Vétéran · 11 430 messages
Free Mumia Abu Jamal
Ouvert par Izaboo Sound le 2 septembre 2005 · Dans Discussion générale · 77 messages · 2005-2011 · page 3 sur 6
Ti Fayah
Vétéran · 11 430 messages
.
Ben justement... Figures-Toi qu'il y a un jour ou deux j'entendais à la radio un extrait d'une émission de télévision : un jeu...
A la question : "Le soleil tourne-t-il autour de la terre ?" 54% du public répondait "oui"...
ça ne rappelle pas quelque chose un tel pourcentage ?
On n'a pas le cul sorti des ronces.
.
Ben justement... Figures-Toi qu'il y a un jour ou deux j'entendais à la radio un extrait d'une émission de télévision : un jeu...
A la question : "Le soleil tourne-t-il autour de la terre ?" 54% du public répondait "oui"...
ça ne rappelle pas quelque chose un tel pourcentage ?
On n'a pas le cul sorti des ronces.
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Vétéran · 1 952 messages
beth'apar a écrit :.
Ben justement... Figures-Toi qu'il y a un jour ou deux j'entendais à la radio un extrait d'une émission de télévision : un jeu...
A la question : "Le soleil tourne-t-il autour de la terre ?" 54% du public répondait "oui"...
ça ne rappelle pas quelque chose un tel pourcentage ?
On n'a pas le cul sorti des ronces.
.
yes, ca fait peur en effet, je crois que j'ai vu quelque pars cet extrait dont tu parle!
Ti Fayah
moi aussi j'ai dézà vu
et c'est la:
http://www.youtube.com/watch?v=ciDS6djIK1A
carrement flippant, non ?
et c'est la:
http://www.youtube.com/watch?v=ciDS6djIK1A
carrement flippant, non ?
Vétéran · 1 952 messages
Ti Fayah a écrit :moi aussi j'ai dézà vuc'est clair ca fait rire au debut mais peur ensuite : les gens!!!
et c'est la:
http://www.youtube.com/watch?v=ciDS6djIK1A
carrement flippant, non ?
pour Mumia toujour rien de nouveau juste des recapitulatif:
http://www.matin.qc.ca/articles/2007051 ... jamal.html
Vétéran · 1 952 messages
les 1er nouvelle tombe:
Ensemble, sauvons MUMIA !
Après l’audience de la Cour d’Appel Fédérale de Philadelphie, espoir et mobilisation.
L’affaire Mumia Abu-Jamal vient de connaître un nouveau développement avec l’audition de sa défense le 17 mai dernier par la Cour d’Appel Fédérale de Philadelphie. Pour la première fois depuis 25 ans, la justice américaine acceptait d’examiner des requêtes portant sur le non-respect des droits constitutionnels de l’accusé et les discriminations raciales qui ont présidées à sa condamnation à mort.
C’est devant une salle d’audience archi comble, réunissant 200 personnes, que les juges, les avocats de la défense et de l’accusation (Ministère public) ont échangé des propos sans complaisance durant deux heures.
La question centrale a porté sur la sélection du jury, l’élimination systématique des jurés noirs, au point que l’accusé s’est retrouvé face à un jury composé de 11 jurés blancs et d’un seul noir. L’accusation s’est contentée de faire profil bas sur cet état de fait et de plaider qu’en tout état de cause les délais de recours étaient frappés de prescription. Pour leur part, Maître Robert R. Bryan et toute l’équipe de défense ont démontré, preuves à foison, les discriminations qui ont entaché le procès de 1982. L’avocate de l’organisation anti-raciste NAACP est même venue témoigner à la barre de cette réalité dont sont victimes de manière récurrente les minorités et particulièrement la minorité noire.
La présence dans l’auditoire de militants, de personnalités et d’élus américains soutenant Mumia, avec à leurs côtés les délégations française et allemande, mais également des juristes, des journalistes, de Maureen Faulkner (veuve du policier assassiné) accompagnée de l’ancien procureur Mc Gill et du policier Costello représentant le syndicat d’extrême droite FOP (Ordre Fraternel de la police) montrait l’enjeu de cette nouvelle étape judiciaire.
A l’écoute des interventions des trois juges qui ont questionné les deux parties sans relâche et avec une parfaite maîtrise de l’affaire, il est difficile de se faire une opinion, encore plus de se hasarder à un pronostic. L’issue reste incertaine mais personne ne pourra désormais dire ne pas savoir dans quelles conditions de haine raciste et politique le procès de 1982 s’est tenu. En terme de prononcé du jugement, aucune date n’a été fixée par la Cour.
Avec plus d’un millier de manifestants devant le palais de justice de Philadelphie, la mobilisation était au rendez-vous, tout comme la présence de très nombreux médias qui ont marqué de l’intérêt à la présence et aux déclarations de la délégation française (*).
Si l’espoir demeure, la mobilisation internationale ne doit pas faiblir car elle reste le plus sûr moyen de faire entendre aux autorités américaines l’exigence de justice et de liberté légitimement revendiquée par Mumia Abu-Jamal depuis un quart de siècle.
