Il n'aura pas fallu beaucoup de temps à Naâman pour imposer son nom dans la scène reggae française. En l'espace de deux ans, il a suivi une trajectoire ascendante, de Dieppe jusqu'à Kingston où il a enregistré son premier album, "Deep Rockers Back A Yard". Retour sur son baptême jamaïcain.
Son ticket pour la Jamaïque, Naâman l'a obtenu grâce au succès de la mixtape "Deep Rockers", réalisée par Fatbabs et sortie en mars 2012. Un cocktail efficace de reggae vitaminé au hip-hop qui a rapidement trouvé son public et qui lui a ouvert les portes du studio Harry J à Kingston, où il a enregistré son premier album. "J'ai eu pour la première fois un peu d'argent grâce à la musique, nous confie Naâman, assez pour un billet d'avion direction les Iles Vierges et la Jamaïque". Pour lui, il n'est alors pas question d'enregistrer mais surtout de se ressourcer après une année 2012 bien remplie et notamment ponctuée par une apparition au Reggae Sun Ska. Apprenant son séjour dans les Caraïbes, le label français Soulbeats lui propose alors de remixer "Deep Rockers" au studio Harry J.
Pas question de rejouer "Deep Rockers" sans Fatbabs, qui le rejoint à Kingston : "Le projet a vraiment été réalisé autour de son travail sur le premier opus. Le but était de conserver ce côté hip-hop tout en le faisant rejouer par des musiciens.". Sont convoqués Sly Dunbar, Axeman (basse) ou Dalton Browne (guitare) pour participer à l'enregistrement. "C'était une expérience de dingue. J’ai trouvé ça fou d’être à leurs côtés du jour au lendemain. Sly était très emballé par le projet, ainsi qu’Axeman. Sur certains des riddims de Fatbabs, c’était déjà Sly qui jouait sur le sample !"
"J’ai retrouvé confiance en mes idées"
Back A Yard offre ainsi une relecture à la jamaicaine de certains des titres de "Deep Rockers" : l'emblématique Skanking Shoes, le planant Smoke Tricks, mais aussi Freedom, Madness, Rockers, et Frontline. On découvre aussi quatre titres inédits : House of Love, Badman Beware, l'efficace Rebel for Life avec Cutty Ranks, One Day…
Avec l'ingénieur du son Stephen Stewart et Sam Clayton commence donc le travail en studio. L'objectf : conserver une sonorité aussi proche que possible de "Deep Rockers", avec "une touche jamaïcaine". "C’était drôle d’arriver là sans rien savoir sur eux, sur le studio. Ça nous a évité d’être intimidés ou trop confiant. La communication entre nos deux générations n’a pas été aussi fructueuse que nous l’aurions souhaité, mais ils ont fait un travail extraordinaire sur certains titres."
De retour en France, les retours du studio ne satisfont pas vraiment Naâman et Fatbabs qui se remettent au travail. J’ai réenregistré 6 morceaux, nous avons enregistré tous les cuivres ainsi que les chœurs en France. "Deep Rockers Back a Yard" est une réelle collaboration jamaïco-francaise ! Et un beau défi…"
Ce baptême jamaïcain, avec ses enregistrements live, a aussi été une école intensive, et une étape artistique importante. "Cela m'a donné confiance en mes goûts, en mes décisions et en mes textes. J’ai énormément appris sur la musique grâce à Stephen Stewart et son équipe. J’ai retrouvé confiance en mes idées : je suis bien plus actif dans la composition depuis mon retour".
"Deep Rockers Back A Yard" sera disponible le 4 juin 2013 sur le label Soulbeats.
Naâman est également en tournée à l'occasion de la sortie de l'album.

Pas question de rejouer "Deep Rockers" sans Fatbabs, qui le rejoint à Kingston : "Le projet a vraiment été réalisé autour de son travail sur le premier opus. Le but était de conserver ce côté hip-hop tout en le faisant rejouer par des musiciens.". Sont convoqués Sly Dunbar, Axeman (basse) ou Dalton Browne (guitare) pour participer à l'enregistrement. "C'était une expérience de dingue. J’ai trouvé ça fou d’être à leurs côtés du jour au lendemain. Sly était très emballé par le projet, ainsi qu’Axeman. Sur certains des riddims de Fatbabs, c’était déjà Sly qui jouait sur le sample !"
