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Date de mise en ligne : jeudi 15 mai 2014 - 53 531 vues

Vybz Kartel, la chute d'un Empire

D'aspirant deejay à superstar du dancehall puis ennemi public n°1 finalement jeté en prison, la trajectoire de Vybz Kartel est peu commune. Armé de sa technique et de son écriture hors-normes, il a fait entrer le dancehall dans une nouvelle ère.

En tant qu'artiste, il a repoussé les limites du genre dans (presque) tous les domaines, s'attaquant à tous les sujets. Surtout, il a déplacé le curseur au-delà de la musique. Friand de controverses, Vybz Kartel s'est lancé dans une stratégie du scandale permanent : à la fois là où on l'attend et surtout là où on ne l'attend pas, aucun tabou n'était épargné dans sa longue liste de provocations. Une attitude théorisée par la phrase "Expect the unexpected".

Génie du dancehall ou dangereux agitateur, art consommé du contre-pied ou opportunisme forcené, Vybz Kartel a déchaîné les passions sur son île et au-delà, jusqu'à la chute de l'Empire qu'il avait bâti sur son talent. Retour sur une carrière tout en contrastes.


  Réactions
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PART 1 – NEW MILLENIUM (2002-2005)

« C'est le nouveau millénaire / Quelque chose de nouveau est en train d'arriver / Marshall et Kartel vont générer une tempête. » Ego Trip ? Mégalomanie ? Sur cette combinaison avec Wayne Marshall, New Millenium, Vybz Kartel est sûr de sa force : en cette aube de nouveau millénaire, rien ne lui résiste. New Millenium, c'est un peu sa profession de foi, son titre signature pour lui l'apprenti star qui entend bien marquer le nouveau millénaire de son empreinte. Et le riddim Mad Ants lui offre son premier gros carton. La mise sur orbite de Vybz Kartel est indissociable de celle d'un jeune producteur, Donovan Bennett, qui ne s'appelle pas encore Don Corleon : « La première fois que j’ai rencontré Vybz Kartel, c’était pour des dubs. Je l’ai mis ensuite sur le riddim Mad Ants, tout seul au début. Il était en train de faire le refrain et je lui ai dit : "Non, on va faire chanter Wayne Marshall". J’ai effacé sa partie et c’est ce qu’on a fait. » Le résultat, c'est New Millenium avec Wayne Marshall en 2003.

L'année précédente, le sound system Stone Love lui a même décerné le titre honorifique de deejay de l'année 2002. A la différence de nombreux wannabe artists charriés par la Jamaïque chaque année, Kartel a déjà 26 ans quand il reçoit cette première distinction. A cet âge, il a connu le lot de tout aspirant deejay. Vybz Kartel grandit à Portmore, séparée de Kingston par le port et les immenses docks. Lt. Stitchie, Ninjaman, Papa San, Will Smith, KRS-One sont les influences qu'il confesse, forgeant son style hybride très influencé par le hip-hop. En 1993, il enregistre son premier single (Love Fat Woman, pour Alvin Reid) sous le nom d'Adi Banton, en référence à Buju Banton. En 1996, il forme le trio "Vybez kartel" avec Mr. Lee et Escobar, puis garde le nom (légèrement modifié) quand le groupe se sépare. En 1998, il s'illustre sur la scène du Champions in Action (événement organisé par Christopher "Dudus" Coke, le parrain de West Kingston – c'est un nom qui reviendra) et est repéré la même année par Bounty Killer. Il intègre son crew, l'Alliance, et fait ses classes en écrivant des chansons pour le Warlord (High Grade Forever, Warlord Rule The World, Gal Clown et le Scare Dem Crew : le décollage est imminent.



"On était fous et jeunes, de vrais excités"

New Millenium est aussi le point de départ d'une longue aventure commune avec Donovan Bennett. C'est d'ailleurs lui qui le baptise, dans l'intro du Mad Ants : « Yo, Don Corleon, the girls dem feeling for you only. ». Bennett l'interpelle : « Hey, qu’est-ce que c’est que ce Don Corleon ? » Réponse de Kartel : « Mais, c’est toi ! Tu es notre Marlon Brando ! » Leur fructueuse collaboration se poursuit avec Why Yuh Doing It (Krazy riddim), toujours avec Marshall, puis avec Sweet To The Belly sur le Egyptian riddim (Blaxx Music). « A l’époque, on était fous et jeunes, de vrais excités, se souvient Don Corleon. Par exemple, quand j’ai composé le riddim Egyptian, j’étais dans mon studio à 11h du soir à programmer la rythmique et j’ai eu l’idée de mettre des tablas indiens dedans. Un ami m’avait passé un cd avec des tablas. J’ai construit le rythme, j’ai joué la basse. Et j’ai trouvé la voix de cette fille sur le cd, je l’ai samplé et re-samplé. Kartel s’est mis à rire, il avait le lyrics de Sweet to the Belly, c’était mortel ! » Dès lors, plus rien n'arrêtera Adidja Azim Palmer.