Pour le Collectif Unitaire National,
Jacky HORTAUT
(*) Claude Guillaumaud-Pujol, Mireille Fanon Mendès-France, Marina Rajewski, Dirarapha Diallo-Gibert, Jacky Hortaut.
Collectif Unitaire National de Soutien à Mumia Abu-Jamal 43, boulevard de Magenta 75010 Paris -
TEL 01 53 38 99 99 - FAX 01 53 38 99 84 -
E MAIL [adresse retirée]
http://www.mumiabujamal.net
http://www.millebabords.org/article.php ... ticle=6220
Ensemble, sauvons MUMIA !
Après l’audience de la Cour d’Appel Fédérale de Philadelphie, espoir et mobilisation.
L’affaire Mumia Abu-Jamal vient de connaître un nouveau développement avec l’audition de sa défense le 17 mai dernier par la Cour d’Appel Fédérale de Philadelphie. Pour la première fois depuis 25 ans, la justice américaine acceptait d’examiner des requêtes portant sur le non-respect des droits constitutionnels de l’accusé et les discriminations raciales qui ont présidées à sa condamnation à mort.
C’est devant une salle d’audience archi comble, réunissant 200 personnes, que les juges, les avocats de la défense et de l’accusation (Ministère public) ont échangé des propos sans complaisance durant deux heures.
La question centrale a porté sur la sélection du jury, l’élimination systématique des jurés noirs, au point que l’accusé s’est retrouvé face à un jury composé de 11 jurés blancs et d’un seul noir. L’accusation s’est contentée de faire profil bas sur cet état de fait et de plaider qu’en tout état de cause les délais de recours étaient frappés de prescription. Pour leur part, Maître Robert R. Bryan et toute l’équipe de défense ont démontré, preuves à foison, les discriminations qui ont entaché le procès de 1982. L’avocate de l’organisation anti-raciste NAACP est même venue témoigner à la barre de cette réalité dont sont victimes de manière récurrente les minorités et particulièrement la minorité noire.
La présence dans l’auditoire de militants, de personnalités et d’élus américains soutenant Mumia, avec à leurs côtés les délégations française et allemande, mais également des juristes, des journalistes, de Maureen Faulkner (veuve du policier assassiné) accompagnée de l’ancien procureur Mc Gill et du policier Costello représentant le syndicat d’extrême droite FOP (Ordre Fraternel de la police) montrait l’enjeu de cette nouvelle étape judiciaire.
A l’écoute des interventions des trois juges qui ont questionné les deux parties sans relâche et avec une parfaite maîtrise de l’affaire, il est difficile de se faire une opinion, encore plus de se hasarder à un pronostic. L’issue reste incertaine mais personne ne pourra désormais dire ne pas savoir dans quelles conditions de haine raciste et politique le procès de 1982 s’est tenu. En terme de prononcé du jugement, aucune date n’a été fixée par la Cour.
Avec plus d’un millier de manifestants devant le palais de justice de Philadelphie, la mobilisation était au rendez-vous, tout comme la présence de très nombreux médias qui ont marqué de l’intérêt à la présence et aux déclarations de la délégation française (*).
Si l’espoir demeure, la mobilisation internationale ne doit pas faiblir car elle reste le plus sûr moyen de faire entendre aux autorités américaines l’exigence de justice et de liberté légitimement revendiquée par Mumia Abu-Jamal depuis un quart de siècle.
Pour le Collectif Unitaire National,
Jacky HORTAUT
(*) Claude Guillaumaud-Pujol, Mireille Fanon Mendès-France, Marina Rajewski, Dirarapha Diallo-Gibert, Jacky Hortaut.
Collectif Unitaire National de Soutien à Mumia Abu-Jamal 43, boulevard de Magenta 75010 Paris -
TEL 01 53 38 99 99 - FAX 01 53 38 99 84 -
E MAIL [adresse retirée]
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Interview de Mumia Abu Jamal- juillet 2007
« Nous nous battons pour un nouveau procès »
La traduction est de Jean-Luc pour le comité Mumia de marseille
Comité de soutien à Mumia Abu-Jamal
C/o viretto & dieudonné
18 place Jean Jaurès
13001 Marseille, France
Tél./fax 04 91 42 98 47
[adresse retirée]
« Nous nous battons pour un nouveau procès »
Interview de Mumia Abu Jamal- juillet 2007
par Margaret Prescod pour son émission de radio « Sojourner Truth » Pacifica Radio Network
Margaret Prescod : Mumia, les gens ne sont pas d’accord sur la manière de te définir : comme un chauffeur de taxi, un journaliste d’investigation, un Black Panther, un avocat de prison. Comment te vois-tu ?
Mumia Abou Jamal : Eh bien, d’une certaine manière, tout ça et encore plus.
Je veux dire, quand les gens ne sont pas d’accord, parfois certains demandent de la simplicité, alors que la vie est rarement aussi simple. La vie est complexe, et bien d’autres, herboriste, avocat en prison, écrivain, poète, pas un très grand, mais j’essaie, père, grand-père, mari ; et, vous savez, toutes ces choses sont vraies.
