pour comprendre la déstabilisation du moyen orient et de l'afrique
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Re-diviser l’Afrique : le projet Yinon est bel et bien vivant et à l’œuvre
Dans le même contexte que les divisions au Moyen-Orient, les Israéliens ont dressé les plans pour reconfigurer l’Afrique. Le projet Yinon veut établir les frontières des pays africains selon trois critères :
- La couleur de peau
- La religion
- Les particularités ethnolinguistiques
Il veut tracer des lignes de démarcation en Afrique entre une soi-disant "Afrique Noire" et une prétendue Afrique du Nord "non noire". Cela fait partie d’un projet destiné à créer un schisme en Afrique entre ceux qui sont qualifiés d’"Arabes" et les soi-disant "Noirs".
Une tentative de séparer les points de convergence d’une identité arabe et africaine est en cours
Cet objectif explique pourquoi l’identité absurde d’un "Sud Soudan africain" et d’un "Soudan du Nord arabe" a été entretenue et véhiculée. C’est également la raison pour laquelle les Libyens de couleur noire ont été pris pour cible dans une campagne destinée à "épurer la Libye de ses populations noires".
L’identité arabe en Afrique du Nord est actuellement dissociée de son identité africaine. Parallèlement, il y a une tentative d’éradiquer les importantes populations d’"Arabes à la peau noire" de façon à ce qu’il y ait une démarcation nette entre l’"Afrique noire" et une nouvelle Afrique du Nord "non noire", qui sera transformée en un terrain d’affrontements entre les Berbères "non noirs" et les Arabes.
Dans cette même perspective, les tensions sont entretenues actuellement entre les musulmans et les chrétiens en Afrique, dans des endroits comme le Soudan et le Nigeria, pour créer davantage de lignes et de points de fracture. Le fait d’entretenir ces divisions sur la base de la couleur de la peau, de l’appartenance ethnique, de la religion et de la langue a pour but d’alimenter la dissociation et la désunion en Afrique. Ceci fait partie d’une stratégie plus large destinée à séparer l’Afrique du nord du reste du continent africain.
Israël et le Continent Africain
Les Israéliens sont engagés discrètement sur le Continent Africain depuis des années. Dans le Sahara occidental, occupé par le Maroc, les Israéliens ont participé à la construction d’un mur de séparation comme celui de la Cisjordanie occupée par Israël. Au Soudan, Tel-Aviv a armé les mouvements et les insurgés séparatistes. En Afrique du sud, les Israéliens ont soutenu le régime d’apartheid et son occupation de la Namibie. En 2009, le ministre des affaires étrangères israélien annonçait que l’Afrique serait le nouveau centre d’intérêt de Tel-Aviv.
Les deux principaux objectifs d’Israël en Afrique sont d’imposer le projet Yinon, qui est en conformité avec ses propres intérêts, et de seconder Washington pour que les Etats-Unis deviennent les maîtres de l’Afrique. A cet égard, les Israéliens ont également vivement encouragé la création d’AFRICOM. L’"Institute for Advanced Strategic and Political Studies (IASPS)" en est un exemple.
Washington a sous-traité à Tel-Aviv le travail des services secrets en Afrique. Tel-Aviv est effectivement engagé en tant qu’une des parties en lice dans une guerre plus étendue non pas seulement "à l’intérieur" de l’Afrique, mais "sur" toute l’Afrique. Dans cette guerre, Tel-Aviv œuvre aux côtés de Washington et de l’UE contre la Chine et ses alliés, dont l’Iran.
Téhéran travaille aux côtés de Beijing comme Tel-Aviv avec Washington. L’Iran aide les Chinois en Afrique grâce aux réseaux iraniens. Ces liens comprennent également les liens de Téhéran avec les intérêts commerciaux privés du Liban et de la Syrie en Afrique. Et c’est ainsi que, au sein de la rivalité entre Washington et Beijing, s’est également développé une rivalité entre Israël et l’Iran en Afrique. Le Soudan est le troisième producteur d’armes en Afrique, cela grâce à l’aide de l’Iran à la production d’armes. Parallèlement, alors que l’Iran fournit des aides militaires à Khartoum, parmi lesquelles plusieurs accords de coopération militaire, Israël est impliqué dans diverses actions dirigées contre les Soudanais.