Rita Marley couche sur papier ses sentiments, son histoire, sa vie. Racontée dans sa chronologie, cette autobiographie touchante offre un regard nouveau sur les rapports conflictuels entre Bob Marley, Rita et les Wailers, à défaut d'apporter des informations inédites.
Cette autobiographie de 240 pages n'est pas seulement l'occasion de revenir sur l'histoire des Wailers, des Soulettes, ou de l'attentat de 1976. C'est surtout le point de vue d'une femme qui a toujours été aux côtés de Bob Marley, allant jusqu'à s'effacer plus qu'aucune épouse ne l'aurait jamais accepté. Dès les premières pages, Rita s'affiche comme une femme forte et indépendante, désireuse de devenir quelqu’un. Mais on prend également la mesure du poids de son fardeau : être Mme Marley.
Personnage très controversé depuis la mort de son mari, Rita Marley offre ici l'occasion de se justifier sur de nombreuses critiques lui ayant été adressées. Sans tomber dans le piège du "règlement de comptes" avec ses détracteurs, l'auteur raconte sa version des faits dans un style volontairement naïf et innocent. S'il n'est jamais dit : « J'aimerai répondre à untel à ce sujet… », l'auteur parvient à contrecarrer ses contradicteurs en s'arrêtant notamment sur les escroqueries de Lee Perry, de Danny Sims ou sur l'hostilité avérée de Peter et Bunny au lendemain de la mort de Bob. Tantôt accusée de falsification de testament ou de dilapidation de l'héritage Marley, elle évoque très tôt les problèmes liés à la succession, se justifiant plus qu'il n'en faut sur les dépenses de la Fondation Bob Marley, s'efforçant de… prouver son innocence. Elle ne mâche pas ses mots, et rend même l'organisation des Twelve Tribes coupable (dans une certaine mesure) de la mort de Bob.
Autobiographie plus qu’un mea culpa
Sans jamais reconnaître la moindre erreur de parcours, Rita préfère expliquer ses choix de vie en prenant soin de ne jamais aller trop loin dans les critiques concernant son mari. Des phrases comme « les frustrations et les insultes que Bob me faisaient subir me tuaient à petit feu… » ne doivent en aucun cas être tirées de leur contexte et s'avèrent justifiées au vu des relations conjugales entre Bob et Rita. On aperçoit d’ailleurs au fil des pages quelques unes des conquêtes de Bob (Esther Anderson, Diane Jobson, Cindy Breakspeare…). Certaines seront détestées, d'autres deviendront des amies de Rita. S'il on constate que Bob et sa femme n'ont que rarement partagé la même chambre, on comprend néanmoins la force du lien qui les unissait. Bob est constamment décrit comme un père exemplaire, oubliant son couple et sa santé mais jamais sa famille. On remarquera également que l'auteur aime à rappeler sa foi inébranlable en Jah. Une autre façon de se rendre irréprochable ?
Ecrit dans un style simple, la traduction française (et les nombreuses coquilles) contribuent malheureusement à rendre la lecture un peu lassante. On aurait aimé que Rita Marley aille plus loin dans sa remise en question mais cet ouvrage est une autobiographie avant d'être un mea culpa. Un récit qui semble sincère, un angle intéressant, l'histoire d'une femme se disant simple et passionnée, aujourd'hui à la tête d'un véritable Empire.



