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Date de mise en ligne : lundi 07 mai 2007 - 11 081 vues

Heartical Vs Guiding Star

Le clash entre Heartical et Guiding Star qui aura lieu le 12 mai à la Scène de Vernouillet est un véritable événement pour la scène des sound systems en France. Il faut saluer à cet égard la persévérance des organisateurs, qui n’ont jamais la tache facile dans un domaine qui reste perçu comme réservé aux initiés. Ce clash de première ligue, uniquement en dubplates, opposera donc deux des meilleures box de l’Hexagone et il y a fort à parier qu’il sera écouté bien au-delà de nos frontières. Nous avons donc contacté Sergio, pour Heartical, et Jacob, pour Guiding Star, afin de donner à cette bataille l’enjeu qu’elle mérite. Interview croisée avec les deux protagonistes de l’affrontement.

Des mix présentants chaque sound system sont également mis à disposition:


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Pouvez-vous présenter votre sound system : ses origines, ses membres, son style… ?

Sergio : Heartical est un sound system crée en juin 1999, composé à l’origine de quatre membres : Wap, le technicien du sound, Mr Tam, selector, Mr Boo, selector et moi-même Sir Jo, MC et selector. Le sound est basé sur Paris, il joue depuis 1999, au départ à Paris, puis peu à peu à l’étranger, d’abord en Italie, en Allemagne et ensuite en Belgique et en Espagne : depuis nous avons joué dans toute l’Europe. Le sound s’est bien exporté et s’est retrouvé à jouer en compagnie de sounds reconnus comme Massive B, Stone Love, Killamanjaro, David Rodigan et beaucoup de sounds européens. En parallèle, nous avons lancé le label Heartical en 2001, avec des sorties régulières en single : nous en sommes à 32 singles sortis sur plusieurs riddims reconstruits par le groupe Basque Dub Fondation (BDF). Je suis d’origine espagnole, eux sont espagnols, nous avons donc formé une sorte de joint-venture pour enregistrer des artistes jamaïcains et des artistes francophones.
Au niveau du style, Heartical est un sound qui se situe à mi-chemin entre plusieurs générations de sounds : nous ne sommes pas dans le juggling à gogo et nous avons un grand penchant pour les « foundations ». Mais nous offrons des sets versatiles qui s’étalent facilement des années 60 à nos jours.

Jacob : Je suis Jacob, représentant de Guiding Star Sound, formé fin 1997 à Tours, à mon initiative et celles de Romu et de Franck. Les membres de Guiging Star sont Wary qui était MC avec moi, Double B, ingénieur et selector, Balo, selector et Polo qui l’a intégré tout récemment en tant que selector, MC et management. Le style de Guiding Star ? C’est un sound system qui véhicule un message assez culturel mais qui a également un message universel, qui s’adresse à tout le monde. Je suis fan de roots et de « foundations » depuis longtemps : j’aime jouer du Studio One ou du rub- a-dub, mais je suis aussi très ouvert pour jouer les derniers dancehall. Nous avons quand même une optique culturelle, mais il faut bien du jiggy-jiggy pour faire danser les gens en club.

Pourquoi avoir choisi de monter un sound system ?

S : La collection de disques et le fait d’assister à la plus grande partie des soirées sur Paris. On peut d’ailleurs saluer le travail des pionniers : les KNS, Blues Party, Stand Tall et l’incontournable Lord Zelko avec son émission de radio tous les vendredis sur Nova. C’est avec lui que nous avons découvert le concept du sound clash avec King Dragon contre Black Scorpio à l’Aquaboulevard le 6 avril 1996, auquel nous avons assisté. A partir de là, nous nous sommes bien motivé pour monter le sound. Nous avons fait notre première soirée officielle en juin 1999 pour la Fête de la Musique.

J : Pour le reggae. A la base, je collectionnais beaucoup de cds et je me suis mis à collectionner des vinyles. Je faisais des cassettes pour moi et pour faire écouter à mes potes. C’est justement l’un d’entre eux, Franck, qui m’a poussé à faire des soirées à Tours. Il a démarché pour moi auprès de deux bars et j’ai commencé ensuite à faire des soirées avec des plateaux de plusieurs styles de musique.

