Du haut de ses 70 printemps, le pape des deejays signe un énième album, "Pray Fi Di People", cinq ans après la sortie de son précédent opus "Old School/New Rules". Porté par son flow si atypique – qui fait de lui l’un des pionners du talk-over, donc du hip-hop, « The Originator » se balade avec son aisance habituelle de vieux roublard sur ce tracklist pas révolutionnaire, mais plutôt homogène. Et comme souvent rafraîchissant, malgré une discographie déjà bien fournie.
Comme dans "Serious Matter" (2000) et "Now" (2001), U-Roy s’entoure de nombreux artistes pour offrir son débit rapide et « smooth » en contrepoint - seul l’éponyme Pray fi di people est chanté en solo. Tarrus Riley, Marcia Griffiths, Horace Andy, Bitty McLean, Chezidek, Harrison Stafford (le chanteur de Groundation), Tiken Jah Fakoly, Balik (Danakil), Ernest Wilson (le Cheating Girl est une franche réussite)… Le moins que l’on puisse dire, c’est que la liste des invités a de l’allure.
Les thèmes abordés par U-Roy, appuyés par une production de qualité, demeurent identiques – l’amour (Power of Love, Cheating Girl, Ebony Eyes…), la religion (Reason with Jah, avec un Horace Andy discret), la paix…, sans que cela apparaisse redondant. Le trio U-Roy – Tiken Jah Fakoly – Balik (en anglais, dioula et français) aboutit à un « Three The Hard Way » de très bonne facture, fruit de la réunion de trois continents et de trois générations. Et si les deux apparitions de Chezidek manquent un peu de coffre (on préférera néanmoins le War Question de clôture à Border Line), l’ensemble ne manque pas de relief, à l’image du sympathique Pumps and Pride élaboré avec Tarrus Riley. Quant au Where is the love ? de Marcia Griffiths, il résonne encore après l’écoute de Love Questions, l’excellent titre d’ouverture de l’album. Toujours productif, « Daddy » U-Roy… A l’image de la pochette de l’album, l'arbre, solidement enraciné, continue de porter de nouveaux fruits.
Pull up :
Love Questions
The Hard Way
Cheating Girl
Pumps and Pride



