Modérateur · 261 messages

Sizzla entretient la réputation d'être difficile à rencontrer et de faire patienter ses visiteurs. Lorsqu'on nous propose de le retrouver à l'occasion d'une cérémonie Nyabinghi, non loin de Buff Bay, sur la côte nord de l'île, on se prépare alors à un véritable périple. Nous arrivons sur place à 22 heures ; il fait nuit noire et les célébrations battent déjà leur plein.
Il s'agit de commémorer la bataille d'Adoua, victoire éthiopienne décisive face à l'armée italienne le 1er mars 1896, qui constitue la première victoire d'une nation africaine indépendante sur une armée européenne. Le rassemblement se tient au bout d'un petit chemin, montant vers la colline, tout près de la route côtière qui passe en contrebas. Quelques habitations surplombent le lieu et se perdent dans l'obscurité.
Une centaine de personnes est présente : hommes, femmes, jeunes, vieux et quelques enfants. Certains sont venus de loin, et sont presque nomades, se déplaçant de communautés en communautés au gré des événements. Un couple de rastas des villes, reconnaissables à leurs beaux vêtements et à leur accent, a même fait le déplacement. Sous le tabernacle, les tambours jouent sans discontinuer et les chants s'enchaînent. Les hommes se relaient, aux percussions ou au chalice. Tout au fond, on croit reconnaître Sizzla et entendre chanter sa voix. Mais interdiction pour nous de pénétrer dans le saint des saints, il faut nous armer de patience.
Moins d'une heure plus tard, Sizzla nous attend près de sa voiture. Et c'est un Kalonji détendu et toutes locks dehors qui répond de bonne grâce à nos questions.
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