Quels ont été les événements marquants de la vie du sound ? Quel est son palmarès en clash ?

S : Notre déplacement à New York pour jouer avec Massive B et Stone Love fait partie des gros événements. Il y a aussi eu la soirée avec Rodigan en 2003 pour son 25ème anniversaire, avec Soundquake et Cutty Ranks. Sinon, tous les clashes ont été marquants, à commencer par le premier clash international face à Runn sound en Belgique, le 4 octobre 2003. On ne donnait pas très cher de notre peau à l’origine car c’est vrai que Runn sound est un gros sound européen. C’était notre premier clash international et nous l’avons gagné, cela nous a renforcé. Tous les autres clashes étaient instructifs : on en apprend autant lorsqu’on perd que lorsqu’on gagne. Il ne faut pas oublier que personne ne gagne tous ses clashes. Le clash à Paris contre Supersonic était un bon clash. Celui contre Rootsman en Allemagne, que nous avons gagné en novembre dernier, était très intéressant au niveau des « foundations » qui ont été jouées. Il y a enfin le clash avec Luv Injection, qui vient de participer au UK Cup Clash et qui a 20 ans d’existence. C’était aussi un sound très intéressant à clasher.

J : La première date majeure dans notre histoire est le 11 avril 1998, car c’est la première soirée que nous organisions nous-même. C’est à partir de là que nous avons déposé le nom Guiding Star. C’était une soirée dans une cave à Chancay à côté de Tours. Nous avions invité quelques artistes locaux comme dj Mozaïke, Brahim, Puppa Ken et Major Lee. Fin 1999, nous avions quitté Tours pour Toulouse et nous avons fait une grosse date au Djeridoo, qui est une date clé dans les départs de Guiding Star. Nous avons aussi eu une première bonne scène à L’Astrolab à Orléans au coté de Zenzile. Nous avons décollé en 2001 avec notre participation aux championnats de France. Nous avons terminés troisième après une demi-finale super tendue contre Junior Sound, qui était quand même le « big sound » de l’époque. Je suis parti en Jamaïque et quand je suis revenu, nous avons clashé le champion en titre qui était Back to Zion, le 30 avril 2003, en Bretagne: nous avons gagné, ce qui nous a conforté dans notre optique. En mai 2004, nous avons fait un clash avec I-Shence et Subionic, qui n’était pas blindé au niveau du public, même si les sounds avaient bien travaillé et que le clash était d’un bon niveau musical. Nous avons gagné grâce au public, peut-être aussi parce que nous étions le seul sound à avoir ramené une centaine de personnes dans la danse. Le 16 novembre 2004, nous avons gagné la revanche contre Junior Sound. Nous avons aussi fait des clashes de 45 tours par-ci, par-là, même si nous n’avons pas tout gagné.
Dans les événements importants de Guiding Star, il faut aussi citer la première tournée que j’avais montée avec Ninja Ford et Chronicle, puis les tournées avec Robert Lee, Al Campbell, Ranking Joe, Leroy Gibbons ou Anthony Johnson, des artistes qui ont fait la renommée de Guiding Star et qui donnent une grande force au sound.

Quels sont les sounds qui vous ont inspirés et qui vous inspirent encore ?

S : Tous les sounds « foundations » sont des sources d’inspiration. Nous étudions énormément les cassettes. Je suis moi-même journaliste pour Ragga Magazine et j’ai une rubrique qui est dédiée chaque mois à un sound et à son historique, ce qui m’amène à étudier de près les sound systems. Je citerais forcément les pionniers de la dubplate à gogo : Silverhawk. Pour le juggling et l’ambiance de soirée, Stone Love. Il y a aussi tous les gros sound killers, tels que King Addies et les sounds de Biltmore. On est obligé de saluer des gens comme Trooper, Matterhorn ou Skyjuice. Nous sommes également éternellement en dette avec le sound de Studio One, Sir Coxsone’s Downbbeat the Ruler et celui de son rival Treasure Isle.

