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Archive 1999-2016 Reggaefrance n'est plus mis à jour depuis 2016
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Pochette de l'album Reincarnated de SNOOP LION

Chronique · par Benoît Georges

Snoop Lion

Reincarnated

Plus d’un an que Snoop nous faisait mariner avec son projet reggae et sa conversion rasta. Un buzz savamment orchestré, cadencé avec un film et quelques singles révélés au compte goutte dont voici maintenant le point d’orgue : la sortie d’un album qui annonce ni plus ni moins la réincarnation de Bob Marley. Surprise, le résultat n’est ni un disque de reggae et encore moins un disque rasta. En fait, "Reincarnated" n’est pas vraiment un disque de musique jamaïcaine (si l’on s’en tient à la production et aux collaborations), ni même un disque de Snoop (14 duos sur 16 titres, qu’il n’a pas écrits pour la plupart). A l’instar des Jamaïcains qui l’ont vu débarquer chez eux l’année dernière et du vétéran Bunny Wailer, on est en droit de s’interroger : Snoop Lion ou Snoop Liar ?

Pourtant, on sent un réel investissement autour de cet album et les collaborateurs de Snoop n’ont pas démérités qu’ils soient derrière la console ou le micro. C’est le principal intérêt d’un album qui aurait pu s’appeler "Snoop Dogg & friends" : des invités variés qui s’en sortent généralement mieux que Snoop, de bonnes idées, bien produites. Mais le côté jamaïcain n’est qu’un vernis et les clins d’œil distillés ça et là sous forme de patchwork ne suffisent pas à en assurer l’authenticité. Avec Diplo (Major Lazer) aux commandes, la production a touché aux différents styles de musique jamaïcaine : early digital, dub, dancehall, one drop… Citons pêle-mêle, les synthés des années 80 utilisés sur les prod Music Works (Rebel way, Here come the king), la fanfare de Tivoli (Lighters up, un des meilleurs morceaux de l’album), l’hommage au Sleng Teng (qui ne suffit pas à sauver Fruit juice) et le sample de Smoke the weed de Michael Palmer pour le titre du même nom (un bon titre d’ailleurs, surtout porté par Collie Budz).

On aurait pu penser que le rap mélodieux du Dogg se marierait bien avec le reggae et le dancehall. Sauf que Snoop a voulu chanter et toaster ! Au final difficile de juger tellement il est épaulé vocalement que ce soit par des choristes ou par ses propres invités (Angela Hunte et Jahdan Blakkamoore assurent presque tous les backings, même s’ils ne sont pas toujours crédités). Dur pour les amateurs de reggae et pour les fans de Snoop d’y trouver leur compte : hormis les morceaux qui avaient déjà fuité, pas grand-chose de mieux. Certains titres, comme Get away ou le Ashtrays and heartbreaks avec Miley Cyrus, sont même presque inécoutables.

Comme dans beaucoup de ses projets annexes au rap, Snoop n’a pas su éviter la fanfaronnade : on sent qu’il s’est fait plaisir, en dilettante, mais le plus gros du boulot a été clairement fait par d’autres. Sans parler des récentes déclarations de Snoop à l’encontre de Bunny Wailer, cette attitude risque de donner du grain à moudre à ceux qui dénonçaient une simple démarche marketing. Curieusement, la polémique ne rebondit pas beaucoup en Jamaïque, mais ne dit-on pas qu’un chien ne mord pas la main qui le nourrit ?

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Réactions des lecteurs (8)

Les 8 réactions ›
  1. The conquerer · · note : 1 sur 5

    Yes Gamel, en plus cette polémique avec Bunny est vraiment pathétique: en gros, c'est un mec qui vient du ghtetto(Eastside) qui reproche à un autre mec du ghetto (Trench Town) d'avoir une mentalité de ghettoman en cherchant à gratter de la thune ! Quand bien même ce serait le cas, diss Bunny comme le fait Snoop est juste intolérable wait & see
  2. Gamel94 · · note : 1 sur 5

    Le problème n'est pas "sa" musique puisque de toutes lui ne fait rien à aprt se pointer au studio ramasser les billets. Le problème est qu'il vient décribiliser ce qu'est RASTA ! qu'il fasse du reggae je m'en fous, mais bon vous avez compris que c'est tout sauf un rasta :) de plus il aurait pas dut se frotter à Bunny... ca va faire mal :p
  3. snoop liar · · note : 1 sur 5

    il ne s'agit pas de dénigrer tout ce qui est crossover. certains projets sont réussis, celui-là non à mon avis. Et puis, c'est triste de voir Snoop incapable de chanter, se faire mettre à l'amende par ses invités. Il aurait du faire ce qu'il sait faire : du rap mélodique sur du reggae, et ça aurait déjà été bien original. La prod est bonne ok, mais pourquoi aucun big producteur jamaïcain, et si peu de big artistes locaux ? chercher l'erreur
  4. colmax · · note : 5 sur 5

    16 titres pardons
  5. colmax · · note : 5 sur 5

    voila ce que que j'appelle une chronique qui manque clairement d'impartialité !!! Le mépris que vous éprouvez pour le personnage à complétement altéré la clairvoyance de vos oreilles visiblement... Car ce projet musical certes très crossover mais reggae avant tout est un pour moi une vraie réussite, un classique même! les 20 morceaux de cet album sont plus éclectique les uns que les autres et vraiment bien produit. Durant ces 3 derniers week end en soirée combien de mes amis m'ont dit "ca passe trop bien ca c'est qui ca!!!" En effet snoop n'est pas transcandant techniquement parlant mais il n'en fait pas des tonnes et du coup c'est très juste, les back et nombreux featurings sont ultra bien sentis les prods vraiment lourdes. Bref amateurs de bonnes vibes tchet it !!!!

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