MP : Comment arrivez-vous à trouver l’information et la concentration pour faire vos rubriques qui passent sur les ondes de plus de 100 stations de radio dans tout le pays ?
MAJ : Je lis, beaucoup, des livres intéressants sur la politique, parfois l’histoire. J’essaie de lire plusieurs journaux, et je me renseigne sur ce qui se passe ici, autour de moi. Vous savez, un article sur un événement local est mieux que, par exemple, un commentaire sur la guerre (rire). Pour ne pas perdre l’oeil du journaliste. Un sujet comme un autre.
MP : Quel est ton emploi du temps ? Combien d’heures par jour as-tu à l’extérieur, et comment les passes-tu ?
MAJ : Dans de nombreux États, le couloir de la mort est comparable à un cachot. On est dans une cellule, seul. Sauf pendant 2 heures par jour, quand on est dans une cage. Certains appellent ça une cour, mais je pense qu’il vaut mieux l’appeler une cage, qu’on y soit seul ou non.
Alors, 22 heures par jour, ça laisse beaucoup de temps pour penser, pour lire, écrire, etc. , alors, et ça peut paraître étonnant, mais j’ai en fait plus de temps (rire) que le journaliste ou commentateur radio moyen.
MP : un peu de temps pour faire des exercices, peut-être ?
MAJ : Eh bien, oui. En cage, on peut faire un peu de jogging, des pompes etc. Moi, j’adore le handball. C’est comme le tennis, sans raquettes. (rires des 2 ). C’est très vigoureux, un bon exercice, et habituellement 3 fois par semaine, je peux faire un match, en fait on en a joué un très bon ce matin.
MP : En quoi la vie en prison a-t-elle changé en 25 ans ?
MAJ : D’une manière qui n’était certainement pas imaginable il y a 30 ans. On n’aurait pas cru qu’on puisse arriver à quelque 3 millions de prisonniers, vous savez que dans l’État où vous êtes, la Californie, il y en a plus en ce moment que dans toute la France. C’est dingue, on ne peut même pas se faire une idée d’un tel chiffre.
Alors, en 30 ans, on a bâti ce qu’on appelle parfois le complexe pénitentiaire industriel. Il y a beaucoup d’argent en jeu, beaucoup de business, beaucoup de pouvoir social à y gagner, en ce sens que beaucoup de ceux qui en forment la population viennent du coeur des villes, et ils sont transportés dans les régions rurales plutôt dépeuplées.
Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que toute cette population est comptée, non seulement dans le recensement, mais aussi dans les circonscriptions électorales, bien qu’évidemment nos voix, nos soucis, nos vies, aucuns de nos intérêts ne comptent.
MP : Mumia, tu es à l’intérieur, et ceux qui te soutiennent sont dehors, c’est un vrai problème. Comment leur donnes-tu des instructions pour leur travail ?
MAJ : De manière personnelle, en général, j’écris des lettres, je téléphone et parle à des gens, également à travers ceux qui me soutiennent, qui peuvent communiquer plus profondément, plus intensément avec les plus jeunes. Nous travaillons de personne à personne, c’est le seul moyen vraiment efficace, je pense, pour réellement armer quelqu’un pour ce boulot très ardu d’activiste anti-prison.
MP : Vois-tu ton propre cas comme ayant une influence sur ceux des autres prisonniers ?
MAJ : C’est difficile à évaluer, parce qu’on a du mal à communiquer plus loin que son propre quartier. Il est également difficile, quand on n’est pas en prison, de comprendre le degré d’isolement dans certains systèmes pénitentiaires, les nouvelles prisons sont construites différemment des anciennes.
Dans les vielles prisons, les gens pouvaient communiquer et se déplacer bien plus facilement que maintenant. Les nouvelles visent à isoler les gens. Alors, tu peux avoir un type dans le quartier voisin, tu ne le vois peut-être pas de 6 mois, d’un an, je veux dire qu’on est vraiment isolés, en dehors de son propre quartier.
MP : Comment sont les « vieux » prisonniers, comparés aux « jeunes » ? As-tu noté une différence entre ceux qui sont enfermés depuis longtemps et ceux qui arrivent ? Par rapport à toi, par exemple ?
MAJ : Eh bien, quand je suis rentré, j’étais bien plus âgé que beaucoup de ceux qui arrivent maintenant. J’avais 27, 28 ans, ce qui me semble jeune maintenant, mais comparé aux ados et jeunes de 20 ans d’aujourd’hui, ça fait une belle différence entre alors et maintenant.
Je peux dire de façon certaine que beaucoup des anciens ont tendance à être plus calmes, plus conscients. Parmi les jeunes, récemment, c’est pas juste une question d’âge, mais aussi ils viennent d’une situation qui est bien pire qu’il y a 20 ans.
Je veux dire par-là que, dans de nombreuses communautés, disons à Philadelphie, la situation est bien plus dangereuse, instable économiquement, bien plus désastreuse socialement qu’avant. Ca se voit quand on rencontre des jeunes qui sont, à mon avis, dans un état de rage constant, d’incapacité, de refus d’écouter les plus anciens.