J : Avant de faire des clashes, les sounds qui m’ont motivé à faire du sound system étaient des sounds comme King Stur Garv ou même Blood and Fire qui tournait pas mal avec des artistes. Dès que j’ai commencé à enregistrer des dubplates, c’était plutôt des sounds comme Killamanjaro ou Addies. Enfin, il y a les grosses machines de clash comme Bass Odyssey, Mighty Crown ou LP que je trouve très efficaces. Ce sont des sounds qui ne négligent pas les « foundations », mais qui sont irréprochables à tous les niveaux quand ils partent en guerre.

Quels sont vos dubplates préférés ou vos hymnes (« anthems ») ?

S : Heartical a pour caractéristique de créer pas mal de cuts, sans forcément refaire des dubs déjà enregistrés. Nous avons donc des morceaux qui sont devenus des signatures du sound. En tête, il y a le dubplate de Yabby You, nous étions le premier sound à enregistrer cet artiste et cela a eu un gros impact. Il y a aussi notre trio Alton Ellis, Marcia Griffiths et Bob Andy : c’est historique, au sens où ils n’avaient jamais enregistrés ensemble et ils ne l’ont pas refait depuis, à ma connaissance. Il y a également le trio enregistré à New York entre Shabba Ranks, Johnny Osbourne et Wayne Smith, que nous avons été les premiers à enregistrer. Il faut aussi citer les artistes qui nous ont quitté comme Justin Hinds ou Barry Brown. Il y a aussi des vraies rencontres : des artistes comme Anthony Johnson, Little Roy, General Levy ou Al Campbell, avec lesquels nous avons fait beaucoup de dates et qui sont très proches du sound, ce qui permet d’expérimenter et d’apporter de l’originalité.

J : Si je devais choisir cinq dubplates représentatifs, je dirais en premier la combinaison Admiral Tibet et Beres Hammond, One dance can do. La combinaison Michael Rose et Chronicle sur le Real rock, « ganjaman tune », est un dubplate qui marche toujours quand on le joue. Il y a aussi le dubplate de Mr Flash et de Fantan Mojah, Rastafari is the ruler ou le Bang bang de Robert Lee que nous avons été les premiers à enregistrer : aujourd’hui ces dubs sont très demandés. Enfin, il y a Brent Dowe, Rivers of Babylon, qui me tient à cœur.

Comment vous préparez vous pour ce clash ?

S : Il y a bien sûr une préparation physique et mentale pour l’événement et une préparation matérielle, qui est d’aiguiser ses acétates au mieux, en intégrant des nouveautés ou des nominatifs.

J : Je ne me vois pas accepter un clash et arriver les main dans les poches en m’en remettant à ma bonne fortune. Un clash se prépare, peu importe qui tu affrontes, il faut mettre le maximum d’éléments de ton côté pour assurer ta victoire : ce sont des dubplates, étudier le sound qui est face, mettre au point des stratégies, avoir certains morceaux majeurs du moment ou des nominatifs.

Quels sont selon vous les points forts et les points faibles de votre sound pour ce clash ?

S : C’est difficile de le dire à la veille d’un clash. On l’analysera mieux au lendemain du clash. A chaque clash, on se découvre des faiblesses et des forces. Il faut savoir capitaliser dessus au sens où il faut retenir les bonnes leçons et ne pas reproduire les mêmes erreurs. Nous apprenons à chaque clash.

J : Les points forts de notre sound ? Je dirais une bonne popularité au niveau national grâce à toutes les danses que nous avons faites un peu partout. Au niveau des dubplates, notre point fort, c’est une bonne ossature « foundations », qui a déjà fait mal à plus d’un sound lors de clashes et un gros travail sur les trois dernière années de la part de toute l’équipe et des artistes dans le segment news roots : on est le sound qui a « buss » le plus de nouveau talents en dubplates en France comme Fantan Mojah, Little Hero, Perfect…Les points faibles ? Ce sont plutôt des lacunes mais il faut vraiment avoir trente ans de carrière pour être au top. Par rapport à des gros sounds internationaux, ça reste difficile d’avoir tous les nouveaux morceaux, surtout en dancehall. Je dirais que le dancehall est notre point faible.

Quelle est votre opinion sur votre adversaire ?

