Tiken Jah Fakoly a déjà fait beaucoup, dans de nombreux domaines, pour concrétiser son combat, mais il n'avait encore jamais figuré à l'affiche d'un long-métrage.
Réalisé par Samir Benchikh, le documentaire "Sababou (l'espoir)", raconte les combats de quatre personnages, loin des clichés "de l'indolence, de la résignation et du misérabilisme". Quatre parcours, quatre combats que suit la caméra, montrant les moments de doutes, de rires et de larmes.
Rosine Bangali est la présidente du Droit des enfants en Côte d'Ivoire. A la tête de cette association composée d'enfants de 12 à 18 ans, elle se bat pour faire connaître et appliquer l'arrêté ministériel qui interdit les violences et humiliations en milieu scolaire. Elle doit convaincre les enfants et les enseignants, parfois hostiles à l'abandon des châtiments corporels.
Michel Yao, lui, est membre de la Ligue ivoirienne des droits de l'homme. Il fournit une assistance juridique aux détenus de Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, dont certains attendent un jugement depuis des années.
Les amateurs de reggae seront particulièrement sensibles aux histoires de Diabson Téré, chanteur dont l'association Maroci Culture entend soutenir la création et unifier les artistes et de Tiken Jah Fakoly.
"J'essaie d'être en accord avec mes chansons", explique le chanteur ivoirien à ceux qui l'accueillent en Guinée. A quelques jours des élections présidentielles, le chanteur est là pour participer à un concert pour la paix. Comme Bob Marley en 1978 lors du One Love Peace Concert, il espère convaincre les deux candidats, Alpha Condé et Cellou Diallo, de monter ensemble sur scène pour apaiser les tensions. Les deux politiciens le félicitent et l'encouragent pour son initiative, mais se gardent bien de répondre à sa question…
On mesurera aussi les approches différentes entre les artistes. Là où Tiken recherche le dialogue et le consensus, Takana Zion, présent lui aussi à la conférence de presse, prévient malgré les coupures de micro : "On ne peut pas être neutre. Si Alpha Condé est élu, je vais quitter la Guinée !".
Tiken, Diabson, Rosine et Michel vont au bout de leur aventure, en dépit des difficultés, pour tenter de changer les choses. Comme Tiken nous le disait en interview, "personne ne le fera à notre place". Et ce n'est pas un hasard si le film s'achève sur les mots de Ca va faire mal...
"Sababou (l'espoir)" – Documentaire de Samir Benchikh
Dans les salles le 6 mars 2013