« Gideon Boot does'nt fit ! » (les bottes de l'Armageddon ne vont pas !) : ainsi titrait, sous la plume frontale de son reporter Roland Henry, le quotidien Jamaican Observer, le 2 mai dernier, quelques jours après la sortie de "Gideon Boot", le quatrième opus de Richie Spice, sorti chez VP Records. Le critique, déçu et visiblement plus désabusé que lancé dans une diatribe anti-Spice, regrettait le manque de robustesse, qualifiant l'album de "franchement moyen".
Il faut dire que "Gideon Boot" était attendu à plus d’un titre. D’abord parce qu’il faisait suite à "In the streets to Africa" (déjà chez VP), l’album référence de Spice, véritable mine d’or (Brown Skin, Open the Door, Youth dem cold…). Ensuite, parce que les récents singles (« Ah no me dat » sur le 83 riddim, « Lynch and Pinch » sur le Bed Rock…) du chanteur confirmaient, d’une part son talent énorme, d’autre part son inspiration du moment. Enfin, parce que le nom de l’incontournable Bobby « Digital » Dixon venait se glisser sous 12 des 14 titres du tracklist.
"Gideon Boot" n’est ni bon, ni mauvais. Il fait partie de ces albums qui laissent sur sa faim. On l’écoute tout de même d’une traite, le flow si atypique de Richie Spice et la qualité de la production maintenant l’ensemble au-dessus de la ligne de flottaison. Plusieurs titres, à commencer par l’éponyme et militant Gideon Boot, viennent rassurer un auditeur quelque peu blasé par le manque d’énergie ambiant. Le terrible The World is a Cycle (moins mystique que la version originale, sur le Guardian angel riddim) et l’enchaînement World Crisis – Why relèvent également le niveau d’un "Gideon Boot" qu’on attendait plus percutant.



