Vétéran · 11 430 messages
LA PEUR AUX VENTRES...
Ouvert par beth-apar le 19 septembre 2006 · Dans Explicit lyrics · 244 messages · 2006-2012 · page 14 sur 17
Vétéran · 3 666 messages
Accro · 782 messages
tuffgong a écrit :Le Revolutionaire a écrit :C'est clair que tout le monde s'en fou, du moin, une partie. Un exemple tout con, vendredi dernier, on a organisé un festoche qui a réunit 900 personnes. on a mit des articles de ce qui se passait sur Angers au sujet des demandeurs d'asile. Il y a eu des annonces de faites durant la soirée comme quoi, le lendemain, il y avait un rassemblement de soutient. Tu parles, on était 3 de la soirée a s'être déplacé sur 200 personnes présente. Alors, c'est bien beau de lever le poing en soirée pour dire qu'on est un soldat, mais bon, faut p't'êtes se bouger le cul au bout d'un moment. Comme quoi, oui le reggae musique est militant mais pas son public................c'est domageBien sûr que ce n'est pas une généralité, mais bon, 3 pour 900 a se mobiliser, c'est peu
c'est déjà ça. Des fois, tu peux differ des milliers de tracts pour ramener 30 personnes à la manif. et si les 3 amènent ne serait ce qu' un pote à la suivante, ça fait 6. etc...
Après, c'est vrai que le public reggae ne manque pas de "tigres de papiers"
Ca ne marche pas le coup de "si chacun vient avec une personne qu'il connait". C'est l'argument que j'avance a chaque fois, mais bon, ça n'a pas l'air de beaucoup marcher.
Vétéran · 11 430 messages
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Suis passé hier matin saluer les travailleurs sans papier grévistes qui occupent depuis trois semaines (en gros) une agence intérim à Creil (du côté du Babou...). Un p'tit bonjour, quelques regards et des mains serrées, un peu d'écoute, un p'tit billet, une petite griffe dans le cahier de soutien... C'est pas grand chose.
Ils sont nombreux ces hommes déterminés et très inquiets... ça craint quand même un p'tit peu leur affaire.
Toutes les pièces servent de dortoirs... La douche est en permanence occupée, à tour de rôle. Dehors, sous la guitoune, cinq hommes font la vaisselles.
Tous sont fatigués.
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Suis passé hier matin saluer les travailleurs sans papier grévistes qui occupent depuis trois semaines (en gros) une agence intérim à Creil (du côté du Babou...). Un p'tit bonjour, quelques regards et des mains serrées, un peu d'écoute, un p'tit billet, une petite griffe dans le cahier de soutien... C'est pas grand chose.
Ils sont nombreux ces hommes déterminés et très inquiets... ça craint quand même un p'tit peu leur affaire.
Toutes les pièces servent de dortoirs... La douche est en permanence occupée, à tour de rôle. Dehors, sous la guitoune, cinq hommes font la vaisselles.
Tous sont fatigués.
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Vétéran · 3 666 messages
L'effet de serre est un processus naturel de réchauffement climatique de l'atmosphère.
Sur Terre, il intervient dans le bilan radiatif. Il est dû aux gaz à effet de serre (GES) contenus dans l'atmosphère.
Il parait qu'il a augmenté l'effet de serre, à quoi c'est dû un réchauffement climatique ?
Malgré le beau shéma explicatif je pige pas...ça fait peur à voir

Sur Terre, il intervient dans le bilan radiatif. Il est dû aux gaz à effet de serre (GES) contenus dans l'atmosphère.
Il parait qu'il a augmenté l'effet de serre, à quoi c'est dû un réchauffement climatique ?
Malgré le beau shéma explicatif je pige pas...ça fait peur à voir

La musique est dans ma vie ce que sont les nuages au ciel
Vétéran · 11 430 messages
Vétéran · 3 666 messages
Vétéran · 11 430 messages
Vétéran · 3 666 messages
Bonsoir Beth',
Loin de moi l'idée de pourrir le topic, ni de le dystrophier, bien au contraire je me sens concerné également dans le combat des sans papiers, en étant une!
