Beenie ManDate de mise en ligne : 23/08/2004 La communauté gay Vs Reggae Stars |
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Beenie ManLes groupes gays d'Angleterre, Belgique, France, Allemagne, Pays-Bas et des Etats-Unis se sont mobilisés contre Beenie Man. Outrage!, groupe gay britannique, a compilé ses lyrics dans un dossier qui fut tout de suite transmis à la police. Suite à cela, en juin dernier, Scotland Yard interpellait Anthony Davis aka Beenie Man à l'aéroport d'Heathrow pour un interrogatoire et annulait son concert à Londres par "peur des contestations de groupes gays". Les morceaux les plus discutés sont Bad Man Chi Chi, Bad Man Nuh Inna Dat, Han Up Deh et Damn. Particulièrement les passages : "I'm dreaming of a new Jamaica come to execute all the gays" - "Hang chi chi gal wid a long piece of rope (...) Tek a bazooka and kill batty-fucker". A la fin juillet, Outrage! lance un appel anti-Beenie Man aux organisations gays internationales. L'affaire s'ébruite et Beenie Man se voit demander des excuses publiques par Virgin Records. Il les présente : "Je me suis rendu compte que certaines paroles et enregistrements que j'avais fait dans le passé pouvaient choquer ou outrer les gens dont les identités et modes de vie sont différents des miens. Mes lyrics sont personnels, je ne les écris pas avec l'intention de blesser ou calomnier. Je présente mes sincères excuses à ceux qui auraient pu être offensés, menacés ou blessés par mes chansons." Le lendemain, son manager personnel retirait les excuses en disant que Beenie Man conservait son droit de critiquer le mode de vie homosexuel. Le collectif américain Pennsylvania Lesbian and Gay Task Force (PLGTF) s'est rallié à la cause et multiplie les actions contre Beenie Man. Beenie Man retire 2 morceaux de son set La tension monte et lors de son concert à Philadelphie, son manager, assailli, promet aux militants gays que Beenie Man ne chantera aucune chanson à caractère homophobe. Beenie Man retire 2 morceaux de son set. Les actions continuent auprès des labels, promoteurs, médias et sponsors. Récemment, RJ Reynolds (le géant US du tabac) a rompu le contrat avec Beenie Man pour une tournée américaine de 14 concerts, argumentant que "la marque ne tolèrerait aucune forme de discrimination basée sur les préférences sexuelles." Beenie Man continue tant bien que mal sa carrière et vient de sortir son nouvel album "Back to Basics". Le jour de sa sortie, la Metropolitan Police, les Crown Prince Services et les avocats se réunissaient pour l'affaire des lyrics de Beenie Man. L'inspecteur chargé de l'enquête déclara : "Je n'ai l'intention de stopper la liberté d'expression de personne. En même temps, je ne voudrai pas que les préjudices soient effacés comme cela. Nous allons voir s'il y a matière à poursuite et si c'est le cas nous attaquerons en justice." L'étau se resserre L'artiste se fait très peu bavard sur le sujet alors que l'étau se resserre sur lui. Le groupe gay Outrage! a mis la pression sur Virgin Records et EMI en envoyant une lettre sous forme d'ultimatum. Ils souhaitent que Virgin organise une conférence publique filmée où Beenie Man fera des excuses explicites à la communauté lesbienne et gay pour avoir incité à la violence homophobe. Ils réclament que Virgin rachète les droits et retire toutes les copies des chansons homophobes ou bien reverse les royalties de ces chansons à des associations d'aide aux victimes d'agressions homophobes. Beenie Man ne reviendra pas comme prévu à Philadelphie en octobre, le collectif PLGTF a déjà fait annuler son concert. Peter Tatchell, leader du groupe Outrage! considère que "des musiciens comme Beenie Man devraient être limités en nombre d'apparitions publiques (…) les frapper directement à la source aiderait à leur faire abandonner leurs incitations meurtrières".
Article écrit par Maxime Nordez |
Conclusion
Date de mise en ligne : 23/08/2004
La communauté gay Vs Reggae Stars
Conclusion
| Les homosexuels fuient la Jamaïque Rappelons qu’en France, une loi "anti-homophobie" doit être votée ces prochains mois. Elle modifiera celle de 1881 sur la liberté de la presse et réprimera tous propos et messages homophobes. Du côté de la Jamaïque, la situation stagne et les sentiments homophobes semblent (comme le disait Beenie Man dans une interview de juillet dernier) faire partie de la culture caribéenne. Les homosexuels fuient la Jamaïque et s’exilent au Canada ou aux Etats-Unis. Depuis la création, en 1998, du J-Flag (Jamaican Forum for Lesbians, All-sexuals & Gays), ses membres agissent dans l’anonymat et l’adresse du bureau doit rester secrète. En juin dernier, c’est Amnesty International qui demandait au Premier ministre jamaïcain (PJ Patterson) de dénoncer publiquement les violences homophobes et d’abroger la loi anti-sodomy. Mr Patterson leur répondit qu’il ne ferait rien pour modifier cette loi. Pas étonnant que Buju Banton, Beenie Man et les autres se sentent dans leur droit, il faudra bien trouver une solution… Quelques titres incriminés par la communauté gay : Buju Banton - Boom Bye Bye Beenie Man - Damn / Bad Man Chi Chi TOK - Chi Chi Man Elephant Man - A Nuh Fi We Fault Spragga Benz - Wi Nuh Inna Dat Bounty Killer - Man ah Badman Capleton - Battyman Fi Get Boom Congo Natty - Shot a Batty Boy Admiral T - Batty Boy Dead Liens : http://www.guardian.co.uk/uk_news/story/0,3604,1284571,00.html http://www.france.qrd.org/actualites/IMG/rtf/Projet_de_loi_homophobie_sexisme.rtf http://www.sodomylaws.org/world/jamaica/jamaica.htm http://www.outrage.org.uk/briefing.asp?ID=43
Article écrit par Maxime Nordez |
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A l’heure actuelle, les organisations de défense des droits homosexuels surveillent les sorties dancehall afin de s’assurer de l’absence de discrimination. Selon le groupe J-Flag (Jamaican Forum for Lesbians, All-sexuals & Gays), la diffusion de morceau comme Boom Bye Bye a participé à la montée des crimes homophobes dans l’île. Début juin, le leader gay le plus influent de Jamaïque, Brian Williamson, était retrouvé poignardé à Kingston. La Jamaïque doit faire face à un fléau. 




