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Archive 1999-2016 Reggaefrance n'est plus mis à jour depuis 2016
FREN
Pochette de l'album French connection de Perfect

Chronique · par François-Xavier Rougeot

Perfect

French connection

Un an après l'éclectique "Bord Dead with Life" truffé de hits, et quelques singles alléchants (Nothing Matters Me, The Kind sur le Happiness riddim...) plus tard, le "Handcart Bwoy" signe un troisième opus à l'image de son style : déroutant.
Ce "French Connection" au tracklist fourni (17 titres), co-produit par le label autrichien Irie Vibrations Records, Sherkhan, frenchy basé en Jamaïque (et déjà à l'origine de l'excellent Hit Dem), et Chalice Palace, est un ton en-dessous de son prédécesseur, si dépaysant. Il en conserve néanmoins le caractère principal : son éclectisme, presque devenu, peut-être plus que son gimmick un brin lassant, la marque de fabrique de Greg Rose : jamais là où on l'attend.

A l'instar de Sizzla, qu'on retrouve sur le titre-phare de l'album (le single Absolute Blessings, sur le Night Nurse riddim, sorti en juillet dernier), Perfect ne cesse d'explorer les univers musicaux (en témoigne le patchwork introductif de Sherkhan), calant avec plus ou moins de justesse son timbre rauque sur des productions solides. Hip-hop nyabinghi (Judgement morning, sur le Jinal riddim), toast enragé (Bobo Special), reprise moyenne du classique Ain't No Sunshine et même rock-blues (Forget Everything, conclusion de l'album) se mêlent ainsi dans une ambiance générale plutôt trippante, à l'image du beat rap sifflotant de Son of Jamaica, où "l'enfant de Jamrock" rend hommage, entre deux medleys, à ses frères "Bob Marley, Kalonji, Usain Bolt / U-Roy, Dennis Brown and John Holt."

Expérimental, "French Connection" demeurera quoiqu'il en soit l'un des LP marquants de 2010. Parce qu'il abrite en son sein des titres clefs, dont l'incontournable 7 is the number, sur un Wharfedale riddim (produit en 2005 par Tiger Records et Sherkhan) qui a déjà fait ses preuves (Nuh Matta What Dem Say de Sizzla, Tomorrow de Chrisinti...) ou un Ruff Time (Yellow Paint riddim) qui sied à sa verve. Au rayon des featurings, plus qu'un duo avec Lutan Fyah (Mi nah cut my dread) dont on aurait aimé qu'il démarre après une intro prometteuse, on retiendra surtout les accents plaintifs de Zamunda, qui canalisent à merveille l'énergie de Perfect sur un Life surprenant.

Trois ans après son "Giddimani" initial, Perfect continue donc de tracer son chemin avec enthousiasme. Et nul doute que s'il fait mine de stopper sa course, essouflé, au terme d'un Rebel in Me dans lequel il entonne le refrain de Talkin' Bout a Revolution de Tracy Chapman, l'auteur du superbe Giddimani Questions n'a pas fini de laisser libre chant à son imagination débordante. La chance sourit aux audacieux.

Réactions des lecteurs (1)

  1. Tom · · note : 4 sur 5

    Il était temps.... Le CD est sortie en Novembre quand même. Et par ailleur il est plutot cool.

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