T'es tu jamais sentie mal à l'aise ? bien moi tout les jours j'ai la nausée, et pourtant je ne suis pas enceinte, et on ne m'a pas posé un speculum dans la bouche
J'ai juste honte l'archouma quoi, et je n'en connais pas la cause, d'ou mon "c'est du joli", est ce un obstacle ?
Oui je sais j'outre passe les limites du raisonnables, mais je pense que d'autres les ont dépassés aisément.
Respectueusement
Bonne nuit à tous et je vous souhaite d'aussi beaux rêves que les miens
Loin de moi l'idée de pourrir le topic, ni de le dystrophier, bien au contraire je me sens concerné également dans le combat des sans papiers, en étant une!
T'es tu jamais sentie mal à l'aise ? bien moi tout les jours j'ai la nausée, et pourtant je ne suis pas enceinte, et on ne m'a pas posé un speculum dans la bouche
J'ai juste honte l'archouma quoi, et je n'en connais pas la cause, d'ou mon "c'est du joli", est ce un obstacle ?
Oui je sais j'outre passe les limites du raisonnables, mais je pense que d'autres les ont dépassés aisément.
Respectueusement
Bonne nuit à tous et je vous souhaite d'aussi beaux rêves que les miens
La musique est dans ma vie ce que sont les nuages au ciel
Vétéran · 11 430 messages
Vétéran · 3 666 messages
Oui, bien sûr, je comprend tout à fait , les images parlent d'elles mêmes, yaka allumer son poste de Tv...c'est moche
Aussi, je pense et reste persuadé que le cabinet ministériel étant en charge du dossier, à une main bien lourde et efficace pour faire le nécessaire.
Mais j'avoue que l'expression, plus c'est long plus c'est bon, prend un sens plus défétiste et moins désopilant dans ce genre de situation, enfin pour certain ça à l'air d'être "tout dépend du côté ou l'on se situe" et cette attitude me semble vraiment préjudiciable et navrante.
En tout cas, je leurs souhaite bien du courage, oui, du courage à ceux et celles que mes yeux ont vus "dans les locaux de la bourse du travail" , ça va peut être, être très long....mais qui sais avec du positif à la clef
Aussi, je pense et reste persuadé que le cabinet ministériel étant en charge du dossier, à une main bien lourde et efficace pour faire le nécessaire.
Mais j'avoue que l'expression, plus c'est long plus c'est bon, prend un sens plus défétiste et moins désopilant dans ce genre de situation, enfin pour certain ça à l'air d'être "tout dépend du côté ou l'on se situe" et cette attitude me semble vraiment préjudiciable et navrante.
En tout cas, je leurs souhaite bien du courage, oui, du courage à ceux et celles que mes yeux ont vus "dans les locaux de la bourse du travail" , ça va peut être, être très long....mais qui sais avec du positif à la clef
La musique est dans ma vie ce que sont les nuages au ciel
Fidèle · 140 messages
En soutien au Collectif des Travailleurs Sans Papiers Bordelais
qui a déposé, depuis juillet 2008, 44 dossiers de régularisation par le travail de personnes qui
travaillent et cotisent depuis plusieurs années. Ceux-ci ont été soutenus par leur patron, de
nombreux élus et organisations. Aujourd'hui, 15 régularisations ont été appliquées dont
seulement 9 par le travail. Nous constatons que ces régularisations sont arbitraires et ne
correspondent à aucune logique et aucun critère. De plus, les services préfectoraux ralentissent
et complexifient sans cesse la procédure.
En soutien aux grévistes sans papiers en région parisienne
où le même constat a provoqué un mouvement de grève de plus de 5000 travailleurs issus
d'un millier d'entreprises, soutenus par de nombreux syndicats et de nombreuses
associations. Face à cette mobilisation, le ministre de l'immigration a validé une nouvelle
circulaire qui n'est pas acceptable. C'est pourquoi le mouvement se poursuit en région
parisienne et que nous lui faisons écho ici, à Bordeaux.
NOUS RECLAMONS UNE CIRCULAIRE DE REGULARISATION LARGE, CLAIRE ET PRECISE
L'ANNULATION DE DEMANDE DE PRESENCE SUR LE SOL FRANCAIS DE 5 ANS MINIMUM
L'ANNULATION DE L'EXCLUSION DES ALGERIENS ET DES TUNISIENS DE LA CIRCULAIRE
UNE REGULARISATION SANS LISTE DE METIERS RESTRICTIVE
LA PRISE EN COMPTE DES ANNEES DE TRAVAIL NON DECLAREES
(....)