Le talent de Vybz Kartel n'échappe pas à ses pairs. Wayne Marshall se souvient avoir été durablement impressionné par le potentiel du deejay : « Quand nous avons rencontré Kartel, on l'a vu comme un immense espoir pour le futur. Ses jeux de mots, son éthique du travail étaient admirables. » Tous ceux qui le côtoient soulignent son talent évident. Quelques années plus tard, en 2010, le producteur américain Dre Skull (Mixpak Records) se rend en Jamaïque pour enregistrer Vybz Kartel, qui ne rate pas un seul match de la coupe du monde football qui bat son plein. Dre Skull raconte sur son blog qu'il n'avait jamais vu d'artistes enregistrer comme lui : « Dans les dix minutes, il avait élaboré des phrases complètes et la mélodie. Il ne se souciait ni de l'ordre des phrases ni de celui des fragments de mélodie : il pouvait faire la quatrième mesure du refrain avant de revenir aux trois premières. Des choses comme ça. La chanson prenait forme rapidement. En plus d'écrire les paroles et la mélodie, il entendait aussi le mix de la chanson dans sa tête, et il donnait des instructions à Notnice pour doubler tel ou tel mot. En une heure et demie, la chanson était terminée. »

"Une virtuosité du niveau de Robert Johnson"

Durant l'enregistrement, Dre Skull remarque que Vybz Kartel est capable de répéter une phrase sur une seconde ou troisième prise exactement de la même manière que la première : « C'était incroyable à voir : s'il faisait une erreur sur un mot, il revenait en arrière et réenregistrait la phrase précédente. Sur l'ordinateur, l'onde de cette nouvelle prise était exactement la même que la précédente – la forme des mots, le volume, tout exactement identique. Je savais que Kartel était un maître de son art, mais là on parle d'une virtuosité du niveau de Robert Johnson. » Pour un autre morceau, l'instrumentale était créée pour des couplets de douze mesures : « Il a commencé par enregistrer la douzième d'abord. Il l'a écoutée, puis est revenu en arrière et a enregistré la onzième mesure, puis la dixième… Il a littéralement écrit et enregistré chaque mesure en sens inverse pour construire le couplet. »

Kartel boucle 2003 avec la sortie de son premier album, "Up 2 Di Time" (comme son gimmick qu'il lâche constamment), chez Greensleeves. Riddims novateurs, humour ravageur, rimes ciselées, jeux de mots acrobatiques, métaphores géniales et technique ahurissante : Kartel fait entrer le dancehall dans une nouvelle ère.
En décembre, au Sting, son clash avec Ninjaman se transforme en pugilat. Quand on annonce peu après que Bounty Killer ne montera pas sur scène, c'est le chaos. Des jets de pierres et de bouteilles, des coups de feu, des blessés et des arrestations… Le lendemain, le Gleaner titre : "Terreur au Sting". Vybz Kartel s'excusera auprès de Ninjaman et des promoteurs du Sting, le tout sous l'œil des médias généralistes. Toute la Jamaïque connaît désormais le nom de Vybz Kartel.



Son ascension se poursuit à la vitesse de ses jeux de mots et (dé)constructions polysyllabiques. Il est de tous les riddims, de tous les shows et travaille avec tous les producteurs : Donovan "Vendetta" Bennett (Don Corleon), Cordel "Scatta" Burrell, Arif Cooper, Christopher Birch, Patrick "Roach" Samuels… Il est aussi de tous les sujets : des gun tunes (Real Deal), ganja tunes (Full Up Of Grass, High Vibe) et sex tunes (Pussy Jaw, No See Nothing, Proper English, Picture This), le triptyque habituel. Kartel se montre aussi un commentateur politique cinglant (Politics, Mr Politician). Sur Emergency, il pose quelques épineuses questions à "Bruce" (Golding) et "Mr. PJ" (Patterson) : « Mr. Bruce, Mr. PJ / This is just a couple question from Addi the deejay / [Question:] Kingston mek no AK? / [Question:] How gun come inna JA? / Who own the wharf and the airport, the docks and the bay? »

