Leonard Dillon, leader du groupe The Ethiopians, est décédé à Kingston mercredi, à l'âge de 69 ans, d'un cancer des poumons et de la prostate. Malade depuis plusieurs mois, Leonard Dillon avait été opéré en février d'une tumeur au cerveau, avant que ses médecins ne diagnostiquent de nouvelles tumeurs.
Au sein des Ethiopians, il a signé de sa superbe voix chaude certains des plus beaux classiques du rocksteady aux textes d'inspiration rasta. Avant cela, Leonard Dillon a signé en solo quelques titres chez Studio sous le nom de Jack Sparrow, qui restera son surnom. Composé de Leonard Dillon, Stephen Taylor et Aston Morris (qui quittera le groupe peu après) le groupe débute vers 1966 chez Coxsone à Studio One. Introduits par les Wailers, ils enregistrent notamment Free Man et Live Good, avant d'enregistrer leurs hits Train to skaville, Engine 54, ou encore The Whip.
L'identité du groupe repose sur les harmonies vocales uniques au service de textes d'inspiration rasta, commentaires sociaux sur l'actualité de l'époque (à l'image de Bad to worse et surtout de leur hit Everything crash, enregistré pour Karl "Sir JJ" Johnson, texte cinglant sur la politique intérieure jamaïcaine) ou tout simplement émouvants (Band Your Belly, Mother's tender care…). The Ethiopians enregistreront pour la plupart des producteurs de l'époque (Winston "Niney" Holness, Alvin Ranglin, Prince Buster, Joe Gibbs, Derrick Harriott…) mais en 1975, Stephen Taylor est fauché par une voiture.
Leonard Dillon ne le remplacera pas, restant seul à la barre du groupe, qui ne s'en remettra jamais complètement. Figure du rocksteady, le groupe peine à prendre le virage du roots. Trois albums sortiront encore ("Slave Call" en 1977, "Open the Gate of Zion" en 1978, et "Everything Crash" en 1980) mais la formation s'efface peu à peu.
En 1991, Dillon enregistre un album solo, "On the Road Again", et relancera sporadiquement les Ethiopians au gré de tournées avec des castings différents, dont Jennifer Lara et Merlene Webber en choristes pour l'album "Tuffer than Stone", qui sort en 1999.
Leonard Dillon était retourné en studio en 2009, avec les Silverstones, pour enregistrer un nouvel album, dont le premier single, Good you do, était tout juste disponible.
Leonard Dillon laisse derrière lui sept enfants, et une carrière remarquable.