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Album: VARIOUS ARTISTS - Rocksteady, the roots of reggae

VARIOUS ARTISTS

Rocksteady, the roots of reggae



Date de sortie :
08/12/2010

Label :
Mk2


CHRONIQUE


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Chronique écrite par Sébastien Jobart
le vendredi 10 décembre 2010 - 8 230 vues


Sur fond d’images d'archives, les premières notes de People rocksteady retentissent, avant que l’on découvre son auteur, Leroy Sibbles, en studio. Autour de lui, les Tamlins aux choeurs, Ernest Ranglin à la guitare, Gladstone Anderson au piano… quand soudain, un portable sonne. Nous sommes en 2009, et ces acteurs du rocksteady ne sont pas réunis par hasard. "Rocksteady, the roots of reggae" est un peu un Buena Vista Social Club en Jamaïque, ou quand les légendes du rocksteady se réunissent dans les studios de Tuff Gong pour y réenregistrer les plus grands succès du genre et donner un grand concert à Kingston.

Stranger Cole nous sert de guide dans ce voyage d'antan, aux sources du reggae. Sly Dunbar l’affirme sans ambages : « Le rocksteady est la mère du reggae. » Il faut remonter aux années 60 pour le voir naître. Du calypso et du mento émerge le ska et son rythme rapide, une musique populaire, la bande-son de l'indépendance de l'île en 1962. Le rythme se ralentit à partir de 1965, et se transformera finalement en reggae à l’aube des 70’s. Hopeton Lewis, aujourd’hui chanteur de gospel aux USA, fut l'un des premiers artistes à ralentir le rythme sur Take it easy en 1966. Il a son explication : « J'ai essayé d’enregistrer sur un rythme ska, mais je ne pouvais pas suivre, c'était trop rapide pour moi ».

Retrouvailles
Réunis près de quarante après leurs faits d’armes, les légendes tombent dans les bras l’une de l’autre. « Ca me fait tellement plaisir de voir tous ces musiciens dont certains que je n'ai pas vu depuis 40 ans. C'est formidable », confie Ernest Ranglin, interviewé par Richie B. De fait l’émotion est palpable. « Cette réunion a beaucoup d'importance pour moi et tous mes collègues, explique Stranger Cole, parce que c'est une sorte de renouveau, d'une chose disparue qui revient maintenant. C'est ce que ça veut dire pour moi, une musique toute neuve encore une fois. »

On est ainsi le témoin de belles retrouvailles, à l’image de Judy Mowatt et Marcia Griffiths qui se remémorent leurs débuts, ou quand Marcia, arrivant au studio pour y réenregistrer The Tide is High tombe sur le guitariste Hux Brown, membre des Jets de Lynn Taitt (autre bâtisseur du genre), celui-là même qui jouait sur Young Gifted a Black, son tube avec Bob Andy enregistré en 1970.

Un passage par l’Alpha Boys School (célèbre école fondée il y a plus de 100 ans dont est sortie la crème des musiciens de l'île), une parenthèse rasta avec la visite d’Hailé Sélassié en 1966, Dawn Penn et son hit No No No en 1967 (dont elle avoue ne toujours pas comprendre le succès)… on remonte ainsi le fil du temps, au gré des classiques, plongeant dans une époque aujourd’hui révolue.

Rudies don’t fear
« Cette époque était romantique. Nous chantions des chansons d'amour, se rappelle Marcia Griffiths. Il n'y avait pas de violence, c''était une époque où les gens s'amusaient ». Mais la violence ne tarde pas à s’installer, surtout à Kingston. Fin 60, un exode rural pousse des dizaines de milliers de personnes à s’installer dans la capitale, allant s’entasser dans les shanty towns, les bidonvilles comme Trench Town, que l’on traverse avec Rita Marley. Sans travail pour tous, c’est le début du phénomène des rudies, ces gangs qui écument Kingston et qui inspireront à Derrick Morgan son hit Tougher than Tough (1966).

L’occasion d’une belle séquence entre le prince du ska, aujourd’hui aveugle, interviewé au Palace Theatre, théâtre en plein air où il débuta sa carrière « en imitant Little Richard ». Skully "Zoot" Sims, lui aussi non-voyant, l'interpelle de puis la scène, l’invitant à "jammer" avec lui. Morgan rigole : « Comment me vois-tu ? » Puis, montant sur scène, il lui lance dans un éclat de rire : « J'entends dire que tu veux surpasser Derrick Morgan en étant plus aveugle que moi ? ».

Espoir et diaspora
Leroy Sibbles tient à la dimension consciente du rocksteady : "Nous avions beaucoup de chansons d'amour, mais pas seulement. Parce que nous étions concernés par notre condition et le degré de souffrance qui nous entourait. Nous voyions la détresse des pauvres puisque nous l'étions aussi, explique-t-il après une version acoustique de Equal Rights. Stranger Cole renchérit : « The Tide is High but I'm holding on n'est pas seulement une chanson d'amour, mais c'est aussi le reflet de notre vie. C'est un chant d'espoir universel ».

Comme de nombreux Jamaïcains, ils seront plusieurs artistes rocksteady à quitter l’île, à commencer par Lynn Taitt qui s’exile au Canada, et dont on regrette l’absence du documentaire (tout juste l’aperçoit-on dans les bonus sur la scène du Festival International de Jazz de Montréal, où se produit la troupe Rocksteady en 2009. Il disparaitra en janvier 2010). Stranger Cole lui aussi est parti au Canada, où il devient opérateur de machine. Le mot de la fin lui appartient : « Nous étions pauvres, nous venions de milieux modestes et d'une petite île. Mais cela ne nous a pas découragés. Nous avons créé une musique qui continuera à inspirer et remonter le moral ».

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