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Archive 1999-2016 Reggaefrance n'est plus mis à jour depuis 2016
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Pochette de l'album Inner Exile de LEE EVERTON

Chronique · par Smaël Bouaici

Lee Everton

Inner Exile

C'est une posture connue. Ben Harper ou Patrice s'étaient déjà inspirés de la vision de Bob Marley chantant « Rédemption Song », moment où il devient une sorte de Dylan noir, avec une protest-song d'anthologie. Lee Everton a aussi adopté cette attitude. Couvre chef et barbichette, il donne l'impression d'un jeune sage chantant ses complaintes sur le monde à la gratte acoustique. Il paraît que ça plait beaucoup aux filles. Mais du coup, ces chanteurs passent parfois pour faire du reggae de plage.

Difficile pourtant de ranger le Suisse dans cette catégorie. Il est quand même parti prendre la vibe à Kingston pendant un an à la Jamaican School of music, avant d'évoluer comme musicien de studio à New-York, aux côtés d'Alicia Keys ou Kanye West. Alors évidemment, il ne s'agit pas ici de roots. Avec un tel background, son reggae prend forcément une teinte bien pop. Everton lui a même donné un nom, le « Slingstyle Rhythm », peut-être pour aguicher les programmateurs radio.

Il n'y a pourtant pas grand-chose de nouveau dans la musique de Lee Everton, qui mélange des influences soul pour la voix, un peu de blues pour le groove, des skanks pour le rythme, et toujours cette guitare au fond, en solo « mellow ». Les morceaux sont bien garnis niveau orchestration et les arrangements bien ficelés. Tout n'est donc pas « Sugar sugar, honey honey » . Même si les chansons de Lee Everton ne transporteront personne dans l'espace, on est bien obligés de reconnaître qu'il est efficace.

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