En 2003, un groupe du Marais Poitevin crée une surprise de taille avec son premier album "Sweet Lane" qui, loin des Sinsémilia, Tryo, Kana etc… s'est efforcé de retrouver l’essence du son jamaïcain. Avec Livin’Soul, la France peut se vanter de produire du reggae "plus jamaïcain que celui des Jamaïcains".
Avec "Sweet Lane", on avait découvert un groupe au talent prometteur empruntant aux fondations : mento, rhythm'n'blues, ska, rocksteady et roots. Cette fois, Livin'Soul signe un album plus reggae et abouti. La biographie officielle indique que « Livin’ Soul a entamé l'ascension de la montagne reggae par sa face Marley ». Non seulement l'influence est évidente mais le groupe parvient à recréer l'ambiance Wailers. Avec une formation et un matériel choisi, le résultat est saisissant. L'album s'ouvre sur Back Out et le ton est donné avec une flûte à la Bend Down Low que l'on croise tout au long de l'album. La présence de la guitare rock solo est elle aussi récurrente. Avec Hey, on s'enfonce plus profondément dans le roots. La composition est d'une subtilité rare et joue avec les alternances de tonalités majeures et mineures. On découvre aussi une section à deux sax délicieuse et des chœurs masculins rappelant forcément les Wailers.
L'ombre de Bob
The Gladiators auraient pu interpréter "Hot Swing", la ressemblance dans l'écriture du chant lead est frappante. Sa voix se rapproche parfois de celle de Harrison Stafford (Groundation) mais peut aussi bien évoquer Albert Griffiths, Israel Vibration, Stanley Beckford ou Justin Hinds. Avec Cool Down ressort l'influence soul-funk. La ligne de basse est quasi-empruntée aux JB's tout en gardant des arrangements jamaïcains. L'intro de Pray Time pourrait sortir de chez Wackies quant à Mango, Duke Reid l'aurait sans doute signée.
Les influences des cinq membres du groupe sont nombreuses mais c'est l'ombre de Bob qui plane. On trouve deux ballades voix et guitare acoustique. Cesko, qui conclut l'album s'inspire des This Train ou I'm Hurting Inside de Bob Marley. Livin'Soul affiche des influences précises mais en aucun cas on ne pourrait crier au plagiat. Ce bien-nommé "As A Spring" fait revoir à chacun son jugement sur le reggae français. Un album authentique qui rend hommage à la musique jamaïcaine, marqué par une identité forte. Une réussite indéniable.