MP : Pour parler de ta situation, où en est cet élan pour un nouveau procès ? Tes avocats et ceux qui te soutiennent demandent un nouveau procès. Pourquoi cela, et pourquoi maintenant ?
MAJ : Pourquoi maintenant ? Evidemment, ça ne date pas d’aujourd’hui. Nous nous battons dans ce but depuis de nombreuses années, en différents lieux de cet Etat, et dans de nombreux tribunaux. Nous n’allons en Cour fédérale que depuis presque 10 ans, en tous cas depuis 2001 pour sûr, depuis que la décision de justice a été prise. On en est en Cour d’appel.
Nous réclamons un nouveau procès, et ça me rappelle ce qu’un de nos avocats disait : On ne se bat pas seulement pour obtenir un autre procès, mais un qui serait équitable, parce qu’en face de l’ancien juge, Albert A. Sabo, membre à vie de l’Ordre Fraternel de la Police, dont de nombreux avocats ayant travaillé en face de lui ont dit qu’il était un vrai procureur, on ne peut pas dire que mon procès a été équitable et juste.
MP : Si on t’accorde un nouveau procès, pouvons-nous nous attendre à du nouveau ?
MAJ : Oui, beaucoup de nouveau. Il y a de nombreuses années, j’ai dit que le jury n’avait pas entendu grand chose, et entendu des choses qui, franchement, étaient tout à fait injustes, fausses, et qui n’avaient rien à voir. Je l’ai dit au jury en 1982. Je pense que, si nous avons un nouveau procès, nous pouvons en apporter la preuve.
MP : Et si ce nouveau procès est refusé ?
MAJ : Je ne suis pas quelqu’un de négatif. Je ne pense pas négativement, ce n’est pas dans ma nature. Je ne suis pas non plus un incorrigible optimiste, mais je pense que nous avons construit un bon dossier, fort. Et je pense que les résultas seront bons.
MP : Mumia, comment tu y arrives ? Ca fait 25 ans que tu te bats contre une justice inique, le racisme incroyable du premier procès, et te voilà de nouveau au front, à lutter pour obtenir un nouveau procès. Comment tu y arrives ?
MAJ : Je suppose qu’on peut me décrire comme quelqu’un d’actif. C’est pas nouveau, mais c’est vrai. Pour moi, 24 heures par jour, ça ne suffit pas. J’ai toujours des projets en cours, des demandes sans réponses, des lettres que je n’ai pas écrites (rire) que franchement je pensais avoir écrites, des tableaux que je veux esquisser, ou dessiner ou peindre, des articles que je veux écrire, alors, il y a tant d’heures par jour, et j’essaie de bien les utiliser, mais en tous cas, je suis toujours actif, et je pense que ça aide.
Aussi, j’ai été entouré par des gens extraordinaires. Depuis mon premier jour, il y a de nombreuses années, à Philadelphie, dans tout le pays, tout l’État. Des hommes extraordinaires, dans le couloir de la mort. Et j’ai aussi rencontré des gens de tous les milieux, des gens remarquables, hommes et femmes, des écrivains, des militants, tout ce que vous voulez. Alors ça m’a beaucoup aidé.
MP : Gardes-tu l’espoir ?
MAJ : J’espère toujours, crois-moi. (tous deux rient) Tu sais, on ne peut pas échapper à sa nature profonde. J’ai dit que je n’étais pas un optimiste incorrigible, mais je garde toujours espoir, c’est ma façon de voir le monde.
MP : Ça, on s’en rend compte. Qu’aimerais-tu dire d’autre à ceux qui t’écoutent dans tout le pays et même le monde entier, grâce au Web ?
MAJ : Je voudrais juste que les gens sachent que je suis très sensible et reconnaissant pour tous les témoignages d’amour et de soutien que j’ai reçu depuis de nombreuses années. Je reçois des lettres chaque jour. Malheureusement, je ne peux pas répondre à toutes, mais je m’efforce de toutes les lire. Depuis quelques semaines, j’ai un problème parce qu’à peu près 7 fois par semaine au moins, je reçois des lettres d’amis en Allemagne, mais je ne sais pas encore vraiment lire l’allemand ! (tous 2 rient) Donc, je ne peux pas dire que je les ai toutes lues !
J’aimerais dire à ces gens, tu sais, en tête-à-tête, merci ! Merci de prendre le temps de m’écrire, merci de penser à moi, merci de vos voeux, et merci pour votre amour et votre soutien. Ça, ça compte pour moi, ça, je le ressens, et ma gratitude est immense.
MP : Mumia Abu Jamal, merci beaucoup d¹avoir passé ces quelques moments avec nous.
MAJ : Merci, Margaret.
http://www.millebabords.org/spip.php?article6803
« Nous nous battons pour un nouveau procès »
La traduction est de Jean-Luc pour le comité Mumia de marseille
Comité de soutien à Mumia Abu-Jamal
C/o viretto & dieudonné
18 place Jean Jaurès
13001 Marseille, France
Tél./fax 04 91 42 98 47
[adresse retirée]
« Nous nous battons pour un nouveau procès »
Interview de Mumia Abu Jamal- juillet 2007
par Margaret Prescod pour son émission de radio « Sojourner Truth » Pacifica Radio Network
Margaret Prescod : Mumia, les gens ne sont pas d’accord sur la manière de te définir : comme un chauffeur de taxi, un journaliste d’investigation, un Black Panther, un avocat de prison. Comment te vois-tu ?
