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Vendredi 8 juillet

Date de mise en ligne : vendredi 22 juillet 2005 - 34 904 vues

Summerjam 2005

Suite aux annulations de concerts majeurs qu’a connu la France ces dernieres semaines, il était nécessaire de se tourner vers nos voisins européens pour assouvir notre soif de grands et beaux plateaux reggae.
Festival emblématique s’il en est un en Europe, le Summerjam allemand fêtait justement son vingtième anniversaire cet été. Il n’a donc pas fallu longtemps pour nous décider et le vendredi 8 juillet une petite équipe de Reggaefrance s’est mis en route, direction Cologne.


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Summerjam 2005   
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Avant toute chose, nous tenons à préciser, pour ceux qui l’ignorent, que le Summerjam comporte deux scènes, une grande (la rouge) et une plus petite (la verte), sur lesquelles les concerts ont lieu en même temps. Aussi nous a-t-il souvent fallu courir de l’une à l’autre pour rater le moins possible du spectacle et vous donner ainsi un compte-rendu le plus complet et fidèle qui soit. Parfois aussi, il a tout simplement fallu faire un choix et donc se priver d’un concert dans son entier. Par souci d’authenticité, nous ne vous parlerons donc que de ce que nous avons vu.


Vendredi 8 juillet 2005

Arrivés en début de soirée sur le site du festival, nous n’avons donc malheureusement pas pu assister à la première après-midi de concerts. A cette heure, l’endroit est déjà surpeuplé, et après le passage des habituels barrages, c’est au son lointain de Dawn Penn que nous trouvons un endroit pour planter nos tentes. Cette dame d’un certain âge qu’est Dawn Penn a semblé faire un effet mitigé au public, plus réceptif à ses hits d’antan qu’à ses chansons plus récentes et c’est bien entendu l’anthologique No, no, no qui reçut le meilleur accueil.

Israel Vibration
Quand les Roots Radics se font entendre, annonçant ainsi le début imminent du show d’Israel Vibration, nous nous pressons de mettre fin à nos préparatifs pour nous précipiter vers la petite scène et assister quand même au dernier show de la soirée.
Après une belle reprise de Night nurse et l’habituel medley instrumental ouvert par le Rockfort rock, les deux compères Wiss et Skelly font leur entrée sur scène, acclamés d’emblée par la foule. On se renfrogne : tout cela s’annonce comme un concert déjà vu. Ce ne sera pourtant pas le cas. Rafraîchi, le tracklisting offre un bon panel de leurs albums, traversant les époques : on passe de Ball of fire à Get up and go, de Vulture à Cool and calm, et de Greedy dog à un enchaînement Exploitation / Pay the piper. Skelly s’attire tout particulièrement un gros forward avec une très bonne version de It’s friday, de circonstance.
Le public réagit bien sur les titres particulièrement rodés, à l’image de Licks and kicks, On the rock, Same song, ou Never gonna hurt me again. Wiss et Skelly fournissent, comme à leur habitude, une prestation très professionnelle, le second déployant une énergie vocale démesurée. Ils finiront leur très bon set avec, en rappel, Jailhouse rocking, et la traditionnelle très longue version de Red eyes.

    

Avant de regagner notre campement, nous décidons de faire un petit tour du festival et passons prendre la température (torride !) sous la tente bondée où se produit le sound allemand vétéran Silly Walks. Tout est bien en place et la suite s’annonce des plus savoureuses…

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Article écrit par Lexxx T.