"J’ai retrouvé confiance en mes idées"Back A Yard offre ainsi une relecture à la jamaicaine de certains des titres de "Deep Rockers" : l'emblématique Skanking Shoes, le planant Smoke Tricks, mais aussi Freedom, Madness, Rockers, et Frontline. On découvre aussi quatre titres inédits : House of Love, Badman Beware, l'efficace Rebel for Life avec Cutty Ranks, One Day…
Avec l'ingénieur du son Stephen Stewart et Sam Clayton commence donc le travail en studio. L'objectf : conserver une sonorité aussi proche que possible de "Deep Rockers", avec "une touche jamaïcaine". "C’était drôle d’arriver là sans rien savoir sur eux, sur le studio. Ça nous a évité d’être intimidés ou trop confiant. La communication entre nos deux générations n’a pas été aussi fructueuse que nous l’aurions souhaité, mais ils ont fait un travail extraordinaire sur certains titres."
De retour en France, les retours du studio ne satisfont pas vraiment Naâman et Fatbabs qui se remettent au travail. J’ai réenregistré 6 morceaux, nous avons enregistré tous les cuivres ainsi que les chœurs en France. "Deep Rockers Back a Yard" est une réelle collaboration jamaïco-francaise ! Et un beau défi…"
Ce baptême jamaïcain, avec ses enregistrements live, a aussi été une école intensive, et une étape artistique importante. "Cela m'a donné confiance en mes goûts, en mes décisions et en mes textes. J’ai énormément appris sur la musique grâce à Stephen Stewart et son équipe. J’ai retrouvé confiance en mes idées : je suis bien plus actif dans la composition depuis mon retour".
"Deep Rockers Back A Yard" sera disponible le 4 juin 2013 sur le label Soulbeats. Naâman est également en tournée à l'occasion de la sortie de l'album.

Article écrit par Sébastien Jobart
Réactions (12)
Brice · · note : 5 sur 5
Mais je trouve qu’il n’y a pas besoin de comparaison avec Naâman car on est dans deux trips différents. Après, ça dépend effectivement des goûts et du moment...
Naâman vient du Sound system. Quand on va picorer sur la toile, on le retrouve à ses débuts… 16/17 ans, tout jeunot avec ses copains, placer le premiers flow sur des riddims « vinylés » dans des caves ou des bars en recherche de connexion avec les « roots Jamaïcains» des années 60/70.
Ces Rockers jamaïcains qui exprimaient les «spirits émotions» de leurs joies et blessures en créant leurs sons positifs sur support de vinyles posés sur de vieux « tourne-disques », de baffles (pourries) et d’herbe (de qualité). Il y avait là, le partage fraternel de la vraie recherche du bonheur, de l’espoir et vision positif du futur en connexion à Jah (important). Je trouve qu’on relie aussi ça aux désespoirs des chants des premiers bluesmen et des expressions « créative live » des jazzmen. Peu importe le flacon, pourvu qu'on ai l'ivresse…
De plus, il faut que tu saches que Naâman a un groupe (Young kha) avec lequel il tourne depuis 1 ou 2 ans. Je les ai vus une fois sur scène à sur la côte ouest cet été avec d’autres créations totalement originales et c’est dans la même veine avec une présence incroyable de Naâman avec son public et une belle complicité avec ses musiciens qui le suivent dans ses mouvements au flow et à l’œil. Ils nous remettent ça tout l’été avec un passage au Garance.
Pour info, j’ai eu la possibilité d’écouter la semaine dernière la maquette de l’album "Deep Rockers - Back a yard" qui sort bientôt par un pote animateur sur une radio.