Employés massivement dans certains secteurs d'activité (bâtiment, hôtellerie et restauration,
nettoyage, services à la personne, agriculture, …), les travailleurs sans-papiers sont
indispensables à l'économie de notre pays. Ils subissent la terreur occasionnée par la
répression policière, la course aux quotas d'expulsion, et la soumission à des abus dans le
domaine du travail : bas salaires, absence de congés, de droits syndicaux et de protection
sociale (malgré leur cotisation), mise en danger de leur santé, heures supplémentaires
excessives et non payées, …
L'emploi des sans-papiers n'est que le cas extrême d'une dégradation générale des conditions de
travail de tous les travailleurs qui se poursuit depuis plusieurs dizaines d'années :
Dérèglementation du droit du travail et contournement de celui-ci par la sous-traitance et la
délocalisation – Précarisation - Déshumanisation du travailleur - Management par la peur –
Répression policière - …
Solidarité avec ceux qui se battent pour leurs droits et leur dignité
Collectifs des Travailleurs Sans Papiers
Rassemblement et manifestation devant la CCI, place de la Bourse
samedi 12 Décembre, à 15h
Collectif des Travailleurs Sans Papiers - ASTI - RESF - SOLIDAIRES(SUD) - CFDT33 - FSU - CGT - UNSA ...
LES COLLECTIFS SE REUNISSENT TOUS LES SAMEDIS A 16 H DANS LES
LOCAUX DE L'ASTI - 10, rue de Causserouge - Bordeaux - [adresse retirée]
Ils sont soutenus par AC! Gironde; ASTI; CIMADE; Collectif pour l'Egalité des Droits rive droite;
CGT Educ’Action Aquitaine; Ecopol; FSU 33; LDH 33; NPA 33; La Confédération Paysanne ;
LO ; MJCF ; MJS; PCF; PS; RESF 33; Syndicat des Avocats de France section bordelaise;
Solidaires 33 ; Syndicat de la Magistrature UEC; UNSA ; Les Verts Aquitaine ; UD CGT Gironde
http://travailleurssanspapiersbdx.over-blog.com
qui a déposé, depuis juillet 2008, 44 dossiers de régularisation par le travail de personnes qui
travaillent et cotisent depuis plusieurs années. Ceux-ci ont été soutenus par leur patron, de
nombreux élus et organisations. Aujourd'hui, 15 régularisations ont été appliquées dont
seulement 9 par le travail. Nous constatons que ces régularisations sont arbitraires et ne
correspondent à aucune logique et aucun critère. De plus, les services préfectoraux ralentissent
et complexifient sans cesse la procédure.
En soutien aux grévistes sans papiers en région parisienne
où le même constat a provoqué un mouvement de grève de plus de 5000 travailleurs issus
d'un millier d'entreprises, soutenus par de nombreux syndicats et de nombreuses
associations. Face à cette mobilisation, le ministre de l'immigration a validé une nouvelle
circulaire qui n'est pas acceptable. C'est pourquoi le mouvement se poursuit en région
parisienne et que nous lui faisons écho ici, à Bordeaux.
NOUS RECLAMONS UNE CIRCULAIRE DE REGULARISATION LARGE, CLAIRE ET PRECISE
L'ANNULATION DE DEMANDE DE PRESENCE SUR LE SOL FRANCAIS DE 5 ANS MINIMUM
L'ANNULATION DE L'EXCLUSION DES ALGERIENS ET DES TUNISIENS DE LA CIRCULAIRE
UNE REGULARISATION SANS LISTE DE METIERS RESTRICTIVE
LA PRISE EN COMPTE DES ANNEES DE TRAVAIL NON DECLAREES
(....)
