"Rise" n'était finalement qu'un coup dans l'eau. Après ce faux départ, place à "Princess Gone… The Saga Bed" qui déboule chez VP. Un album qui impressionne par sa solidité et son homogénéité, trop rare chez cette génération d'artistes. Et qui vient (oublions "Rise") combler une longue absence de Jah Mason sur albums. Un retour gagnant tant "Princess gone…" enchaîne les réussites sans faiblir. Si l'on n'évite pas quelques redites, elles ont au moins le mérite de se compter parmi les bons morceaux de Jah Mason : son étendard Princess gone et les excellents Plan out et Waiting for. Mais le meilleur est ailleurs : les titres inédits recèlent certains des morceaux du deejay les plus convaincants.
Les thèmes abordés restent sensiblement les mêmes : on retrouve chez Jah Mason cette tension entre deux pôles, d'un côté la rage des condamnations de Babylone et de son mode de vie, de l'autre la légèreté d'un refrain amoureux. Une opposition inhérente au style de Jah Mason qui, en bon élève de Capleton, alterne le chant enjôleur et le toast rauque et acéré. On connaissait déjà les capacités du deejay, et c'est surtout la qualité des riddims qui frappe. Acoustiques, très fournis, ils se révèlent particulièrement efficaces pour accueillir son débit urgent. Des basses rondes et imposantes, des riffs de guitare rageurs (comme sur Stick nor stonesoù il assène que "ni les pierres ni le bâton ne lui briseront les os"), des lignes de cuivres du meilleur effet (Get along ou Stay in my heart et leurs couplets dévastateurs) : la réussite de l'ensemble, très homogène de surcroît, est indéniable, et se constate dès l'ouverture avec Saga Bed et son mix pointu. Un coup d'œil au livret révèle le secret : on y remarque les participations de Dean Fraser (sax), Earl Chinna Smith (guitare), Leroy Wallace (batterie), ou Sticky Thompson (percussions).
Après la réussite du "Notorious" de Turbulence, VP signe une nouvelle fois un projet très soigné. Il n'y a finalement que les deux derniers titres (Real lioness et Can't control me), qui s'écartent justement de l'unité sonore affichée, et que l'on rangera du côté des anecdotes. Qu'importe, "Princess gone… Saga bed", quoique un peu court, s'avère largement indispensable.