Tout passe sous le feu de son ironie, y compris les sujets les plus variés comme les téléphones portables (Hello Moto), et même le coup de hanche de Beyonce (Beyonce Wine). Il y a un dernier sujet que Vybz Kartel chérit particulièrement : les diss tunes, des charges contre Ninjaman, Assassin, Spragga Benz, et bientôt Bounty Killer et Mavado, et toute l'Alliance avec eux (Aidonia, Busy Signal et même Bling Dawg, pourtant très proche). Il peut écrire sur tout, mais il a quand même ses préférences : le sexe et les flingues. A mesure que sa célébrité augmente, ses paroles commencent à attirer l'attention. Entre les rimes explicites et graveleuses à souhait, la glorification de la violence ou l'homophobie revendiquée, Vybz Kartel accumule les griefs. Dans la course pour les MOBO Awards 2004 (Music of Black Origin Awards), en Angleterre, lui et Elephant Man sont finalement retirés de la liste des prétendants au titre de meilleur artiste reggae en raison du lobbying de l'association LGBT OutRage! qui dénonce leurs paroles homophobes (c'est finalement Sean Paul qui remportera le trophée). C'est à cette époque qu'on lui retire son visa pour les Etats-Unis, qu'il n'obtiendra plus jamais.


PART 2 : START WAR AND DEAD (2006-2008)

Pour avoir chanté avec D'Angel, l'ex-copine de Bounty Killer qui est alors fiancée à Beenie Man, son ennemi juré, Vybz Kartel subit les foudres du Warlord. Il ne peut y avoir deux taureaux dans une arène : Kartel quitte l'Alliance (suivi par Aidonia qui enregistrera la chanson Adid A Mi Daddy Who Wa Vex Wan Vex) et fonde son propre groupe : le Portmore Empire. Le deejay Deva Bratt affirmera plus tard qu'il était le fondateur original du Portmore Empire mais que Vybz Kartel a déposé officiellement le nom à son insu.

Aujourd'hui démantelé, le Portmore Empire regroupait à l'époque Popcaan, Gaza Slim, Shawn Storm (condamné lui aussi à perpétuité), Sheba, Lisa Hype, Gaza Kim, Black Ryno et Jah Vinci (qui quitteront le crew), et plus tard Tommy Lee. Vybz Kartel est le leader et le mentor de tous ces artistes en devenir. « J’ai presque tout appris de Vybz Kartel, nous confiait Popcaan en 2012. C’est un mec qui prend vraiment la musique au sérieux, qui travaille très sérieusement, aussi bien pour se produire sur scène que pour enregistrer une chanson. » Aidonia, qui a depuis fondé son propre groupe, n'oublie pas non plus ce qu'il doit à Kartel : « Il est le premier à m’avoir encouragé, à m’avoir dit de persévérer avec mon style sans rien changer et qu’un jour je rencontrerai aussi le succès. Quand il revenait de tournée de l’étranger et qu’il me voyait galérer, il m’a toujours donné un peu d’argent. Il a commencé à m’appeler sur ses shows, à inciter certains producteurs à m’enregistrer, certains sélecteurs à jouer mes titres en soirée… Il m’a présenté à Bounty en lui disant que j’avais un flow de malade, on a commencé à être tous ensemble… »



Poussant la provocation, Vybz Kartel s'affiche au mariage de D'Angel et Beenie Man, (il était même question qu'il rejoigne le Doctor sur son label Mafia House). C'est là que prend racine son opposition avec Mavado, recrue de l'Alliance. Pendant des mois, le Gully God et Addi The Teacha (son nouveau surnom, pour contourner son contrat de trois albums avec le label Greensleeves qui vient de sortir "JMT") s'attaquent à coups de singles toujours plus insultants. Derrière le clash Kartel / Mavado, c'est l'opposition Gaza (nom donné par Kartel à son quartier de Portmore) contre Gully (un ghetto dans le ghetto de Cassava Piece, d'où est originaire Mavado). Au fil des mois, cette rivalité s'exprime dans les rues et les cours d'école, s'exporte dans les îles avoisinantes et prend une tournure inquiétante quand des fusillades éclatent entre les deux camps. Les deux artistes sont régulièrement cités par la police comme "personne d'intérêt".

En mars 2007, ils donnent une conférence de presse à l'initiative du gouvernement. Sous l'œil du Deputy Commissioner of Police, ils affichent leur unité, appellent au cessez-le-feu et s'excusent auprès de leurs fans. Il faut dire que le climat est pesant cette année-là en Jamaïque : 2007 totalisera 1574 meurtres. Leur rivalité s'intensifie de plus belle en 2008, notamment sur le Self Defense riddim de Cordell "Skatta" Burrell (Kings of Kings) et le Silent river riddim de Shane Brown (Jukeboxx). Chacun est sommé de choisir son camp, même les personnalités : Usain Bolt déclare publiquement son allégeance à Gaza "jusqu'à la fin". Renato Adams, super flic à la retraite (il était Senior Superintendent of Police) avance une autre raison de cet embrasement, qui prendrait sa source dans la longue rivalité politique née du bipartisme jamaïcain : Gaza serait majoritairement PNP, et le Gully JLP. L'année 2008 est le pic de leur confrontation, jusqu'à leur face-à-face au Sting, où un clash est programmé.



