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Al Jezira, "le Sud" met le monde en image

Ouvert par Red cat le 24 novembre 2006 · Dans Explicit lyrics · 4 messages · 2006

Red cat

Vétéran · 1 426 messages

Al-Jezira, le maître et l'esclave

Par Daniel SCHNEIDERMANN
QUOTIDIEN : vendredi 24 novembre 2006

Ce ne fut qu'une brève image, quelques secondes à peine, au 20 heures de TF1 : la Cour suprême de Kinshasa était en flammes. Des partisans du candidat malheureux à la présidentielle congolaise, Jean-Pierre Bemba, avaient incendié les bâtiments de la juridiction pour protester contre les résultats de l'élection. Un bâtiment en flammes après un scrutin-feuilleton, émaillé d'irrégularités et de violences : incorrigibles, ces Africains, songea sans doute le téléspectateur moyen, avant de classer l'affaire et de passer à la suite.
Cette façade du siège de la Cour suprême de Kinshasa, on l'avait pourtant déjà vue le week-end précédent, encore intacte. Mais pas sur les chaînes françaises. C'était sur l'écran d'Al-Jezira anglophone, nouveau-née des télévisions internationales. L'envoyé spécial de la chaîne du Qatar y détaillait le recours juridique effectué par le perdant après sa défaite. Il y interviewait notamment un des avocats de Bemba, venu déposer ce recours à la Cour suprême. Et il n'avait pas besoin d'images de flammes pour expliquer la situation politique congolaise.
Pour raconter le Congo après l'élection, les télévisions mondiales disposent d'images de deux registres différents. Les «institutionnelles» : conférences de presse des responsables politiques dans les locaux des palais officiels ou des partis, entretiens avec des juristes, etc. Et les images «de terrain» : violences de rues, incendies, manifestants qui dansent devant les caméras. La part réservée, dans les résumés, aux unes et aux autres est en elle-même un éditorial. Elle trahit les représentations, les présupposés des auteurs de ces résumés ou de ces récits. Ces images en disent autant sur ceux qui les montent que sur ce qu'elles montrent. D'une manière générale, il est inexact d'affirmer que les télés occidentales ignorent l'Afrique. Elles adorent l'Afrique en flammes des enfants-soldats ou l'Afrique des enfants martyrs crevant de faim ou du sida, l'Afrique au regard plaintif, l'Afrique de l'éternel reproche, tellement télégénique, tellement émouvante à l'heure du dîner. En revanche, les juristes, les diplomates, les économistes, les banquiers, les militants politiques africains n'ont que peu de chances de passer un jour sur CNN et sur les chaînes occidentales.
En ce sens, le lancement d'Al-Jezira anglophone, qui va révéler pour la première fois aux publics occidentaux que d'autres choix d'images, d'autres hiérarchies de l'information sont simplement possibles, peut constituer une véritable révolution.
Quelques instants avant le reportage au Congo, le même journal d'Al-Jezira s'était ouvert par un dossier sur la situation au Darfour. Il y était question de nouvelles exactions, et des derniers épisodes du bras de fer entre l'ONU et le gouvernement soudanais, à propos de l'éventuel déploiement sur le terrain d'une force internationale d'interposition. Un dossier sans une seule image de camp de réfugiés, d'enfant victime, ou de femme violée, sans une image qui fasse appel à l'émotion.
Dans chaque sujet traité, Al-Jezira s'efforce ostensiblement d'adopter les critères professionnels anglo-saxons, c'est-à-dire de donner la parole à toutes les parties. Dans une enquête dénonçant l'iniquité de la politique américaine, entre Israéliens et Palestiniens, la chaîne interviewe une porte-parole de l'armée israélienne. A propos de Gaza, l'ambassadeur israélien aux Nations unies est interrogé en direct. Dans un important dossier consacré aux révélations du journaliste américain Seymour Hersh, selon lesquelles la CIA n'aurait pas trouvé de preuves de fabrication de l'arme nucléaire par les Iraniens, la chaîne prend soin de citer la réaction de la Maison Blanche qualifiant le travail de Hersh de «tissu d'erreurs».
Mais, évidemment, au-delà de cette apparente objectivité, Al-Jezira impose son agenda. Traiter longuement de l'iniquité de la politique américaine au Proche-Orient, ou de révélations objectivement favorables à l'actuel régime iranien, c'est faire des choix. Pas davantage que CNN, objectera-t-on, qui, sous couvert de la même «objectivité», impose pareillement son propre agenda et ses propres choix. Mais là est justement la nouveauté : pour la première fois, le public international se voit démontrer concrètement qu'un autre agenda est possible. Et dans sa langue ! Par une escouade de vieux loups de mer de la vidéosphère anglo-saxonne, clones de leurs confrères de CNN ou de Fox News.
Au lendemain du 11 Septembre, l'irruption d'Al-Jezira fut un séisme dans le marché international des images d'actualité. Pour la première fois, la suprématie anglo-saxonne était battue en brèche. L'esclave élevait la voix, sur la scène mondiale, jusqu'à remporter une victoire symbolique le jour où, diffusant une cassette de Ben Laden appelant à détruire l'Amérique, il contraignit une CNN affolée à reprendre son programme en direct.
Aujourd'hui, nouvel épisode. L'esclave a mis la main sur la langue des maîtres. Et aussi bien que les maîtres, il maîtrise leur grammaire, et manie leurs couverts à poisson ( breaking news, dispositif d'envoyés spéciaux en direct, objectivité irréprochable). Pour la première fois, le Sud s'apprête à mettre le monde en images, à égalité avec ses concurrents du Nord. Cela promet un beau match.

Daddy_A

Accro · 551 messages

le seul problème c que al-jaziira n'est pas de base tandis que les chaines d'info national sont gratuite ... alors le combat est bien illusoir.... :-|

noposse

Accro · 516 messages

pas mal !
mais l'objectivité j'y crois moyen pas plus d'un côté que de l'autre...
la réalité étant tout relative...
one love

HEENOK

Junior · 32 messages

noposse a écrit :pas mal !
mais l'objectivité j'y crois moyen pas plus d'un côté que de l'autre...
la réalité étant tout relative...


Je suis extrémiste comme la résistance Tchétchène, véritable tactique palestinienne. Lorsque j’arrive dans Paname, je connecte avec les vrais arabes comme Mohammed Atta : connexion Al-Qaida. Mon rap est brigand, pour la cause, on s’explose gratuitement, pour passer en exclusivité sur la chaîne Al Jazzira, Inch Allah ! Je descends à Miami pour y apprendre à piloter. La seule chose qui m’intéresse, c’est d’apprendre à tourner. M’envoler de Kennedy tout droit sur la Cité. Mais avant d’atteindre la première cible, je m’éjecte en parachute, pour atterrir dans le Queens, où règne le crime, et le rap à base de morphine.
"Qu'est-ce qui s'putain d'passe !"
L'ante christ du rap français !!!