Employés massivement dans certains secteurs d'activité (bâtiment, hôtellerie et restauration,
nettoyage, services à la personne, agriculture, …), les travailleurs sans-papiers sont
indispensables à l'économie de notre pays. Ils subissent la terreur occasionnée par la
répression policière, la course aux quotas d'expulsion, et la soumission à des abus dans le
domaine du travail : bas salaires, absence de congés, de droits syndicaux et de protection
sociale (malgré leur cotisation), mise en danger de leur santé, heures supplémentaires
excessives et non payées, …
L'emploi des sans-papiers n'est que le cas extrême d'une dégradation générale des conditions de
travail de tous les travailleurs qui se poursuit depuis plusieurs dizaines d'années :
Dérèglementation du droit du travail et contournement de celui-ci par la sous-traitance et la
délocalisation – Précarisation - Déshumanisation du travailleur - Management par la peur –
Répression policière - …
Solidarité avec ceux qui se battent pour leurs droits et leur dignité
Collectifs des Travailleurs Sans Papiers
Rassemblement et manifestation devant la CCI, place de la Bourse
samedi 12 Décembre, à 15h
Collectif des Travailleurs Sans Papiers - ASTI - RESF - SOLIDAIRES(SUD) - CFDT33 - FSU - CGT - UNSA ...
LES COLLECTIFS SE REUNISSENT TOUS LES SAMEDIS A 16 H DANS LES
LOCAUX DE L'ASTI - 10, rue de Causserouge - Bordeaux - [adresse retirée]
Ils sont soutenus par AC! Gironde; ASTI; CIMADE; Collectif pour l'Egalité des Droits rive droite;
CGT Educ’Action Aquitaine; Ecopol; FSU 33; LDH 33; NPA 33; La Confédération Paysanne ;
LO ; MJCF ; MJS; PCF; PS; RESF 33; Syndicat des Avocats de France section bordelaise;
Solidaires 33 ; Syndicat de la Magistrature UEC; UNSA ; Les Verts Aquitaine ; UD CGT Gironde
http://travailleurssanspapiersbdx.over-blog.com
Nos vies valent plus que leurs profits.
Vétéran · 11 430 messages
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à Creil, les travailleurs qui occupaient encore jeudi une agence intérim ont été expulsés... On souligne une très bonne coopération/coordination entre les différentes organisations qui agissent en soutien...
Et patatra ! :
Commentaire :
Il faut dire pour comprendre que dans cette région du Monde - le creillois - plusieurs candidats PC ou presque se tirent la bourre... Et c'est nuisible.
A propos de nuisance : le pouvoir de nuisance des travailleurs sans pap', maintenant "hébergés" dans la grande salle de réunion de la Bourse du Travail, a été grandement réduits par de bons conseillés... !
N'importe quoi.
.
à Creil, les travailleurs qui occupaient encore jeudi une agence intérim ont été expulsés... On souligne une très bonne coopération/coordination entre les différentes organisations qui agissent en soutien...
Et patatra ! :
Communiqué de presse
CGT - CFDT – FO
Les salariés sans papiers ont décidé, à l’initiative de certains adjoints aux maires de Creil et
de Nogent sur Oise, d’envahir les locaux de la Bourse du Travail plutôt que les salles
municipales. Comment auraient réagi les élus si les sans papiers avaient occupé leurs
mairies ? Le comité de gestion et les Organisations syndicales ne peuvent que s’élever
devant de telles pratiques.
Bien sur, nous ne sommes pas surpris, car elles sont la suite de ce qui s’est produit vendredi
soir où une délégation politique conduite par Maxime GREMETZ et d’adjoints aux maires de
Creil et de Nogent sur Oise, a rencontré les salariés sans papiers avec pour objectif de
dénigrer et de discréditer les OS et plus particulièrement la CGT, dans un seul souci de
récupération.
Nous ne pouvons cautionner de telles pratiques et être mis devant le fait accompli. Les OS
condamnent l’occupation des locaux et ne pourraient être responsables de tous problèmes
inhérents.
Cette manoeuvre, purement politicienne, aura pour conséquence d’empêcher le
déroulement de l’activité syndicale des OS et pénalisera l’ensemble des salariés.
Nous sommes convaincus que la lutte des sans papiers ne se règlera pas dans les locaux de la
Bourse du travail, mais par une action syndicale. La CGT est toujours solidaire de salariés
sans papier.
Commentaire :
ça se fait des croche pieds entre coco!!!dégueulasse en se servant du sort des sans pap...
Il faut dire pour comprendre que dans cette région du Monde - le creillois - plusieurs candidats PC ou presque se tirent la bourre... Et c'est nuisible.
