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Date de mise en ligne : lundi 31 mai 2004 - 18 064 vues


Kingston – Roubaix, French Connection



La culture jamaïcaine troque ses chauds tropiques pour la grisaille nordique. Direction : Roubaix. C’est pourtant sous un beau soleil que La Condition Publique, fraîchement remise à neuf, s’ouvre aux visiteurs. Née en 1902 et destinée au conditionnement de la laine et des soies, ce qui lui donnera son nom, le bâtiment était inutilisé depuis 1998. L’ambitieux projet I-LAND va lui redonner vie. Elle accueillera pendant deux mois de multiples expositions, conférences et concerts.

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C'est d'abord la cuisine jamaïcaine dont le public se délecte sur la place Faidherbe, transformée en restaurant permanent i-tal. Des odeurs de rice & peas et de poisson vapeur flottent dans l'air, tandis que les techniciens s'activent sur la scène où se produira Rico Rodriguez dans la soirée, peaufinant les balances avec de retentissants « Jah ». Si l'on est frappé par le projet, vaste et ambitieux, on l'est tout autant par le public, venu nombreux et… en famille. Loin de n'attirer que les amateurs de reggae, La Condition Publique se remplit d'un public bigarré, où les poussettes se mêlent au dreadlocks. Plus de 1500 visiteurs sont venus, curieux, assister à l'ouverture de la saison jamaïcaine.


« C'est ici le paradis »

L'artère principale du bâtiment, baptisée Kingston Street pour l'occasion, se remplit peu à peu. Les organisateurs ont voulu y reproduire l'ambiance d'une rue jamaïcaine, faisant notamment appel à l'artiste Bones. Ce jeune peintre, qui a recouvert les murs de Trenchtown et des studios, s'est fait le spécialiste de fresques représentant les icônes du reggae. Invité permanent, il a carte blanche pour décorer Kingston Street.

De la rue couverte, on accède aux différentes expositions. La première qui s'offre à nous, C'est ici le Paradis, réjouira les amateurs de botanique. Une large collection de plantes est réunie sous la splendide verrière multicolore. Ackee, gingembre, choyote, patate douce, igname et taro : autant de plantes exotiques superbement mises en valeur.

De l'autre côté de Kingston Street, Rastafarian Art attire ses premiers visiteurs. A l'intérieur est exposée une quarantaine d'objets allant du tableau au réservoir de moto, réunis par Wolgang Bender, ethnologue touche à tout. L'histoire veut que c'est en voyant le film Rockers et la moto de Leeroy Wallace que l'idée lui serait venue. Propriétaire de l'une des plus importantes collections, c'est seulement une petite partie, forcément frustrante, qui s'offre à nous ici, recelant toutefois quelques superbes tableaux.


Mais pour tout amateur de reggae, le passage obligé se trouve un peu plus loin. Payante, l'exposition Island Revolution : Jamaican Rythm From Ska to Reggae, 1956-1981 est un must. Réunissant objets d'époque, photographies, documents vidéo et sonores, bornes interactives et textes explicatifs, c'est un véritable voyage aux sources du reggae auquel on est invité. Marley bien sûr, mais aussi Studio One, Randy's, l'Alpha Boy School… On passe ainsi, éberlué, de découvertes en hallucinations : on s'arrête devant la table de mixage de King Tubby, la basse de Lloyd Brevett (1956), les percussions de Count Ossie ou les enceintes de Lloyd Matador Doley (1957). On sourit en connaisseur devant l'étonnement des visiteurs qui découvrent les vinyles exposés, leurs étiquettes arrachées. Une borne interactive permet, au gré des rues de Kingston, de découvrir les hauts-lieux musicaux de la capitale, documents vidéos et/ou sonores à l'appui.



Les oreilles à Kingston

En fin d'après-midi, la foule se presse autour de la scène montée sur la place Faidherbe. Gotham CT, formation française délivrant un ska festif et enlevé, précède Rico Rodriguez. Le célèbre tromboniste, élève de Don Drummond, joue devant une place comble, avant que l'arrière de la scène ne se transforme en écran géant, accueillant la projection de James Bond contre Dr No, premier film tourné en Jamaïque. Le public, resté nombreux, patiente avant l'ouverture de la soirée payante ; des sifflets d'admiration accompagnent l'apparition d'Ursula Andress.

Les portes de La Condition Publique s'ouvre, laissant passer les possesseurs des précieuses places pour la soirée qui durera jusqu'à 6h du matin. Pour beaucoup, les choses sérieuses commencent maintenant : King Stitt, premier artiste de Studio One, chauffe la salle avec son mix si particulier, éreintant chacun de ses vinyles. Viennent ensuite Turbulence, Jah Mason et Junior Kelly qui tour à tour enflamment la scène. C'est enfin King Jammy et sa cohorte de deejays (Anthony Malvo, Admiral Bailey, Little Twitch, King Everald…) qui prennent le relais et concluent la soirée. A l'aube, on sort étourdi, la tête et les oreilles à Kingston. La saison jamaïcaine vient de commencer.




Article écrit par Sébastien Jobart,
Le 31 mai 2004

Tags : Turbulence (70), Jah Mason (72), Junior Kelly (61), Historique (17)

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Réactions

Date de mise en ligne : 31/05/2004

4 réactions
Appréciation générale :

il est bien il tue

Ben, moi j'y suis allé faire un tour, et franchement, big up l'expo, paske elle est trop bien faite, ni trop longue ni trop courte, avec de bons commentaires de U-Man -il me semble-.Ca retrace bien l'histoire du reggae, des bons extraits sonores, alternant recits, images, sons, matos d'epoque !! De la grosse balle.Pour les fanas et les neophytes ;)

yes mais c'est super bon !!!
je crois qu'ils changent chaque jour le menu, et comme il y a pas mal de monde, ils ont du préféré faire un plat unique (mais excellent) plutot que de faire de la quantité....

il y a une seule recette ital sur la carte des menus. pas plus. et encore faut tomber les bon jours.
et BOnes est rentré chez lui depuis longtimes maintenant ..


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