Tags : Anthony B (120), U-Roy (54), Jah Mason (72), Israel Vibration (63), Ward 21 (33), Gentleman (115), Gregory Isaacs (44), Yellowman (15), Barrington Levy (77), Tanya Stephens (43), Frankie Paul (6), Richie Spice (73), Chuck Fender (38), Anthony Cruz (25), Perfect (50), Festivals 2005 (5)

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Summerjam 2005   
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Samedi 9 juillet

Date de mise en ligne : 22/07/2005
Summerjam 2005, samedi 9 juillet
Samedi 9 juillet 2005

Le samedi, difficile de rester très longtemps sous les tentes avec la chaleur et nous en avons donc profité pour faire le tour des lieux avant les premiers shows de la journée. L’espace de camping est immense, des tentes dans tous les sens et un peu partout de la musique. L’île, quant à elle, qui sert au festival à proprement parler, est de taille plus réduite, mais littéralement envahie de stands en tout genre et là aussi, la musique résonne dans tous les coins. Il est d’ailleurs amusant de constater que la majorité des artistes joués par les sounds amateurs qui peuplent le camping et le festival sont les artistes à l’affiche cette année.

Le début d’après-midi se passe donc assez aisément, les activités étant nombreuses et variées et le soleil avec nous. Quelle surprise, quand, à 15h20, nous nous rapprochons de la grande scène pour assister au show de Cali P., Spectacular et Half Pint et que nous constatons que Spectacular est déjà sur scène. L’organisation est en avance sur le programme et nous avons donc raté Cali P.

    

Spectacular
Spectacular apparaît dans une forme olympique, arpentant la scène dans toute sa longueur et haranguant le public avec force. Sautillant et souriant, il semble vraiment heureux d’être là, mais le public ne lui rend que moyennement et c’est seulement sur des titres comme ses duos avec Sizzla ou Jah Cure que l’ambiance se développe un peu. Certaines chansons de son récent album sont reçues de façon très mitigée et c’est seulement avec Voice of the people sur le Doctor’s darling riddim (production locale) qu’il reçoit enfin l’encouragement qu’il mérite.

Half Pint
Half Pint va faire monter la pression d’un niveau. Entré sur l’anthologique Greetings, il entreprend un enchaînement de hits incontournables : Mr. Landlord, Crazy, One big family, Hold on, Winsome, Level the vibes. Toutes les plus grandes chansons de son répertoire y passent et le public est ravi. A tel point que quand le chanteur entreprend de faire chanter en cœur le public sur des titres comme Substitue lover ou Just be good, ce dernier lui rend bien et Half Pint semble ravi. Un bref rappel mêlant Dancehall posse, et Victory, et c’est déjà la fin. Mais quel show ! C’est vraiment un plaisir de voir ce grand monsieur sur scène, plaisir trop rare de par chez nous, et malgré quelques petits problèmes de volume sonore au niveau du micro, on en reprendrait volontiers pour une heure de plus.

Chuck Fender
Une fois Half Pint sorti de scène, le présentateur nous informe d’un petit changement dans le programme. En effet, c’est Chuck Fender qui va suivre, puis Barrington Levy, contrairement à ce qui était prévu. Depuis la sortie de son album et son départ du Fifth Element, Fender a continué à sortir des singles de très bonne facture. Ainsi, après l’entrée en scène habituelle, mais tonitruante, sur Haffi win, on retrouve autant les titres qui ont fait sa notoriété (Better days, Jah is worthy, I swear) que les chansons de son album (The prayer, Mama, Oh my Lord), mais également des titres plus récents, comme Hungry attack sur le Hard drug riddim ou encore All about da weed, sur le Truth and rights riddim de Maximum Sound (un peu bizarrement joué). Fender sort de scène là-dessus d’ailleurs, laissant le public en transe, avant de revenir pour terminer la chanson et nous offrir deux titres de plus : le terrible For my people, sur le Blaze riddim (encore une production locale, ce qui explique certainement l’accueil explosif engendré) et le prenant God is my witness sur le Lava ground riddim. Chuck Fender prouve encore une fois qu’il est bel et bien un des artistes incontournables de la scène reggae actuelle, dont la notoriété n’a apparemment que très peu souffert de son éviction du Fifth Element. Il ne cessera de réclamer qu’on le fasse revenir l’année prochaine sur une plage horaire plus étendue, prétendant qu’il voudrait offrir un show de trois heures à un public aussi chaleureux.

