L'industrie du disque n'en finit plus de plonger. Les derniers chiffres, publiés le 5 mai par le Syndicat national de l'édition phonographique (le SNEP, qui regroupe les principaux producteurs français), ne sont pas meilleurs que les précédents : les ventes ont baissé de 16% au premier trimestre 2009. Ce qui est nouveau, c'est que la baisse des ventes physiques s'accompagne également d'une baisse des ventes numériques (-1%), jusque-là en croissance. "Un trimestre aujourd'hui équivaut à un mois en 2002" déplore Hervé Rony, le président du Snep.
Sauf que la situation n'est pas si noire qu'on voudrait nous le faire croire. Si la musique se vend moins dans les bacs, elle ne s'est jamais autant écoutée. Une information est passée plus inaperçue : la Sacem, chargée de collecter les droits d'auteur et de les redistribuer aux artistes, n'a jamais eu autant d'argent, révèle l'UFC Que Choisir. En 2008, elle devrait totaliser 756 millions d'euros, soit presque le montant record de 2007 (759 millions). Depuis 2000, ce chiffre n'a cessé de progresser, hormis en 2006 ou il reculait de 0,4%. La vente de disques ne représentent que 16,5% du pactole, contre 33,9% pour les diffusions en radios et télévisions.