C'était annoncé comme le projet de la rentrée : Mick Jagger, Joss Stone, Dave Stewart, Damian Marley et A.R. Rahman (le compositeur de la BO de Slumdog Millionnaire) se réunissaient en studio pour un projet modestement baptisé Superheavy. Il faut dire qu'il y avait de quoi créer l'événement : 50 ans après les Rolling Stones, Superheavy est le nouveau groupe de Mick Jagger.
"C'est différent de tout ce dans quoi j'ai pu m'impliquer", expliquait Sir Jagger au magazine Rolling Stone. C'est Dave Stewart (Eurythmics), qui possède une résidence sur les hauteurs de St Ann's Bay en Jamaïque, qui aurait initié cette aventure, proposant à Mick Jagger une fusion des genres. Ces deux-là ne sont pas complètement étranger au reggae : le premier a travaillé avec Jimmy Cliff, le second avec Peter Tosh.
Un casting cinq étoiles (complété par Shiah Coore – le fils de Cat Coore - à la basse et Courtney Diedrick à la batterie), le genre de belles promesses sur le papier… Mais les premiers extraits laissaient dubitatif. Impression confirmée par le premier single, Miracle Worker, un reggae ultra light. En les découvrant en studio, on comprend que tous, Joss Stone et Mick Jagger (plus cabot que jamais) en tête, avaient l'air de beaucoup s'amuser - l'auditeur, franchement moins.
Non pas que le résultat soit inaudible, mais il ressemble plus à une addition de stars qu'à une vraie complémentarité artistique. Si le reggae cimente autant que possible l'album, les styles et les intentions s'entrechoquent. Au milieu de cette cacophonie, Damian Marley, pourtant exemplaire sur le crossover reggae/hip-hop de "Distant Relatives" avec Nas, paraît bien perdu, et l'on a bien du mal à dégager un vrai hit de ces seize titres. Pop, rock, reggae, électro et musique indienne : la recette particulièrement chargée se révèle finalement sans grande saveur, quand elle n'est pas indigeste. C'est souvent le cas quand trop de chefs se bousculent en cuisine.