Barrington Levy
Il est à peine 19 heures et la foule s’épaissit encore un peu plus du côté de la scène rouge afin d’y applaudir Barrington Levy. Jouissant toujours d’une plus que solide réputation en dépit d’une actualité inconsistante, le pionnier du dancehall démarre très fort en enchaînant deux de ses plus gros hits : Murderer et Under mi sensi. Le public a du répondant et accueille tout aussi chaleureusement la suite : Teach the youths, Too experienced, Every posse must work, (remixé sur une instru qui rappelle le Mad antz riddim), Sweet reggae music, Collie weed, Please Jah Jah, Living dangerously...

En forme et très bavard, Barrington Levy accompagne chaque morceau d’un petit discours introductif, et sautille le long de la scène. Sa prestation énergique est néanmoins desservie par des problèmes de micro récurrents. Le point culminant de son concert est indiscutablement cet énorme medley sur le Revolution riddim, sur lequel il enchaîne Black roses, suivi des hymnes de Dennis Brown Rub a dub style et Revolution, pour finir par son plus gros hit Here I come. Imparable. Il quitte la scène après un show équilibré et très homogène, sans fausses notes.

Yellowman
Nous filons alors du côté de la petite scène où Yellowman s’apprête à se produire (autre changement dans le programme d’ailleurs, puisqu’il était initialement programmé pour le lendemain). Dès son arrivée sur scène, le public est à bloc. Habillé aux couleurs de la Jamaïque de la tête aux pieds, le King Yellowman a l’air aux anges et donne tout ce qu’il a. L’ambiance sur des titres tels que Nobody move ou One Yellowman inna di Yard est impressionnante et, honnêtement, on n’avait pas vu le DJ dans une telle forme depuis bien longtemps. Malheureusement, ce n’est pas sans une certaine frustration que nous devons retourner à la grande scène pour assister à un des shows majeurs de ce festival, celui du Fifth Element crew, accompagné pour l’occasion de Jah Mason.


Anthony Cruz
Anthony Cruz entre le premier sur scène. Après un superbe Mama’s blessing, big tune sur le I swear riddim, le crooner du Fifth Element ne perd pas une seconde et enchaîne un maximum de chansons dans le peu de temps dont il dispose. Ce qui lui permet, en plus de ses gros hits habituels (Turn it up, Mari-wanna ou encore I’m the man), de nous gratifier de chansons plus récentes, comme No guns a dance, sortie sur le Real rock riddim de Stone Love, et son succès du moment, en duo avec Buju Banton, Too bloody, qui récolte d’ailleurs un très chaleureux accueil. Mais c’est toujours sa cover d’Usher, U got it bad, qui ramasse le plus gros forward. Une prestation un peu trop courte, mais qui rend malgré tout bien compte du talent du chanteur. On a hâte de voir sortir un album de Mr. Cruz sur le label du Fifth Element…


Jah Mason
C’est maintenant au tour de Jah Mason de venir enflammer le public massé devant la scène rouge. Il entre en trombe avec un Burn dem for a purpose dévastateur et embraye un show, très court lui aussi, sans pause ni discours. Les big tunes se succèdent inlassablement, des anciennes (Lion foot, Hard mama work) et des plus fresh, comme Who dem a ramp wid et l’énorme Mi chalwa, qui fait son petit effet chez nos voisins germaniques aussi. Le show se termine de façon grandiose sur Run come love me, en hommage à son ami Jah Cure, Princess gone bien sûr et Hill vibes, qui finit d’installer la folie dans la foule. Une prestation vocale à la hauteur et une énergie démentielle pour le show de Jah Mason le plus intense qu’il nous ait été donné de voir, même si définitivement trop court.