S : Nous nous connaissons depuis déjà un bout de temps. Nous les avions invité à jouer dans nos soirées pour l’Afrique en 2001 peut-être. On se connaît, on se croise. Nos rapports sont intelligents : nous faisons la même chose, même si Jacob arrive dans le circuit des clashes. Guiding Star se cantonnait un peu au Championnat. Dans ce cadre, on voit apparaître des comportements qui ne sont pas toujours intelligents. Jacob est quelqu’un qui sait faire la page des choses entre ce qui va se passer sur scène, le spectacle, et la réalité. Ce qui est intéressant, c’est que Guiding Star organise comme nous des sessions et manage des artistes : ils jouent aussi avec des artistes. Tous les clashes sont importants. En terme de reconnaissance internationale, clasher un sound français nous fait moins de pub que de clasher un sound étranger. Ce sera plutôt pour Guiding Star une façon de s’exposer à l’étranger à travers ce clash.

J : C’est un clash que j’attendais et que lui-même devait attendre. Heartical est un sound qui a fait son travail, pas forcément au niveau national, mais surtout à l’étranger, ce qui fait que le clash est équilibré. Heartical est un bon sound, Sergio est un bon selector. Il est aussi chroniqueur chez Ragga, il a donc une bonne culture reggae, surtout dans le domaine « foundation ». J’avais vraiment envie de faire ce clash contre Heartical plus qu’avec d’autres sounds. Heartical est un bon sound et il est plus intéressant d’affronter un bon sound plutôt que prendre des victoires faciles.

Quel est le message que vous voudriez délivrer à votre adversaire ?

S : Le seul message que j’ai pour Guiding Star sera délivré le soir du clash, musicalement.

J : J’espère qu’il travaille, car moi aussi je travaille pour ce clash. A travers ce clash on va pouvoir prouver qu’il y a un niveau sérieux en France. Sergio, on verra tout ça le 12 mai.

Regrettez-vous que Soul Stereo ne participe pas à cette compétition ?

S : Nous devions déjà avoir une compétition le 29 avril et ils se sont désistés pour des raisons qui leur sont propres. S’ils avaient voulu participer, ils auraient été en mesure de le faire car depuis que nous avons clashé en 2004, ils n’ont pas clashé à nouveau. Je pense que ce n’est pas une de leur priorité actuellement. Je trouve que c’est dommage car c’est un sound qui travaille de la même manière que Heartical et Guiding Star et qui a une box intéressante, méritant d’être exposée de manière internationale dans des clashes.

J : Ce clash là aurait déjà du avoir lieu il y a deux ans à l’initiative de Dub fi Dub. Je pense qu’il y a pas mal de gens qui aimerait voir ça. Mais le clash aurait peut-être tourné en piège contre moi. Au final, je pense que c’est mieux de faire d’abord Guiding Star vs Heartical et pourquoi pas Guiding Star vs Soul Stereo ; bien que Soul Stereo, je pense, ait pris une optique un peu en retrait du sound clash. J’espère quand même qu’on les verra de nouveau en clash car c’est une des grosses boxes nationales, avec un bon répertoire « foundation » comme Heartical ou nous : ce sont des selectors qui connaissent bien le sound et qui ont l’habitude de jouer.



Article écrit par Benoit Georges

Tags : Soundclash (89), Sound system (191)

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Réactions

Date de mise en ligne : 07/05/2007
Heartical Vs Guiding Star

9 réactions
Appréciation générale :

BIG UP HEARTICAL

big big up Jacob, wari, balo; guiding star the killer sound. championd number one.
yyyyyyyyyeeeeeeeeeeeeesssssssssss

Guiding star contre un big sound comme heartical ?!?

big up a heartical et sir joe qui est un mec humble avec une box reelement devastatrice serious thing warning ce sound est reelement wicked avis de collectionneurs de tres longue date ganju from lyon

tu es un vrai pote heartical 100/100 espris rasta jah bless you ganjah.fr

pull it up!!! selecta one

big up heartical sound !!!!!!!!

Interview sympa. On remarquera juste le lien vers "Admiral t" alors qu'il parle de Admiral Tibet

petit echauffement avant la belgique ou quoi??!!

WAR !!!!!!!


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