Dominé par : Un gouvernement comportant 12 ministre, mais seulement 4 du PS ne serait pas dominé par...même si ces 4 ministre sont le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères, le ministre de l'économie, le ministre de l'intérieur ?
Social-libéral : il n'y a en France qu'une seule personne qui se dit social-libérale, et c'est Jean-Marie Bockel du PS. Ségolène Royal explique que son programme est "socialiste", et même jusqu'à Jacques Chirac qui dit qu'il est antilibéral !!!
Donc, est-ce à dire qu'entre nous, nous sommes toutes et tous d'accord pour ne pas participer à un gouvernement dominé par Jean-Marie Bockel ?
Nous attendions cependant en toute franchise que cette phrase soit rapidement clarifiée, et que nous puissions, une fois les rapports avec le PS clarifiés, rejoindre les collectifs.
Nous attendons toujours...Depuis mai...
Hors, depuis mai, force est de constater que, bien qu'ayant demandé après notre Conférence nationale de juin, à participer pleinement, cela nous a
été refusé, car, "soit nous signons le texte à 100%, soit nous restons dehors" (donc, lorsque nous demandons à "peser à l'intérieur", on nous le refuse pour mieux nous le reprocher ensuite...).
A l'inverse, Jean-Luc Mélencon et PRS qui lui aussi, mais pour d'autres raisons (soutien de Laurent Fabius...), n'avait pas signé le texte d'appel, a été accepté sans aucun problème comme membre à part entière.
Deux poids, deux mesures ? Cela ne nous a pas incités bien évidemment à penser que les clarifications par rapport au PS avaient été faites... Et cela ne ne nous a pas incités, comme pourtant nous le déclarons depuis le début, (et comme nous l'avons déjà fait à plusieurs reprises dans notre histoire), à retirer notre candidat, Olivier, au profit (et en apportant nos signatures de maires), d'une candidature unitaire...à laquelle on nous refusait de participer de plein droit tant que nous ne signions pas à 100% l'intégralité d'un texte sur lequel nous avions des désaccords, mais avions proposé des amendements pouvant résoudre ces désaccords...
En septembre donc, malgré tout cela, nous proposons à nouveau des amendements, dont on apprend la veille même de la réunion nationale des collectifs du 10 septembre, dans l'Humnanité, que ceux-ci n'ont pas été retenus ni intégrés, et ne seront même pas présentés aux collectifs. A quoi servait cette réunion nationale puisque tout avait été déjà décidé avant ?
De même, les amendements des collectifs d'Aubagne par exemple, qui proposaient que le ou la candidat-e ne puisse être issu-e d'un parti, chose avec laquelle nous sommes en complet accord puisque nous n'avons pas bprésenté Olivier à la candidature unitaire, pensant qu'il faut rassembler plus largement qu'un-e candidat-e issu d'un parti...).
Comment pouvons-nous peser dans les collectifs et nous y investir si lorsque l'on en fait la demande, tout en maintenant nos remarques et désaccords sur le texte, on nous l'interdit ? Comment le faire aussi lorsque les amendements que nous proposons ne sont même pas soumis au vote des militantes et militants des collectifs ?
Et enfin, comment peser, petite organisation que nous sommes, face au blocage d'une partie du PCF ? Les mathématiques sont simples, et certainement pas en notre faveur, pour clarifier nos rapports avec le PS...
Cependant, malgré les déclarations de José Bové, de Raoul Marc Jennar, qui vont encore une fois dans le sens de ce que nous avions hélas dit depuis des mois, il ne faut pas non plus désespérer !
Le PCF change, évolue, c'est vrai, et personne ne peut dire le contraire.
Mais se transformer après 86 ans d'un passé qui a laissé des marques, ça n'est jamais facile...surtout lorsque l'on continue à discuter programme de gouvernement avec le PS (comme il y a deux semaines...) De plus, dépendant du PS pour conserver ses 15 000 élus, son financement, son "appareil" (plusieurs milliers de permanents...), la transition forcément prend du temps...
Nous savons que demain, nous allons retrouver nombre de militantes et
militants du PCF, des Alternatifs, des "non-encarté-e-s" dans les luttes,
dans la rue.
Et c'est de là, sur les luttes, en ayant aussi véritablement mis à plat nos désaccords, en prenant le temps de le faire, que nous pourrons véritablement construire une candidature unitaire derrière laquelle nous nous effacerons, et non pas à la dernière minute sous la pression d'une élection présidentielle...peu apte à tempérer les désaccords et les tensions.
Et pour vous rassurer, non, nous ne présentons pas Olivier Besancenot pour "faire un score et battre le PCF", mais nous considérons justement que les suites de la campagne du TCE auraient dû normallement aider à construire une véritable gauche, claire et en rupture complète avec tous les libéralismes, de droite comme de gauche.
Comme cela n'a pas été possible, et que cet espoir n'a pas été porté par d'autres (puisque les clarifications par rapport au PS n'y sont pas, comme le montre Bordeaux par exemple où nous avions proposé une liste commune, à nouveau refusée...), il ne fallait pas abandonner, et donc, même si peut-être le "score" d'Olivier à la présidentielle n'est pas "bon", il y aura au moins eu une candidature claire par rapport au PS, en accord avec la suite du référendum.
Une première pierre pour construire ensemble, par la suite, le vrai rassemblement, par-delà la LCR, par-delà le PCF.
Cela prend du temps, c'est douloureux, mais nous restons persuadé-e-s qu'on y arrivera, toutes et tous ensemble !
Amicalement,
Pour la LCR,
Yves
Voilà un point de vue d'acteurs.
Les Autres n'ont pas répondu.
Pour le moment... ?
.