Sensi-Addikt ; Moi non plus je n'ai pas kiffé "hot longtime". Pour autant faut il jetter à la poubelle toute l'oeuvre, passée et à venir, de l'auteur de One Blood ? Je ne pense pas. De même la musique de Pierpoljak ne m'a jamais touché mais je sais qu'il avait fait un projet pour lancer des jeunes ("+2coeur=soleil" je crois) qui avait l'air plutot positif. Alors quoi en penser ? Pour te donner un exemple different, dans le cinéma on voit parfois de très bons acteurs, parfois même de théatre, tourner dans des grosses productions familiales, parfois sympatoches mais le plus souvent toutes pourries. Pourquoi ? Parce que cela peut leur permettre d'enchainer derrière avec un projet beaucoup plus risqué car plus exigeant artistiquement. Dans ce cas je trouve que c'est une bonne stratégie ! Besson par exemple (dont la plupart des films me donnent des boutons) a produit des films hyper interessants via sa société Europa ; si Taxi 4 permet à un film comme Adam's Apple d'exister, bin je dis "fais ton Taxi 4" sans problèmes. Enfin bon, ce que je dis c'est juste que les choses sont complexes et qu'il faut etre sûr de détenir toutes les clés avant de se risquer à un jugement. Aprés bien sûr les artistes "qui retournent leurs vestes" ça existe aussi !
Greg ; just call me Haroun
Sinon pour ce qui est de la musique à l'ère d'internet ; les choses sont en pleine mutation et c'est franchement difficile de se faire une idée d'ensemble qui soit juste. Je pense qu'il faut être très mesuré. Impossible de tout justifier ou de condamner internet en bloc. D'un coté on peut nourrir de l'inquietude (euphémisme) quand on voit le devenir de Makasound, Jarring Effects et avant eux Bakchich, Small Axe, et beaucoup d'autres. D'un autre coté, il semble que d'autres labels aient pu percer grâce aux "nouveaux modes de diffusions" par exemple ; Jahtari (qui se base beaucoup sur l'écoute gratuite, l'esprit "free" ou même "open source"), Scotch Bonett, Maffi ou encore Mad Decent. Au delà du reggae, le succès que connait un label indépendant comme Ed Banger est impressionant et il y a même de nouveaux genres musicaux musicaux qui se fondent presque entièrement sur la gratuité comme la musique 8 bit.
Dans ma région (j'habite en Lorraine) il n'y a jamais eu autant de reggae que ces dernières années. C'est grâce aux acteurs sur le terrain bien sûr (Irie Crew et Cultural Jam Session en tête ; BIg Up) mais aussi je pense à internet qui donne un accès à une culture qui était ultra confidentielle auparavant dans ma province. Il y a 15 ans bien peu de gens y savaient ce qu'était un sound system. Aujourd'hui le Irie Crew fait sold out avec les soirées Flying to Jamaica. Pour avoir travaillé dans un lycée j'ai pu observer que les jeunes apprennent énormement sur la musique grâce au net, et ça n'est pas forcemment un savoir au rabais. Au contraire je les trouve très eclectiques avec un esprit critique plutot bien affirmé. Par contre font ils des differences entre un label indépendant et un grand groupe de communication ? Ont ils conscience de l'importance du soutien que represente l'acte d'achat ? Savent ils que la musique n'est pas qu'un "contenu" qu'on fait passer dans des "tuyaux" comme son ipad ? Pas évident.
S'il n'y a plus un modèle économique qui permette à des professionels de rester, si ce n'est indépendants, au moins maitres de leurs oeuvres (c'est à dire avoir une totale liberté artistique) va-t-on vers un paysage musical avec d'un coté seulement des stars hyper rentables comme Pharell, Lady Gaga et Abd Al Malik (noms choisis completement au hasard) et de l'autre des productions ultra confidentielles qui circulent sur le net ? Ca serait triste !