Mumia Abou Jamal : Eh bien, d’une certaine manière, tout ça et encore plus.
Je veux dire, quand les gens ne sont pas d’accord, parfois certains demandent de la simplicité, alors que la vie est rarement aussi simple. La vie est complexe, et bien d’autres, herboriste, avocat en prison, écrivain, poète, pas un très grand, mais j’essaie, père, grand-père, mari ; et, vous savez, toutes ces choses sont vraies.
MP : Comment arrivez-vous à trouver l’information et la concentration pour faire vos rubriques qui passent sur les ondes de plus de 100 stations de radio dans tout le pays ?
MAJ : Je lis, beaucoup, des livres intéressants sur la politique, parfois l’histoire. J’essaie de lire plusieurs journaux, et je me renseigne sur ce qui se passe ici, autour de moi. Vous savez, un article sur un événement local est mieux que, par exemple, un commentaire sur la guerre (rire). Pour ne pas perdre l’oeil du journaliste. Un sujet comme un autre.
MP : Quel est ton emploi du temps ? Combien d’heures par jour as-tu à l’extérieur, et comment les passes-tu ?
MAJ : Dans de nombreux États, le couloir de la mort est comparable à un cachot. On est dans une cellule, seul. Sauf pendant 2 heures par jour, quand on est dans une cage. Certains appellent ça une cour, mais je pense qu’il vaut mieux l’appeler une cage, qu’on y soit seul ou non.
Alors, 22 heures par jour, ça laisse beaucoup de temps pour penser, pour lire, écrire, etc. , alors, et ça peut paraître étonnant, mais j’ai en fait plus de temps (rire) que le journaliste ou commentateur radio moyen.
MP : un peu de temps pour faire des exercices, peut-être ?
MAJ : Eh bien, oui. En cage, on peut faire un peu de jogging, des pompes etc. Moi, j’adore le handball. C’est comme le tennis, sans raquettes. (rires des 2 ). C’est très vigoureux, un bon exercice, et habituellement 3 fois par semaine, je peux faire un match, en fait on en a joué un très bon ce matin.
MP : En quoi la vie en prison a-t-elle changé en 25 ans ?
MAJ : D’une manière qui n’était certainement pas imaginable il y a 30 ans. On n’aurait pas cru qu’on puisse arriver à quelque 3 millions de prisonniers, vous savez que dans l’État où vous êtes, la Californie, il y en a plus en ce moment que dans toute la France. C’est dingue, on ne peut même pas se faire une idée d’un tel chiffre.
Alors, en 30 ans, on a bâti ce qu’on appelle parfois le complexe pénitentiaire industriel. Il y a beaucoup d’argent en jeu, beaucoup de business, beaucoup de pouvoir social à y gagner, en ce sens que beaucoup de ceux qui en forment la population viennent du coeur des villes, et ils sont transportés dans les régions rurales plutôt dépeuplées.
Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que toute cette population est comptée, non seulement dans le recensement, mais aussi dans les circonscriptions électorales, bien qu’évidemment nos voix, nos soucis, nos vies, aucuns de nos intérêts ne comptent.
MP : Mumia, tu es à l’intérieur, et ceux qui te soutiennent sont dehors, c’est un vrai problème. Comment leur donnes-tu des instructions pour leur travail ?
MAJ : De manière personnelle, en général, j’écris des lettres, je téléphone et parle à des gens, également à travers ceux qui me soutiennent, qui peuvent communiquer plus profondément, plus intensément avec les plus jeunes. Nous travaillons de personne à personne, c’est le seul moyen vraiment efficace, je pense, pour réellement armer quelqu’un pour ce boulot très ardu d’activiste anti-prison.
MP : Vois-tu ton propre cas comme ayant une influence sur ceux des autres prisonniers ?
MAJ : C’est difficile à évaluer, parce qu’on a du mal à communiquer plus loin que son propre quartier. Il est également difficile, quand on n’est pas en prison, de comprendre le degré d’isolement dans certains systèmes pénitentiaires, les nouvelles prisons sont construites différemment des anciennes.
Dans les vielles prisons, les gens pouvaient communiquer et se déplacer bien plus facilement que maintenant. Les nouvelles visent à isoler les gens. Alors, tu peux avoir un type dans le quartier voisin, tu ne le vois peut-être pas de 6 mois, d’un an, je veux dire qu’on est vraiment isolés, en dehors de son propre quartier.
MP : Comment sont les « vieux » prisonniers, comparés aux « jeunes » ? As-tu noté une différence entre ceux qui sont enfermés depuis longtemps et ceux qui arrivent ? Par rapport à toi, par exemple ?