Sur une scène bondée, Vybz Kartel apparaît en tenue complète de soldat, camouflage et casque de rigueur. En face, Mavado quitte prématurément la scène, après un court clash où la sexualité et les mamans fournissent la matière des principales punchlines. L'important n'est pas tant la victoire que d'être le premier à la revendiquer : dès le lendemain, Vybz Kartel enregistre deux singles où il moque la fuite de son rival : Last Man Standing puis Don't Run où il surnomme Mavado "Cassava Powell", en référence à Cassava Piece, le ghetto dont il est originaire, et à Asafa Powell, le sprinteur jamaïcain.

"Ce n'est que de la musique – c'est de l'art"

Il faudra attendre un an de plus pour voir la réconciliation officielle… sous le patronage de Christopher "Dudus" Coke, le fils de Jim Brown et baron de Tivoli Gardens,dont l'arrestation en 2010 provoquera des dizaines de morts après l'intervention des militaires dans Kingston. Les deux artistes se produisent au show du parrain, le West Kingston Jamboree, et apparaissent tous sourires, bras dessus bras dessous.



Le lendemain, le 8 décembre 2009, ils rencontrent même le Premier Ministre Bruce Golding (JLP) pour mettre officiellement fin aux hostilités. « Peut-être que cela a été un peu monté en épingle par les médias, a déclaré Kartel après coup. Mais comme on dit, à grand pouvoir, grandes responsabilités. Mavado et moi avons pensé que c'était la meilleure chose à faire, pour montrer aux jeunes esprits impressionnables que ce n'est que de la musique – c'est de l'art. » Pendant trois ans, leur rivalité a eu pour théâtre le microcosme de Kingston. Mais depuis, Vybz Kartel a pris une dimension internationale et sa notoriété dépasse largement les frontières de la Jamaïque.

PART 3 : MONEY OVER WAR (2009-2011)

Fin 2008, c'est le carton Ramping Shop avec Spice, sur l'instrumentale de Miss Independent de Ne-Yo, qu'il utilise sans l'autorisation d'EMI (le morceau sera finalement rejoué par Notnice). La Jamaïque pensait avoir tout entendu avec Yellowman, Shabba Ranks, Lady Saw et consorts. Elle découvre qu'on peut aller encore plus loin dans les textes slackness. Le scandale éclate, la chanson est bannie par la Jamaica Broadcast Commission (JBC) ce qui ne fait qu'augmenter sa propagation. Quand la bonne société s'indigne dans les pages du Gleaner, Vybz Kartel prend sa plume : « Quand j'ai fait Money Fi Spend, il est arrivé premier des charts, et personne ne m'a approuvé. Quand j'ai fait Emergency, personne ne m'a approuvé. Mais quand le même public qui adore ces 'reality songs' adore aussi Rampin Shop pour ce que c'est – de la musique, cela vous pose un problème à vous autres, les Scribes et Pharisiens de notre temps. »

Autre succès, sa trilogie sur les chaussures Clarks (Clarks, Clarks Again, Wear Weh Yuh Have). Déclarations d'amour à la marque de chaussures fétiche des Jamaïcains, elles provoquent une hausse de la demande pour le vénérable chausseur anglais. De quoi lui donner des idées : « De voir ce dont je suis capable en matière d'image de marque et de produits, j'ai décidé de tirer parti de mon penchant pour définir les tendances. » C'est ainsi qu'il lance sa marque de chaussures, les baskets Addis. Il avait déjà lancé sa structure de booking Timeless, en 2005, pour mieux contrôler sa carrière. Mais Vybz Kartel voit grand et se rêve en Jay-Z, dont il admire le sens des affaires. Avec son associé Corey Todd, il lance sa marque de rhum, Street Vybz. Là aussi la guerre fait rage : quand ils se séparent, Corey Todd monte derechef une nouvelle marque de spiritueux, le Yaad Swag, avec Beenie Man en emblème. Il y a aussi les préservatifs Daggering, dont la publicité est à hurler de rire), les soirées qu'il organise au Building, sa ligne de vêtements Vybz Wear (T-shirts et boucles de ceinture)… et évidemment son Cake Soap et sa ligne de produits cosmétiques de blanchiment de la peau.



