Cela fait un petit moment que Dub Inc arpente les scènes des festivals européens. Depuis la création du groupe en 1997, on ne compte plus les dates du band, aujourd’hui suivis par un large public. Après les succès des opus précédents, leur troisième album "Afrikya", apparaissait comme un nouveau défi pour un groupe qui ne rentre en studio qu’une poignée de semaines tous les deux-trois ans. La démarche musicale de Dub Inc, riche et ouverte, n’a pas changé. Loin d’être un groupe strictement reggae, la formation intègre avec gourmandise des sonorités multiples : ragga (Tiens bon, Jump up), raï (Djamila), folk (SDF), ou africaine, plus prégnante encore que sur les derniers opus à l'image de Do Sissi. Ce dernier titre, très réussi, lorgne l’Afrobeat, la rythmique popularisée par Fella et son batteur Tony Allen. Le titre reflète ce qu’il y a de plus réussi dans le disque : une approche décomplexée, où la musique est vibrante, vivante et affranchie des formats en vigueur.
Pour le meilleur, Dub Inc creuse la brèche ouverte par les Négresses Vertes et élargie par l’Orchestre National de Barbès. Les musiques du monde se côtoient avec bonheur sur un album taillé sur mesure pour la scène. Si l’on trouvera toujours quelque chose à redire sur les textes, une chose est sûre, l’ambiance est à la fête. C’est finalement du côté des titres reggae (Métissage, Même si ou Day After Day) qu’on s’enthousiasme moins. Et si c’était hors de tout ancrage reggae que se trouvait le futur de Dub Inc ? On se prend soudain à rêver que le groupe l’abandonne pour voguer librement sur l’océan de la sono mondiale.