MAJ : Eh bien, quand je suis rentré, j’étais bien plus âgé que beaucoup de ceux qui arrivent maintenant. J’avais 27, 28 ans, ce qui me semble jeune maintenant, mais comparé aux ados et jeunes de 20 ans d’aujourd’hui, ça fait une belle différence entre alors et maintenant.
Je peux dire de façon certaine que beaucoup des anciens ont tendance à être plus calmes, plus conscients. Parmi les jeunes, récemment, c’est pas juste une question d’âge, mais aussi ils viennent d’une situation qui est bien pire qu’il y a 20 ans.
Je veux dire par-là que, dans de nombreuses communautés, disons à Philadelphie, la situation est bien plus dangereuse, instable économiquement, bien plus désastreuse socialement qu’avant. Ca se voit quand on rencontre des jeunes qui sont, à mon avis, dans un état de rage constant, d’incapacité, de refus d’écouter les plus anciens.
MP : Pour parler de ta situation, où en est cet élan pour un nouveau procès ? Tes avocats et ceux qui te soutiennent demandent un nouveau procès. Pourquoi cela, et pourquoi maintenant ?
MAJ : Pourquoi maintenant ? Evidemment, ça ne date pas d’aujourd’hui. Nous nous battons dans ce but depuis de nombreuses années, en différents lieux de cet Etat, et dans de nombreux tribunaux. Nous n’allons en Cour fédérale que depuis presque 10 ans, en tous cas depuis 2001 pour sûr, depuis que la décision de justice a été prise. On en est en Cour d’appel.
Nous réclamons un nouveau procès, et ça me rappelle ce qu’un de nos avocats disait : On ne se bat pas seulement pour obtenir un autre procès, mais un qui serait équitable, parce qu’en face de l’ancien juge, Albert A. Sabo, membre à vie de l’Ordre Fraternel de la Police, dont de nombreux avocats ayant travaillé en face de lui ont dit qu’il était un vrai procureur, on ne peut pas dire que mon procès a été équitable et juste.
MP : Si on t’accorde un nouveau procès, pouvons-nous nous attendre à du nouveau ?
MAJ : Oui, beaucoup de nouveau. Il y a de nombreuses années, j’ai dit que le jury n’avait pas entendu grand chose, et entendu des choses qui, franchement, étaient tout à fait injustes, fausses, et qui n’avaient rien à voir. Je l’ai dit au jury en 1982. Je pense que, si nous avons un nouveau procès, nous pouvons en apporter la preuve.
MP : Et si ce nouveau procès est refusé ?
MAJ : Je ne suis pas quelqu’un de négatif. Je ne pense pas négativement, ce n’est pas dans ma nature. Je ne suis pas non plus un incorrigible optimiste, mais je pense que nous avons construit un bon dossier, fort. Et je pense que les résultas seront bons.
MP : Mumia, comment tu y arrives ? Ca fait 25 ans que tu te bats contre une justice inique, le racisme incroyable du premier procès, et te voilà de nouveau au front, à lutter pour obtenir un nouveau procès. Comment tu y arrives ?
MAJ : Je suppose qu’on peut me décrire comme quelqu’un d’actif. C’est pas nouveau, mais c’est vrai. Pour moi, 24 heures par jour, ça ne suffit pas. J’ai toujours des projets en cours, des demandes sans réponses, des lettres que je n’ai pas écrites (rire) que franchement je pensais avoir écrites, des tableaux que je veux esquisser, ou dessiner ou peindre, des articles que je veux écrire, alors, il y a tant d’heures par jour, et j’essaie de bien les utiliser, mais en tous cas, je suis toujours actif, et je pense que ça aide.
Aussi, j’ai été entouré par des gens extraordinaires. Depuis mon premier jour, il y a de nombreuses années, à Philadelphie, dans tout le pays, tout l’État. Des hommes extraordinaires, dans le couloir de la mort. Et j’ai aussi rencontré des gens de tous les milieux, des gens remarquables, hommes et femmes, des écrivains, des militants, tout ce que vous voulez. Alors ça m’a beaucoup aidé.
MP : Gardes-tu l’espoir ?
MAJ : J’espère toujours, crois-moi. (tous deux rient) Tu sais, on ne peut pas échapper à sa nature profonde. J’ai dit que je n’étais pas un optimiste incorrigible, mais je garde toujours espoir, c’est ma façon de voir le monde.
MP : Ça, on s’en rend compte. Qu’aimerais-tu dire d’autre à ceux qui t’écoutent dans tout le pays et même le monde entier, grâce au Web ?
MAJ : Je voudrais juste que les gens sachent que je suis très sensible et reconnaissant pour tous les témoignages d’amour et de soutien que j’ai reçu depuis de nombreuses années. Je reçois des lettres chaque jour. Malheureusement, je ne peux pas répondre à toutes, mais je m’efforce de toutes les lire. Depuis quelques semaines, j’ai un problème parce qu’à peu près 7 fois par semaine au moins, je reçois des lettres d’amis en Allemagne, mais je ne sais pas encore vraiment lire l’allemand ! (tous 2 rient) Donc, je ne peux pas dire que je les ai toutes lues !