D’après ce que j’ai compris, le concept était de conclure la période de leur EP de 2012 « Deep Rockers ». Naâman avec Fatbabs sont allés enregistrer leur premier album en Jamaïque avec des vieux musiciens jamaïcains et ainsi glorifier cette musique et rendre hommage aux créateurs des « oldies riddims ».
Et bien moi, je te dis : C’est une bombe qui nous arrive avec des vrais et « lourds » musiciens !!! Grosse énergie avec une putain et belle fragilité émotionnelle de Naâman. Ça s’écoute évidement avec les tripes mais attention, très important : aussi avec le cœur. Moi, j’ai eu la surprise de ressentir de fortes et profondes émotions. Ce type a une blessure à l’âme qui vient de quelque part, ce n’est pas possible autrement.
OpenTheDoor · · note : 5 sur 5
jahidrten · · note : 3 sur 5
Tu vois pour moi, c'est clair, Naaman et Fatbabs, ont travaillé le sample avec simplicité , sans complication, en visant la justesse et l'efficacité. Et c'est le plus difficile à atteindre en connaissance de cause. Voilà une première couche de leur talent car ça marche avec le peu de moyen technique qu'ils avaient. Il y a une putain de rondeur comme un moteur parfaitement réglé, et, désolé jahidren, mais ça embarque toute la salle à chaque fois ! Le flow de Naâman est créatif , bon et sans faille, avec une mélodie qui le fait vachement bien et des paroles qui claquent pile-poil. Comme son look, l'accent est ..sincère et authentique, ne cachant pas ses origines franchouillardes comme le font certains en frisant le riddim-cule (et de plus, ça évolue vite avec le temps et les voyages). Pour info, l'anglais teinté de franchouille plait beaucoup chez nos amis anglophones. L'important, c'est qu' on sent bien qu'ils ont longuement nourri l'écoute et le coeur avec des vieux roots jamaïcains et que ces gamins en sont totalement imbibés. La preuve, pour leur 1er album à venir, il a fallu qu'ils aillent traîner leur culot dans ce studio mythique Jamaïcains avec la rencontre des vieux comme Sly Dunbar. ( Lu dans un interview de Sly qui parlait de sa bonne collaboration avec un tout jeune artiste français bourré de talent: Naaman) . Et là, ce sont direct les créateurs qui tapent le tempo (ça, c'est cadeau pour toi).
Moi ce qui me troue le cul, jahidren, c'est de sentir que par Naaman et son beatmake, arrive effrontément la New Génération, armés de leur putain de talent, de codes bien à eux, qu'ils nous jettent des morceaux sacrement aboutis en venant imprimer leur respiration et leur créativité sans forcement l'envie de vouloir respecter nos pas. Ils grimpent sur la scène, bousculent nos certitudes et n'ont que foutrent de nos avis car ils sont là pour inscrire et imposer leur époque avec tout leur public générationnel qui les pistent à la trace.
Respect donc et Mille Bravo à ce Monsieur Naâman qui a le courage d'oser son grand Smile et son authenticité sans triche et sans calcul !!!
On n'a pas fini de le voir grandir et pour ceux qui savent l'entendre en tombant les préjugés, tout son grand talent et son avenir sont déjà en concentré dans sa musique et sa quête d'authenticité.
OpenTheDoor · · note : 5 sur 5
Écoutez aussi la version de Naâman histoire de pouvoir comparer ...
Franchement musicalement, il ne sont pas foulés ! Je ne critique pas le fait d'utiliser un sample ... Mais sur ce coup Fatbabs a fait une boucle de 4 mesures en samplant le riddim original qui est un véritable bijou ... Puis, en accélérant le tempo et en ajoutant un genre de "beat hip-hop" sur la batterie de Carlton Barrett ! Peut-être que c'est "efficace" ... Mais, ça ne m'empêchera de trouver ça dommage ...
jahidren · · note : 2 sur 5
lordko · · note : 3 sur 5
PeaceAndLove · · note : 5 sur 5
Slimane · · note : 5 sur 5
WhoDem · · note : 4 sur 5
Pour2vrai · · note : 5 sur 5
Slew · · note : 2 sur 5
Lydia · · note : 3 sur 5