Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas entendu Macka B. Après seulement quatre albums en 10 ans, il revient avec ce" Word, Sound & Power" produit par Tony "Ruff Cutt" Phillips pour Jet Star. De quoi le remettre définitivement en selle.
Soyons honnête, Macka B n'a jamais été particulièrement prolifique en studio. Accompagné par Mad Professor, le deejay vétéran a alterné le bon et le moins bon : des riddims peu inspirés et une sonorité trop digitale donnaient à ses albums un parfum d'inachevé. De sa carrière entamée en 1986 avec "Signs of Time", on retient surtout son live "Roots Ragga" enregistré en 1992 lors d'une tournée mondiale qui démontre le talent de showman du deejay. L'arrivée de ce nouvel album laissait donc un peu dubitatif, même si le nom de Tony Philips est un gage de qualité sonore. Des craintes vite balayée : Macka B revient en grande forme, avec des productions à la hauteur de son talent.
Textes travaillés et intelligents
« Ne sous-estimez pas le pouvoir des mots » annonce le deejay dans le morceau d'ouverture. Ses textes, immédiatement identifiables, n'ont pas changé : mélange de didactisme et d'humour, ils font toujours mouche. Sa qualité d'écriture lui a permis de revendiquer le statut de commentateur social voire politique. Comme par exemple sur le grave Whe Dem Deh avec Freddie McGregor (malheureusement trop en retrait) qui revient sur le mensonge des armes de destruction massive irakiennes. « Je me souviens de ces jours-là, s'exclame Macka B sur le nostalgique Those Days. Je ne peux pas croire que c’était il y a si peu de temps, regarde à quelle vitesse on est allé sur le mauvais chemin. » Macka B combat le racisme au quotidien dans Racism, et aborde le thème de la ganja sous l’angle féminin avec Ganja Ladies. Jamaican est pour lui l’occasion de réclamer la reconnaissance du patois comme langue officielle en Jamaïque. Avec toujours des textes travaillés et intelligents, servis par un toast unique. De leur côté, Step Up et Hail Up sauront faire danser les gens.
Citons également l’hilarant délire de fin d’album : Deep Bass Voice. Macka B en Barry White ? Le deejay nous prouve qu’il a encore de la ressource pour nous surprendre. "Word Sound & Power" est un album complet et homogène. Même si dix-huit titres cachent forcément quelques faiblesses, matérialisées ici par le répétitif Children Children à la mélodie limitée, ou encore Musical Liberation qui, malgré la voix intéressante de The Hunta, souffre des mêmes maux. Rien de grave. Réjouissons-nous : Macka B est de retour.