J’aimerais dire à ces gens, tu sais, en tête-à-tête, merci ! Merci de prendre le temps de m’écrire, merci de penser à moi, merci de vos voeux, et merci pour votre amour et votre soutien. Ça, ça compte pour moi, ça, je le ressens, et ma gratitude est immense.
MP : Mumia Abu Jamal, merci beaucoup d¹avoir passé ces quelques moments avec nous.
MAJ : Merci, Margaret.
http://www.millebabords.org/spip.php?article6803
Fidèle · 205 messages
Vétéran · 1 952 messages
Libérez Mumia Abu-Jamal
vendredi 28 septembre 2007
La situation de Mumia Abu-Jamal, ce journaliste et activiste noir américain injustement condamné à mort aux USA en 1982, est aujourd’hui à un tournant critique. Le samedi 29 septembre à 14 h aura lieu à Paris, (Salle Nicolas Roerich, 199 bis rue Saint-Martin, 3e arr.), un meeting demandant sa « libération immédiate ». Organisé par le Comité de défense sociale, ce meeting rassemblera syndicalistes, militants de gauche et antiracistes, qui participent à la campagne internationale pour libérer Mumia. Maître Rachel Wolkenstein, avocate du Partisan Defense Committee (PDC, organisation sœur aux USA), qui a fait partie de l’équipe d’avocats de Mumia, parlera lors de ce meeting du long combat contre la machination de l’Etat américain contre cet ancien Black Panther et partisan de l’organisation noire Move. Prendront également la parole des syndicalistes comme Jean-François Téaldi, secrétaire général adjoint du SNJ-CGT, Daniel Carreno du SUD PTT et Jimmy Duclos de SUD-Rail, entre autres.
Collectif unitaire national de soutien à Mumia Abu-jamal : http://www.mumiabujamal.net
vendredi 28 septembre 2007
La situation de Mumia Abu-Jamal, ce journaliste et activiste noir américain injustement condamné à mort aux USA en 1982, est aujourd’hui à un tournant critique. Le samedi 29 septembre à 14 h aura lieu à Paris, (Salle Nicolas Roerich, 199 bis rue Saint-Martin, 3e arr.), un meeting demandant sa « libération immédiate ». Organisé par le Comité de défense sociale, ce meeting rassemblera syndicalistes, militants de gauche et antiracistes, qui participent à la campagne internationale pour libérer Mumia. Maître Rachel Wolkenstein, avocate du Partisan Defense Committee (PDC, organisation sœur aux USA), qui a fait partie de l’équipe d’avocats de Mumia, parlera lors de ce meeting du long combat contre la machination de l’Etat américain contre cet ancien Black Panther et partisan de l’organisation noire Move. Prendront également la parole des syndicalistes comme Jean-François Téaldi, secrétaire général adjoint du SNJ-CGT, Daniel Carreno du SUD PTT et Jimmy Duclos de SUD-Rail, entre autres.
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Vétéran · 1 952 messages
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USA: Mumia Abu-Jamal n'est plus condamné à mort, confirme une décision en appel
Il y a 18 heures
WASHINGTON (AFP) — La justice américaine a confirmé jeudi l'annulation de la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, icône internationale de la lutte contre la peine capitale, tout en réaffirmant sa culpabilité dans le meurtre d'un policier en 1981 à Philadelphie.
Le comité de soutien du condamné a dénoncé une "décision dévastatrice" et appelé à plusieurs manifestations, vendredi à New York et le 26 avril à Philadelphie.
Par 2 voix contre 1, la cour d'appel fédérale de Philadelphie a en effet refusé d'accorder un nouveau procès à Mumia Abu-Jamal, un ancien journaliste radio et militant des "black panthers", aujourd'hui âgé de 53 ans, qui clame son innocence dans le meurtre en 1981 du policier Daniel Faulkner.
La condamnation à mort sera commuée automatiquement en réclusion criminelle à perpétuité, à moins que l'accusation ne se présente à nouveau devant un jury pour tenter d'obtenir la peine de mort.
Les juges ont en effet estimé que lors du procès de 1982, les instructions données aux jurés ont pu leur faire croire qu'ils devaient d'abord s'accorder à l'unanimité sur les circonstances atténuantes pouvant épargner au condamné la peine capitale, alors que la procédure est en fait moins restrictive.
Concernant la culpabilité, la cour d'appel, qui n'est pas chargée de se prononcer sur le fond mais sur la forme, a rejeté les arguments dénonçant des violations des droits de la défense.
Mumia Abu-Jamal contestait notamment le fait que 10 des 15 récusations de jurés potentiels prononcées par l'accusation aient concerné des Noirs. Le code de procédure pénale interdit en effet de récuser un juré potentiel en raison de la couleur de sa peau. Le jury final comportait dix Blancs et deux Noirs.
Jeudi, la cour d'appel a rejeté cet argument, estimant que la défense n'avait pas présenté suffisamment d'éléments laissant penser que les récusations étaient dues à la race des jurés potentiels.
Beaucoup des partisans de Mumia Abu-Jamal, dont les photos et les longues tresses rastas ont fait le tour du monde, estiment pourtant que l'ancien journaliste, militant de la cause des Noirs, a été victime d'un procès politique et de forts préjugés racistes.