Richie Spice
La nuit est tombée et Richie Spice va prendre la relève. On l’annonce comme l’artiste de l’année et il est donc attendu de pied ferme par une grande majorité du public présent. Seulement voilà, sans que l’on sache vraiment pourquoi, son show manque de pêche et d’émotion. Des gants de laine rouge aux mains, le chanteur n’a pas l’air dans son élément et même sa voix le dessert par moments. La programmation de son show est pourtant très attrayante, mais dès l’entrée, il massacre quelque peu l’énormissime The way you’re living et bizarrement il semble plus à l’aise à chanter les anciens titres de son album “Universal” (Time so rough, Grooving my girl) que les plus récents, comme Ghetto girl ou Righteous youth. Même ses plus gros hits, Earth a run red ou le récent Youths are so cold sur le Truth and rights riddim (décidément toujours aussi bizarrement joué) ne parviendront pas à enflammer les esprits et Richie Spice semble presque pressé d’en finir avec ce show, que sûrement lui-même ressent comme inégal et peu révélateur de son grand potentiel. En espérant qu’il sera plus en forme pour le public français du Ja’ Sound…

Gentleman
Arrive alors le dernier show de la soirée, qui est un peu LE show du festival aussi, puisqu’il s’agît de Gentleman, qu’il est chez lui et que lui-même nous a confié dans la matinée qu’il allait s’agir d’une performance «à part», de quelque chose de grand. Et il n’a pas menti. Un show carré, comme il nous a depuis un moment maintenant habitué à en voir, mais avec cette magie, cette énergie en plus, du fait qu’il joue à domicile. Le jeune chanteur allemand est en parfaite osmose avec son public et sur des morceaux comme Dem gone ou Superior l’harmonie entre l’artiste et ses fans devient tout bonnement époustouflante. Il enregistre sans le moindre doute le record d’affluence de la grande scène et on peut dire que les très bons Groundation sont un peu mal tombés, puisqu’ils jouent en même temps sur la scène verte devant un public comblé, mais restreint. Le clou du spectacle est gardé pour la fin avec une succession d’invités impressionnante. C’est d’abord Afu Ra qui rejoint le jeune chanteur allemand pour un duo, chose maintenant habituelle. Puis, il invite la crème de la scène reggae dancehall germanique pour une énorme combinaison ; Gentleman, Seed, Patrice, D. Flame et Nosliw sur la même scène, et en Allemagne de surcroît, on vous prie de croire que ça déménage ! Enfin, c’est Barrington Levy, puis Chuck Fender et Richie Spice (ensemble !) qui le rejoignent pour chacun prendre la vibe d’un show comme on en avait encore jamais vu en vingt ans de Summerjam.

Epuisés par toutes ces émotions, c’est sur les rotules que nous regagnons nos tentes, n’ayant même plus assez d’énergie pour profiter de la soirée sound system qui accueillait pourtant David Rodigan, aux côtés de Pow Pow et Sentinel.


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Article écrit par Lexxx T.

Dimanche 10 juillet

Date de mise en ligne : 22/07/2005
Summerjam 2005, dimanche 10 juillet
Dimanche 10 juillet 2005

L’après-midi du dimanche se passe plus paisiblement, les concerts majeurs étant tous relégués en fin de journée. C’est bercés par les mélodies reggae soul de Zoe, qui se produit sur la petite scène derrière nous, que nous assistons à un spectacle atypique au bord du lac. En effet, une troupe de jeunes enfants équilibristes, coachée par un espèce de vieux barbu rasta allemand, est en train de se produire sur une petite scène aménagée sur une des rives. Sur fond de sermons rasta proférés par le coach et de vieux tubes reggae, les enfants se livrent à des numéros de monocycle assez impressionnants. Cependant, ce contraste entre ce vieil homme un peu «allumé» et ces enfants ne peut empêcher un certain sentiment de malaise. Peu importe, tout cela se passe dans la bonne humeur et constitue un spectacle très sympathique dans l’attente de choses plus sérieuses…

Encore une fois, le présentateur de la grande scène nous annonce un petit changement de programme, puisque Anthony B. ne se produira que plus tard, laissant la place au trio de vétérans, Frankie Paul, U Roy et Gregory Isaacs.

