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ISRAEL mène la guerre de l'eau dans les territoires occupés

Ouvert par Pap le 29 octobre 2009 · Dans Discussion générale · 1 message · 2009

Pap

Fidèle · 109 messages

Souce "lemonde.fr"
http://www.lemonde.fr/planete/article/2 ... _3244.html

La vigueur des réactions qui ont accueilli le rapport critique d'Amnesty International sur la question de l'accès à l'eau potable dans les territoires palestiniens occupés par Israël rappelle à quel point l'eau est une question stratégique au Proche-Orient.

L'étude réalisée par l'organisation de défense des droits de l'homme, rendue publique mardi 27 octobre, est un constat accablant des pratiques "discriminatoires" envers la population palestinienne, imposées par les autorités israéliennes.

Le partage de l'eau est un sujet politique : il fait partie des questions liées au "statut final" d'un futur accord de paix israélo-palestinien, au même titre que celles des réfugiés, des frontières d'un Etat palestinien, et de Jérusalem. La Water Authority israélienne, qui réfute les accusations d'Amnesty, en conclut qu'il y a peu de chances que la situation évolue avant un tel accord.

L'accès à l'eau, qui est soumis au contrôle total qu'Israël exerce sur les ressources de la région, est aggravé par la sécheresse aiguë qui menace aujourd'hui les nappes aquifères. L'Etat juif, souligne Amnesty, utilise plus de 80 % de l'eau provenant de l'aquifère de montagne, limitant l'accès des Palestiniens à 20 % de cette réserve. Or, il s'agit de l'unique ressource en eau des Palestiniens en Cisjordanie, insiste Amnesty, "alors qu'Israël dispose de plusieurs sources d'approvisionnement (lac de Tibériade et aquifère côtier) et utilise toute l'eau disponible du Jourdain". L'Etat juif occupe la vallée du Jourdain depuis la guerre de 1967, et n'accorde aucun accès à ses rives aux Palestiniens.

Les eaux du Jourdain sont convoitées à la fois par Israël, la Syrie, le Liban et la Jordanie, avec pour résultat de réduire par endroits son débit à celui d'un ruisseau salant et contaminé par les eaux usées non traitées, ce qui provoque un assèchement préoccupant de la mer Morte.

Amnesty relève que la consommation en eau des Palestiniens est à peine de 70 litres par personne et par jour, soit nettement moins que les 100 litres recommandés par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), contre plus de 300 litres pour les Israéliens.

Dans certaines zones rurales, ajoute l'organisation, les Palestiniens survivent avec à peine 20 litres par jour. Plus de quarante ans après l'occupation de la Cisjordanie, ajoute Donatella Rovera, auteure du rapport, 180 000 à 200 000 Palestiniens vivant dans des communautés rurales n'ont pas accès à l'eau courante. Cette situation est d'autant plus choquante, insiste-t-elle, que les colons israéliens établis en Cisjordanie, "en violation du droit international, recourent à l'irrigation intensive pour leurs cultures, et disposent de jardins luxuriants et de piscines".

Cette dernière affirmation ne convainc qu'à moitié : les "jardins luxuriants" et les "piscines" sont loin d'être la règle, et les colons juifs en Cisjordanie forment une palette d'individus aux revenus disparates. "Quelque 450 000 colons utilisent autant, sinon plus d'eau, que l'ensemble de la population palestinienne, estimée à 2,3 millions", ajoute Amnesty, qui consacre une place importante de ce rapport à la situation dans la bande de Gaza, où la pénurie d'eau est critique. Dans cette portion de territoire contrôlée par le Hamas, la seule ressource en eau est l'aquifère côtier, puisque Israël n'autorise pas de transfert d'eau de la Cisjordanie vers Gaza.