Le bleaching, c'est le nouveau dada de Kartel fin 2010. Après l'avoir moqué, il devient son avocat le plus médiatique. S'affichant avec un teint plus clair, qui met en valeur ses tatouages, il chante aussi ses louanges (Straight Jeans and Fitted, Coloring Book, Cake Soap) et soulève un véritable tollé en Jamaïque. De nombreux artistes dénoncent ce qu'ils estiment être de la haine de soi (Mr Vegas, Kiprich, Assassin, Busy Signal, Perfect…). Comme d'habitude, Kartel sait que la meilleure défense est l'attaque et riposte : « Quand les femmes noires cesseront de se lisser les cheveux, de porter des perruques, quand les femmes blanches arrêteront de se faire des injections et des implants, quand les chauves arrêteront les implants capillaires, et quand les gens cesseront de se faire refaire le nez ou d'utiliser la chirurgie plastique, alors je cesserai d'utiliser mon "Cake Soap" et nous vivrons tous naturellement. D'ici là, allez tous vous faire f… » En mars 2011, invité à donner une conférence à l'université des West Indies, il trouve d'autres mots : « Je maintiens que le bleaching n'a pas la même signification aujourd'hui qu'il y a 25 ans. Nous sommes une race plus fière, qui sait qu'elle peut faire ce qu'elle veut concernant son style. »

J$10 millions par mois

Tous ces revenus s'ajoutent à sa rémunération d'artiste. Au moment de son arrestation en 2011, les médias jamaïcains estiment qu'il gagne J$10 millions par mois (environ 67 000 euros). Fin de la guerre, début des affaires : plusieurs chansons de Kartel résument bien la stratégie : Money Fi Spend. Considérant que son sang est « trop riche pour couler ", il déclare cesser les hostilités : « Je ne suis pas un va-t-en-guerre / je veux deux voitures, deux maisons avec piscine et bar ». On peut aussi citer Million Dollar By A Morning, où il veut se faire rembourser ses flingues qu'il renvoie à Smith & Wesson, et Money Over War, sur le Revolution riddim d'Arif Cooper. « Faites de l'argent, pas la guerre », c'est justement le credo de Christopher "Dudus" Coke. Une nouvelle allusion à ses accointances mafieuses ? Dans un article paru après sa condamnation, le Sunday Observer a avancé que Vybz Kartel appartenait au gang Klansman de Spanish Town.

Paradoxe : alors qu'il atteint une renommée mondiale, il est confiné dans son pays, ou presque. Alors qu'il partage des duos ou des remixs avec Jay-Z, Rihanna, Missy Elliott, Busta Rhymes, Akon, Lil Wayne, Eminem, ses paroles condamnées pour leur homophobie, leur violence ou leur crudité lui barrent l'accès aux aéroports. Il y a d'abord la zone Caraïbes : Grenade, La Barbade et St Lucie bannissent coup sur coup le deejay. Quand la Guyana le proscrit des ondes, il répond crânement : « Je me fiche d'eux et de leur bannissement, car je n'irais jamais en Guyana ». Avant d'enfoncer le clou : "J'irais d'abord en Irak avant d'aller en Guyana ». N'empêche que les barrières se ferment petit à petit. Il ne peut plus aller aux Etats-Unis depuis qu'ils l'ont privé de visa, et en Europe, le visa est aussi invoqué pour justifier l'annulation de sa tournée fin 2009. L'année suivante, il réussira à poser le pied sur le continent, après avoir finalement signé le Reggae Compassionate Act en septembre 2010 après trois ans de refus (il s'était déjà produit, malade, à Paris en 2009 avec Aidonia).



Quand on l'interroge sur ses textes et leur influence sur les jeunes, Vybz Kartel renvoie les autorités devant leurs responsabilités : « Dans une culture du tiers-monde comme la Jamaïque, la criminalité et la violence sont endémiques en raison du manque d'infrastructures sociales pour les jeunes du ghetto, développe-t-il dans une interview au magazine Rolling Stone début 2011. La corruption existe à tous les niveaux de la société, de la corruption politique à la corruption au sein des forces de police et du secteur privé dans son ensemble, et tout cela a conduit au déclin de la société. Et la société veut incriminer les artistes et en faire les boucs émissaires ? » Et de poursuivre : « Je vis à Norbrook (quartier cossu de Kingston, ndlr). Les enfants là-bas écoutent les mêmes chansons de Vybz Kartel que les enfants du ghetto. Alors pourquoi les jeunes de Norbrook ne se comportent pas comme les jeunes de Tivoli ou de Jungle ? Cela relève de l'éducation de la vie en société. Et ça commence avec la famille, c'est pourquoi je dis toujours : 'La famille d'abord !' Mes enfants écoutent mes chansons et je ne les vois pas mal tourner. C'est la faute de la société, du post-colonialisme, des politiciens, mais les gens veulent faire porter le chapeau aux artistes. Je le refuse. »

Kartel multiplie les occasions de faire parler de lui. Il assume et le revendique : « De Kartel, attendez-vous à l'inattendu." Il ne peut se rendre aux USA ? Programmé au festival Best of the Best, à Miami en 2011, il donne un concert… par satellite. Les tatouages, le bleaching ? Il y ajoute les bagues dentaires, les locks... L'establishment aimerait le voir rester cantonné dans les ghettos ? Il donne une conférence sur sa vie à la Mona University of the West Indies, invité par le docteur Carolyn Cooper. On le condamne pour ses chansons violentes ? Il rétorque qu'il ne fera plus de gun songs.