Frankie Paul
C’est Lloyd Parkes qui se charge de l’intro, avec son titre Mafia. Derrière lui, son groupe, le We The People Band, qui se chargera de backer les trois chanteurs. Sa voix, indéniablement superbe, surprend pourtant, et part dans des variations parfois douloureuses. Frankie Paul se lance en premier sur la scène et c’est tout de suite le feu. Ce chanteur trop souvent dénigré prouve plus que jamais qu’il n’est pas en reste en ce qui concerne les titres d’anthologie. Dès le début, Alesha, mixé avec une reprise de Greetings d’Half Pint, fait l’effet d’une bombe. S’en suivent Tidal wave, l’essentiel Worries in the dance et l’incontournable Pass the tushungpeng, mais aussi Big and ready sur le In the mood for love riddim (là encore mixé, avec Loneliness de Sanchez cette fois), Warning et Slow Down... Frankie Paul enchaîne les gros morceaux avec une voix qu’on avait rarement entendue aussi puissante et mélodique. Il ne nous fera pourtant pas la joie d’un rappel : trois artistes se partagent encore une fois le plateau et il faut donc enchaîner. Frankie Paul laisse donc sa place à U Roy après tout juste trente minutes de show.

U-Roy
Parfaitement à l’aise, sa voix idéalement portée par le micro, c’est au tour de U Roy d’entrer sur scène, avec Wake the town, enchaînée sur Chalice in the palace et Version galore. Il joue sa version sur la particulièrement émouvante Only a smile de John Holt... De quoi rappeler la cruelle absence du chanteur initialement annoncé. Lui aussi ne disposant que de trente minutes, U Roy enchaîne les hits à grande vitesse : Natty rebel, Rule the nation, Runaway girl, tous y passent. Pas de rappel pour lui non plus, il quitte la scène en laissant un public partagé entre joie et frustration. Et c’est déjà le tour de Gregory Isaacs.

Gregory Isaacs
Le Cool Ruler n’a décidément plus cette voix envoûtante. Si la magie s’installe dès les premières notes des morceaux, sa voix trop nasillarde fait regretter la belle époque et même un volume de micro exacerbé n’y peut rien. Il s’en sort néanmoins honorablement, alignant lui aussi hits sur hits : après une entrée sur Number one, il enchaîne avec Tune in, Soon forward, Love is overdue, Night nurse, puis Mr. Brown.
Lui aura droit à un rappel (Rumours) avant que tous les trois ne reviennent sur scène pour un petit session togetherness. Quand ils quittent la scène, il s’est écoulé très exactement 1h30. Si la qualité n’a pas fait défaut, certains cachent leur déception. Avec trois monuments pareils sur scène…

Perfect
C’est désormais à Anthony B. de prendre le relais. Les fans sont nombreux devant la scène rouge et, sans atteindre le record de Gentleman, Anthony B. peut se targuer de représenter une tête d’affiche majeure de ce Summerjam. Comme à Paris, lors de sa récente visite, le show est ouvert par un jeune artiste, mais cette fois, il ne s’agît pas de King Dove, mais de «Perfait», si l’on reprend la prononciation du présentateur. Quelle surprise ! Et avant d’entendre son gimmick bien reconnaissable (“Giddymani !”), on ne voulait pas y croire…mais Perfect, l’une des révélations de la Jamaïque cette année, est bel et bien présent. Dans le public, la plupart des gens ne semblent pas savoir de qui il s’agît, mais qu’importe, en quatre chansons, le jeune bobo prouve à tout le monde l’étendue de son talent. Avec une énergie débordante, une aisance vocale sidérante et des chansons aussi variées que Johnny sur le Chapter a day riddim, la love song Rainbow sur le Lava ground, l’énorme Handcart bwoy (qui l’a révélé) et All I’ve got sur le Real life, Perfect développe tous les styles et s’attire sans problème le soutien général du public.


