Linton Kwesi Johnson vient de remporter l'édition 2012 du Golden PEN Award, l'un des prix littéraires de référence en Grande-Bretagne.
Aujourd'hui âgé de 60 ans, le "dub poet" se voit récompensé pour l'ensemble de sa carrière, riche en textes marquants (chantés en "patwa"), à l'instar de Inglan Is A Bitch ou Di Great Insohreckshan, sur les émeutes de 1981 à Brixton.
Le natif de Chapelton, dans la paroisse de Clarendon, en Jamaïque, a rejoint Londres durant l'adolescence, où il est frappé par le racisme envers les noirs. De ce constat, notamment, naîtront plusieurs recueils de poésie, ainsi que des albums, dont "Dread Beat An' Blood", "Forces of Victory" et "Bass Culture".
Gillian Slovo, présidente du Golden PEN, a décrit LKJ comme "un innovateur artistique (…) qui a utilisé la poésie pour parler de politique et qui le premier témoigna – et qui continue à le faire, de l'expérience de changer de pays."
LKJ, qui souligne au passage ne plus trop écrire depuis plusieurs années, s'est quant à lui dit "surpris et honoré" d'être ainsi récompensé.
"Je ne suis pas tout exactement dans le courant 'mainstream' de la scène littéraire, mais plutôt à la périphérie. J'espère qu'en me décernant ce prix, English PEN impliquera davantage d'écrivains noirs dans son travail, et que plus d'écrivains noirs soutiendront English PEN", a ajouté celui qui, de part son travail dans les années 70, aura fortement influencé les premières heures des groupes britanniques tels que Aswad, Steel Pulse et Misty In Roots.
LKJ succède à Margaret Drabble et à Sir Salman Rushdie, les deux derniers lauréats du palmarès du Golden PEN Award.
A noter que LKJ continue de multiplier les concerts avec le Dennis Bovell Band. Le 8 novembre dernier, il était de passage au Cabaret Sauvage, à Paris.