"Il fallait que je trompe Babylone"

Mais quand Corey Todd, qui a mis fin à leurs investissements communs, raconte aux médias qu'il ne reconnaît plus son ex-associé et qu'il craint pour sa vie, il dégaine un nouveau (long) communiqué pour expliquer que toutes ses frasques ne sont que les éléments d'un double jeu destiné à « tromper Babylone pour masquer ses intentions véritables : « Il y a deux ans, j'ai eu une épiphanie sur scène. J'ai vu des milliers de gens crier le nom de Kartel, sauter, et écouter chacun des mots que je prononçais. (…) J'ai réalisé que les gens ne me mangeaient pas dans la main mais qu'ils voulaient entendre Kartel parler, parce qu'enfin quelqu'un leur racontait leur histoire d'une manière profonde et sans interdit. Que je parle de sexualité, de pauvreté, de brutalités policières, d'injustice ou des épreuves et tribulations du ghetto, je donnais finalement une voix aux gens du ghetto, une voix forte comme la société n'en avait jamais entendue. »



Invoquant les figures de Marcus Garvey, Sam Sharpe, Paul Bogle, Bob Marley, Peter Tosh et Jacob Miller dont il ne voulait pas "connaître le même sort", il justifie sa conduite des années passées : « (…) J'ai pris la décision qui s'imposait à moi, il fallait que je trompe Babylone. J'ai réalisé que si je continuais à faire des choses scandaleuses et étranges, ils ne me considéreraient que comme un artiste qui cherche à attirer l'attention, sans réaliser que depuis le 26 juillet 2009, de manière discrète, j'ai écrit un livre et mis en place mon programme GEL (Gaza Education et Littérature). (…) Voyons l'hypocrisie de la société pour ce qu'elle est. Maintenant que mon livre est sur le point de sortir, maintenant que la plupart de mes chansons adopteront une connotation plus culturelle (comme j'ai pris la décision de ne plus chanter de gun lyrics), maintenant que je vais offrir des possibilités éducatives pour les plus jeunes, me donnerez-vous autant d'attention ? »

C'est donc pour tromper une nouvelle fois Babylone qu'il lance son émission de télé-réalité,"Teacha's Pet" sur la chaîne de télé jamaïcaine CVM. Une sorte de "Bachelor", où 20 femmes réunies dans une maison à Kingston se disputent ses faveurs. Le programme licencieux s'attire les foudres de son sponsor, Lime, qui retire ses billes, mais il se poursuivra même après l'arrestation de Vybz Kartel. Pendant tout l'été, le deejay est le centre de l'attention. Son hit Summertime lui donne l'occasion de se moquer de ceux qui se sont engouffrés après lui dans la brèche des chansons de l'été, tandis que la sortie de l'album "Kingston Story", produit par Dre Skull (Mixpak Records) lui permet d'intégrer les pages de Rolling Stone et du New York Times. Un mois plus tard, il ne quitte plus les pages judiciaires.


PART 4 : COURT SESSION (2011-2014)

Le 29 Septembre 2011, Vybz Kartel est arrêté par la police pour possession de marijuana et d'arme à feu. Une première accusation de meurtre vient s'ajouter, puis une seconde, ainsi qu'une accusation de perversion du cours de la justice. Il ne découvre pas la détention : sa carrière est émaillée de nombreuses interpellations et gardes à vue. Arrêté après la bagarre avec Ninjaman sur la scène du Sting en 2003, il avait été maintenu en garde à vue dans le cadre d'une enquête de la police sur deux meurtres. En 2004, il est détenu quatre jours, accusé de possession illégale d'armes à feu. En février 2008, pendant l'opération Kingfish, la police l'interroge à propos d'une photo où lui et Aidonia exhibent des armes à feu. En juillet 2010, alors que Kingston compte ses victimes dans l'assaut de Tivoli Gardens pour l'arrestation de Dudus, il passe deux semaines derrière les barreaux, dans le cadre d'une enquête sur les gangs. Il sera libéré quelques jours avant le Sumfest où il se produit en tenue de bagnard, menottes aux poings.

Pour se défendre de cette double accusation de meurtre, Kartel a convoqué des ténors du barreau : les Tavares-Finson, père et fils. Christian Tavares-Finson n’est autre que le fils de l’ancien avocat de Christopher "Dudus"Coke, Tom Tavares-Finson (également sénateur JLP) mais aussi le demi-frère de… Damian Marley. Les demandes de libération sous caution sont successivement rejetées, et les différents procès s'étalent dans le temps. A coups de reports, Kartel passe deux ans et demi derrière les barreaux avant que ne s'ouvre son dernier procès. Mais même du fond de sa cellule, il continue d'agiter le landerneau médiatique.