Anthony B
Voilà comment on chauffe une scène avant d’accueillir un phénomène comme Anthony B. et si ce dernier ne veut pas se faire damer le pion par son invité, il va falloir assurer. Heureusement pour lui, il a le public de son côté et dès l’entrée sur le classique Equal rights de Peter Tosh, c’est le feu partout. Suivent Untouchable, Hurt the heart, One thing, Lighter et Waan back, pour un show qui s’annonce de plus en plus en tous points similaire à celui qu’il a donné à Paris. Cut out that, Weed fi free, Raid di barn, Good life, le show suit son cours, carré, mais sans suprise. Et c’est au moment de son duo avec Dasia, une de ses choristes, que nous décidons de prendre le chemin de la scène verte pour applaudir la seule représentation véritablement dancehall du festival, Ward 21. Notre seul regret aura été de ne pas pouvoir assister au retour de Perfect aux côtés d’Anthony B., pour leur chanson qui cartonne en ce moment, No shelly.

Ward 21
Ca fait un moment que nous n’avions pas vu les quatre chiens fous du Ward 21 du côté de chez nous et vu le peu d’événements dancehall en Europe cet été, c’est avec une certaine impatience que nous attendions ça. Tous de vert kaki vêtus, les quatre compères débarquent sur scène avec tous les hits qui ont fait leur notoriété : Bloodstain, Haters, Judgement day, Spy. Le public saute dans tous les sens et il semblerait qu’un concours c’est tacitement ouvert entre la foule et la scène, à ceux qui seront les plus fous. Le show continue dans une énergie intense, les instrus distillées par The Scrucialists, le band Suisse qui les accompagne, sont carrées, bien que sans trop d’audace, et le groupe agence ses chansons assez chronologiquement. Ainsi, ce sont des titres plus récents qui suivent, avec Hotta, betta, phatta sur un Clappas riddim démentiel, Style sur le Flip et meme le très recent Lady Musgrave sur la dernière production du crew, le I rob. C’est alors que le rythme se calme un peu pour laisser place à des expérimentations scéniques intéressantes ; on a donc droit à Rhyme soutenu par un simple beatbox de Kunley, puis “Gal factory” seulement accompagné par le batteur et même un tune reggae, sur la version remix très récente du Rougher yet riddim (le Ward 21 qui reprend Love bump, ça fait quand meme tout drôle). On retourne au dancehall pour la fin du show, avec Coochie zone sur le Gallop riddim, May I sur le Stepz et Please sur le Military ; en bref, que du lourd ! Un petit rappel nous donnera même le plaisir d’entendre Thug for life et l’incontournable Ganja smoke que tout le public reprend en coeur.

Tanya Stephens
Arrive alors le dernier show de ce festival et là encore le choix est cruel, puisque sur la petite scène se produit Tanya Stephens, pendant qu’Alpha Blondy est sur la grande scène. La réputation de ce dernier en Allemagne n’étant plus à faire, nous lui faisons entièrement confiance pour livrer un show de qualité et nous optons donc pour Tanya. Elle arrive avec Handle the ride, puis enchaîne sur quelques titres dancehall et . Puis, très vite, le show devient plus calme, plus vocal. Dans un style très reggae soul, Tanya aligne les hits, en les illustrant de petites anecdotes personnelles ou en explicitant leurs textes : Can’t breathe, Tonight et After you (sur le Drop leaf riddim) font toutes le meilleur effet. La dancehall diva se tentera même à une petite reprise de Mary J. Blige, avant de lancer sa réponse en chanson au texte de cette dernière. Souriante, sexy et drôle, Tanya comble son public et c’est sur des titres d’anthologie comme Nuh ready fi dis yet ou son plus gros succès It’s a pity, le forward récolté est encore une fois très impressionnant. En guise de rappel, elle invite le Ward 21 à la rejoindre pour une petite impro, qu’il faut malheureusement écourter ; l’heure, c’est l’heure, le festival touche à sa fin et il reste encore pas mal de boulot aux organisateurs.