La ville de Paris l'a élevé au rang de citoyen d'honneur en 2003, et une rue de Saint-Denis, en banlieue parisienne, porte son nom.
Jeudi soir, SOS Racisme s'est "félicité" de la décision sur la condamnation à mort, tout en précisant que "le combat ne s'(arrêtait) pas là", et qu'il fallait désormais que la justice reconnaisse l'innocence de Mumia Abu-Jamal.
"Cette première victoire en appelle d'autres. Celle de la reconnaissance de son innocence. Celle de la reconnaissance de la responsabilité de la justice américaine dans la condamnation d'un homme du fait de ses seules opinions politiques. Celle, enfin, de sa libération", a ajouté la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet.
Selon la défense, un certain Arnold Beverly a avoué en 1999 être l'auteur de l'assassinat de M. Faulkner, expliquant qu'il avait été recruté par la mafia parce que les enquêtes du policier le rapprochaient un peu trop de certaines figures du crime organisé.
Mais ce point de vue n'est pas partagé par la veuve du policier tué, Maureen Faulkner, qui a déclaré dans un entretien télévisé en 1998: "Mumia n'est rien d'autre qu'un meurtrier de sang froid" dont les partisans ont été "induits en erreur". Et la ville de Philadelphie a déposé plainte en 2006 contre Paris et Saint-Denis pour "apologie du crime".
Il y a 18 heures
WASHINGTON (AFP) — La justice américaine a confirmé jeudi l'annulation de la condamnation à mort de Mumia Abu-Jamal, icône internationale de la lutte contre la peine capitale, tout en réaffirmant sa culpabilité dans le meurtre d'un policier en 1981 à Philadelphie.
Le comité de soutien du condamné a dénoncé une "décision dévastatrice" et appelé à plusieurs manifestations, vendredi à New York et le 26 avril à Philadelphie.
Par 2 voix contre 1, la cour d'appel fédérale de Philadelphie a en effet refusé d'accorder un nouveau procès à Mumia Abu-Jamal, un ancien journaliste radio et militant des "black panthers", aujourd'hui âgé de 53 ans, qui clame son innocence dans le meurtre en 1981 du policier Daniel Faulkner.
La condamnation à mort sera commuée automatiquement en réclusion criminelle à perpétuité, à moins que l'accusation ne se présente à nouveau devant un jury pour tenter d'obtenir la peine de mort.
Les juges ont en effet estimé que lors du procès de 1982, les instructions données aux jurés ont pu leur faire croire qu'ils devaient d'abord s'accorder à l'unanimité sur les circonstances atténuantes pouvant épargner au condamné la peine capitale, alors que la procédure est en fait moins restrictive.
Concernant la culpabilité, la cour d'appel, qui n'est pas chargée de se prononcer sur le fond mais sur la forme, a rejeté les arguments dénonçant des violations des droits de la défense.
Mumia Abu-Jamal contestait notamment le fait que 10 des 15 récusations de jurés potentiels prononcées par l'accusation aient concerné des Noirs. Le code de procédure pénale interdit en effet de récuser un juré potentiel en raison de la couleur de sa peau. Le jury final comportait dix Blancs et deux Noirs.
Jeudi, la cour d'appel a rejeté cet argument, estimant que la défense n'avait pas présenté suffisamment d'éléments laissant penser que les récusations étaient dues à la race des jurés potentiels.
Beaucoup des partisans de Mumia Abu-Jamal, dont les photos et les longues tresses rastas ont fait le tour du monde, estiment pourtant que l'ancien journaliste, militant de la cause des Noirs, a été victime d'un procès politique et de forts préjugés racistes.
La ville de Paris l'a élevé au rang de citoyen d'honneur en 2003, et une rue de Saint-Denis, en banlieue parisienne, porte son nom.
Jeudi soir, SOS Racisme s'est "félicité" de la décision sur la condamnation à mort, tout en précisant que "le combat ne s'(arrêtait) pas là", et qu'il fallait désormais que la justice reconnaisse l'innocence de Mumia Abu-Jamal.
"Cette première victoire en appelle d'autres. Celle de la reconnaissance de son innocence. Celle de la reconnaissance de la responsabilité de la justice américaine dans la condamnation d'un homme du fait de ses seules opinions politiques. Celle, enfin, de sa libération", a ajouté la secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet.
Selon la défense, un certain Arnold Beverly a avoué en 1999 être l'auteur de l'assassinat de M. Faulkner, expliquant qu'il avait été recruté par la mafia parce que les enquêtes du policier le rapprochaient un peu trop de certaines figures du crime organisé.
Mais ce point de vue n'est pas partagé par la veuve du policier tué, Maureen Faulkner, qui a déclaré dans un entretien télévisé en 1998: "Mumia n'est rien d'autre qu'un meurtrier de sang froid" dont les partisans ont été "induits en erreur". Et la ville de Philadelphie a déposé plainte en 2006 contre Paris et Saint-Denis pour "apologie du crime".
Forcené(e) · 305 messages