Les barreaux ne l'empêchent pas de vilipender l'action de la police, l'accusant de mensonges, menaces et fabrication de preuves : « Tout ce qui a trait à mon cas est une fabrication, tout est fabriqué. Je ne sais pas à qui appartenait le maïs sur lequel j'ai pu marcher dans le passé, mais il revient maintenant à me hanter. »
Le deejay maintient fermement son innocence. Dans une interview à Boomshots, il se place en victime : « Le système injuste ("injustice system") de Jamaïque essaie de m'utiliser comme bouc émissaire. » Sa cellule sera fouillée après le meurtre du producteur Roach, son ancien manager, la police le soupçonnant d'être impliqué.

"Le dancehall est en prison"

La phrase "Free World Boss" (son nouveau surnom) fleurit un peu partout, même sur un t-shirt de Drake qui affiche son soutien en interview. Ses singles continuent de pleuvoir : des enregistrements antérieurs inédits et mis en vente par des producteurs opportunistes : « Quand Kartel te rend visite, il peut enregistrer cinq chansons pour toi en une journée », explique le producteur Tarik "Rvssian" Johnston. En septembre 2013, School est un ultime pied-de-nez : il conseille à la jeunesse d'abandonner les jeans slim, de ne pas se blanchir la peau et d'aller à l'école.

De sa cellule, il démantèle le Portmore Empire, rendant leur liberté à Popcaan et Tommy Lee qui entre-temps ont pris le relais médiatique et se sont éloignés de leur ex-mentor. Il décoche aussi quelques flèches : « Le dancehall est en prison. Si je meurs demain, le dancehall perdurera, mais le prochain artiste qui apportera énergie, panache et vibe au dancehall n'est pas encore arrivé. Depuis que je suis en prison, le reggae a repris le dessus, car c'est une alternative rafraichissante pour les jeunes qui réalisent que les artistes de dancehall ne font que recycler mes paroles et mon flow. C'est pathétique. »



Son livre, "Voice of the Jamaican Ghetto", qui devait sortir le 23 juillet 2011 -l'anniversaire de naissance de Hailé Selassié, sort finalement pendant qu'il est derrière les barreaux. Le montage de la couverture le présente sous les traits de Malcom X et chaque chapitre porte le nom d'une de ses chansons "conscientes". « C'est un commentaire social sur la vie du ghetto, vue à travers les yeux de Vybz Kartel. Croyez-moi, cela va être très préjudiciable à la liberté de Vybz Kartel parce que c'est un livre sans interdit, qui aborde des sujets tabous comme la corruption politique, l'avortement, les exécutions extrajudiciaires, comment la religion est utilisée pour garder les jeunes du ghetto en esclavage mental. »

Le 14 mars 2014, il est reconnu coupable, et est condamné à perpétuité (35 ans de sûreté) le 3 avril. Kartel a beau vouloir faire appel de la condamnation et de sentence, la Jamaïque s'est débarrassée de son épouvantail pour un moment, dans le silence pesant des artistes. Le même jour était annoncé la sortie du single PG 13 Gimme Di Money par Little Vybz et Little Addi, deux des fils de Vybz Kartel (Jaheim et Raheim), produit par Short Boss Musik, le récent label de leur mère, Tanesha "Shorty" Johnson. Les héritiers auront fort à faire pour recoller les morceaux de l'Empire déchu.


Vybz Kartel, LA PLAYLIST

Parce que Vybz Kartel, ce n'est pas seulement Clarks, Summertime, Go Go Wine et Ramping Shop, voici la playlist de la rédaction :

New Millenium feat. Wayne Marshall (Mad Ants riddim, 2002) : Tout commence ici. En 2002, Vybz Kartel annonce la couleur : le nouveau millénaire se fera avec lui et ses duos avec Wayne Marshall le propulsent au premier plan de la scène dancehall. D'abord New Millenium puis Why We Doing It sur le Krazy riddim (toujours chez Don Corleon) en 2003. Les deux combinaisons sont réunies en un clip.




High Vibe (Caddy Ride riddim, 2003) : « Sen sen sen sen sen on, sen on and never hang on » : le refrain devient un tel anthem qu'il en fera une nouvelle chanson, Sen On, sur le Time Travel riddim produit par Steve "Lenky" Mardsen.




Badman Party (2003) : Chanson "inédite" de l'album "Up 2 Di Time", Badman Party illustre la complicité avec Don Corleon, son producteur favori de l'époque. Il en fera une suite, Badman Party 2, sur son deuxième album, "JMT".