Pour conclure, nous dirons que le séjour a été très agréable, comme toujours au Summerjam, mais que pour un vingtième anniversaire, l’affiche était peut-être un peu trop banale. Si l’on rajoute les quelques décalages dans la programmation et cette légère frustration engendrée par le fait qu’il faille souvent sacrifier un concert au profit d’un autre, on peut même dire que cette année était un cru un peu en dessous des autres. Il est sûr qu’il en aurait été tout autrement si John Holt et Sizzla avait été de la partie, comme prévu, ou si, tout simplement, l’on avait invité Fantan Mojah, puisque ce dernier était présent au Rototom une semaine auparavant. Arrêtons-nous là, si nous ne voulons pas être taxé de rabat-joie, et reconnaissons qu’il s’agissait d’un bon Summerjam, sans plus, ce qui est dommage pour une vingtième. Rendez-vous donc l’année prochaine…


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Article écrit par Lexxx T.

Photos

Anthony Cruz en backstage (Summerjam - Juillet 2005) Barrington Levy en backstage (Summerjam - Juillet 2005) Barrington Levy pose pour Reggaefrance (Summerjam - Juillet 2005) Check Fender se prète au jeu des autographes (Summerjam - Juillet 2005) Chuck Fender très disponible pour ses fans (Summerjam - Juillet 2005) Frankie Paul (Summerjam - Juillet 2005) Gregory Isaacs (Summerjam - Juillet 2005) Gregory Isaacs (Summerjam - Juillet 2005) Gregory Isaacs (Summerjam - Juillet 2005) Harrison Stafford, Lead vocal des Groundation (Summerjam - Juillet 2005) Jah Mason (Summerjam - Juillet 2005) Jah Mason (Summerjam - Juillet 2005) Jah Mason en backstage (Summerjam - Juillet 2005) King Yellowman prend la pose pour Reggaefrance (Summerjam - Juillet 2005) La foule (Summerjam - Juillet 2005) La foule (Summerjam - Juillet 2005) La foule (Summerjam - Juillet 2005) Richie Spice (Summerjam - Juillet 2005) Richie Spice (Summerjam - Juillet 2005)
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Réactions

Date de mise en ligne : 22/07/2005
Summerjam 2005

5 réactions
Appréciation générale :

Merci pour tous ces bons moments que vous nous faites vivre au travers de ce site!!! Mais alors à qd la summerjam 2006??? parce que cette fois ci je compte faire le déplacement, ça fait trop d'années ke ce festival me passe sous le nez!

Encore une réussite comme toujours pour nos amis allemands,pure ambiance,pur son

le summerjam est de loin le festival reggae le plus complet du genre avec toujours une belle pour ne pas dire magnifique sur un site magnifique.Je n ai pas eu l occasion d aller cette annee mais cela fait presque 10 ans que j y vais chaque annee.SEUL crityque les force de police et service d ordre deviennent de + en+ "chiant" trop zelé dommmage mais le summerjam vous les fait vitte oublier bref il faut y aller !!!!! et de preference arriver le mercredi ou alors jeudi matin pour ne pas ce retrouver a des "km" du site des concerts allez bonne amusement

c big comme festival a ne pas ratez
pour nous les belges de liege on y est aller le jeudi pour etre pret dés le debut
alor a l annee prochaine les billet seront en vente a partir du 1er aout 2005

Pas en commentaire pour ce festival si Biiggg - alors voilà , franchement on vous le conseil à tous c'est de la boulette


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