Pussy Jaw (Mad Ants riddim, 2003) : Vybz Kartel débite ses rimes crues à toute vitesse sur Pussy Jaw, pure chanson slackness dont on n'ose reproduire les paroles.




Picture This (Blackout riddim, 2004) : Le Blackout riddim offre à Kartel deux titres sur ses sujets favoris : les femmes (Picture This) et les flingues (Real Deal).




Faggot Correction (Stepz riddim, 2004) : Derrière ce titre homophobe se cache en fait une diatribe contre Spragga Benz, qui a eu le malheur de prêter main-forte à Assassin (l'un de ses artistes du Red Square crew) dans son clash contre Kartel. Un modèle du genre.




Emergency (Siren riddim - 2005) : Sur l'hypnotique riddim produit par Patrick "Roach" Samuels, Kartel balaye la fausse rivalité politique du bipartisme (« Two party, but ah de same sad song dem a play ») et interpelle les politiciens sur la situation d'urgence des ghettos.




We A Kill We (2006) : Titre inédit enregistré pour le documentaire "Made In Jamaica", réalisé par Jérôme Laperrousaz, We A Kill We est sans ambiguïté. « On s'entretue, c'est pas les autres, je n'ai jamais vu un flingue tirer tout seul » avant de pointer les politiques du doigt : « Ils créent les bidonvilles et importent les armes. L'argent et la drogue sont les parents du crime ».




Broad Day Light (Daybreak riddim, 2008) : En plein clash Gaza / Alliance, Mavado et Vybz Kartel se lâchent tous les deux sur le riddim de Stephen McGregor. Kartel se vante de "tuer les gens en plein jour". Et puis il y a cette phrase : « Dem charge mi fi murder / Mi go through di court door glad. »




Million by a morning (2008) : "Badness stop work / Money up to di time like clockwork" : le crime ne paie plus pour Vybz Kartel qui renvoie ses flingues à Smith & Wesson et se concentre sur les affaires.




Trailer load a money (2008) : Sur un riddim de Chimney Records, le titre fait référence au hit de Shabba Ranks (Trailer load a girls), détourné pour une nouvelle célébration de l'argent : « Mi no born rich / But mi nah dead poor (…) Get rich or die tryin. »




Life Sweet (2008) : La vie sourit à Vybz Kartel. Echo des chansons précédentes qui le voient célébrer son argent, Life Sweet est un peu la chanson de l'accomplissement. Kartel n'a plus rien à prouver.




Mr. Broadcast Commission (My Music), 2009 : Quand la Broadcast Commission (l'équivalent du CSA) dresse une liste de chansons bannies des ondes, Kartel défend sa musique et réplique en clouant au pilori la JBC, sans proférer la moindre insulte.




Mr Officer (Triple Bounce riddim, 2009) : Alors que le dancehall ambiant est bien pauvre en cette année 2009, Kartel pose un texte brillant de critique sociale sur fond de ganja tune.




Me Talk With Gunshot (Collie Monster riddim, 2009) : Sur ce terrible riddim produit par le Danois Pharfar, Kartel en guerre contre Mavado se vante de faire parler ses flingues avant lui. On s'amusera à trouver une phrase quasi-prémonitoire : « Menace ma vie je te tuerai sans regret / Avant d'être enterré, j'irai en prison pour 30 ans. » Raté : c'est 35 ans.




The Lyricist (2011) : Alors qu'il semblait s'être perdu dans son trip de chanteur et de mélodies autotunées, Vybz Kartel rappelle opportunément qu'il reste LE parolier de la scène jamaïcaine.




Article écrit par la rédaction

Tags : Vybz Kartel (227), Ninjaman (29), Mavado (170), Stephen McGregor (8), Don Corleon (29)

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Date de mise en ligne : 15/05/2014
Vybz Kartel, la chute d'un Empire

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Tres bon article , j ai trouver la plupart des reponses que je cherchais. Mais , c est dommage qu on ne parle pas assez de ses soucis judiciaires .

J'aime Cette Article Merci

TRE BIEN

La montée fulgurante et le crash d'un artiste hors norme. On peut adorer ou destester, mais on ne peut pas rester sans réaction face à Kartel. Dommage qu'il n'ai pas pu appliquer un peu plus son "message conscient" dans sa vie personnelle qui semble refleter plutôt son message gangster et slackness.

bad bad bad

très bon article

En effet, très bon article mais je n'aime pas le dancehall (parôles nul à chier, attitudes pourries etc...), plus provhe du milieu du hip-hop. Très loin de l'esprit rasta

Excellent article qui met bien les choses au clair , merci !

Très bon article. Merci

Bon article cependant je crois que "don' run' et "last man standing" sont le même son. Sinon, oui le dancehall est en prison malheureusement...

Super article bourré d'infos, c'est fou comme ce mec s'est perdu

Joli boulot.

Bravo, super article

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