A propos de nuisance : le pouvoir de nuisance des travailleurs sans pap', maintenant "hébergés" dans la grande salle de réunion de la Bourse du Travail, a été grandement réduits par de bons conseillés... !
N'importe quoi.
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Vétéran · 11 430 messages
Vétéran · 11 430 messages
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lu sur la Rue89 :
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lu sur la Rue89 :
C'est la guerre qui les a jetés à 8000 kilomètres de chez eux, dans les rues du Xe arrondissement de Paris.
Ce mardi soir, ils sont plusieurs dizaines sous le pont de la rue Louis-Blanc, agenouillés près du feu, suffisamment proches les uns des autres pour se tenir chaud.
Sahil a 17 ans, il parle anglais. Il est à Paris depuis vingt jours, peut-être trente, il ne se souvient pas. Toutes ses nuits, il les a passées là. De longues nuits. Interminables, glacées.
Sahil - ce n'est évidemment pas son vrai prénom - porte un sweat à capuche blanc et une écharpe beige. Pas de manteau, pas de bonnet, pas de gants. « J'ai froid mais ça va », répète-t-il. La peau mate, les yeux légèrement étirés et une fine barbe noire ; il est très beau.
Sahil a quitté Jalalabad en septembre. C'est son cousin, plus âgé, qui lui a procuré l'argent et les faux papiers nécessaires à son départ. C'est par avion qu'il rejoint la Grèce. Là, un de ses amis le loge et le nourrit moyennant quelques euros. La colocation dure deux mois avant un nouveau vol vers l'Italie. Le séjour tourne court, il faut repartir vite, la police est plus « vigilante » qu'ailleurs et surtout, pour Sahil, la destination à atteindre est la France, le « pays des droits de l'homme ». A la mi-novembre, il descend enfin à la gare de Lyon.
L'entretien est régulièrement interrompu pour traduire les questions aux autres garçons. « Je n'ai jamais pris l'avion », intervient Khaled, 16 ans, « avec les autres, on a pris un camion pour l'Iran. »
Sahil reprend. Du quai de la gare, il a rejoint les berges du canal, point de ralliement des réfugiés. « Où aller d'autre ? Je suis venu seul, je suis seul. » Il ne connaît personne d'autre à Paris, ne parle pas français et n'a plus un rond.
Entre les repas et les visites de la police, l'attente
Les journées qu'il raconte sont « pleines d'attente ». De quoi ? « Je ne sais pas », répond-il. Répétitif, son quotidien est réglé par le rythme des distributions de repas et des visites de la police :
« Ils nous réveillaient à 7h00 en criant “Les Afghans ! Les Afghans ! Il faut partir ! ” Depuis une semaine, ils ne viennent plus. Je crois que c'est grâce aux associations. »
Après la police et les associations qui distribuent du thé et pain vient la sombre perpective d'une journée qui commence et de tout ce temps à tuer :
« On ne sait pas quoi faire alors on marche. »
Par groupe de dix, ils traînent leur ennui d'un quartier à l'autre, toujours les mêmes : Belleville, gare de l'Est, les grands boulevards. Leur ennui et leur faim car la plupart des garçons - ceux qui ne sont pas hébergés par les associations - ne connaissent que deux repas par jour. Le thé et pain du matin, et la distribution de 19 heures.
« Au revoir », lance Khaled en français. Avec un autre adolescent de son âge, ils vont marcher le long du canal pour se dérouiller les jambes. Le feu est éteint.
« En Afghanistan, je ne dormais pas dehors. Mais ici, il n'y a pas la guerre »
Contrairement à Sahil, Khaled ne dort pas sous les tentes. Il fait partie des jeunes pris en charge par l'ASE (Aide sociale à l'enfance). Il est logé dans un hôtel avec deux autres Afghans de son âge et suit des cours de français. Mais le soir, il revient près du feu pour ne pas rester « tout seul ».
Sahil voudrait lui aussi dormir dans un lit, apprendre la langue, aller à l'école. Même si c'est dur, il ne veut pas repartir :
« Je ne dirai pas à ma mère et à mon frère de me rejoindre, c'est encore trop dur. La vie n'est pas meilleure, le quotidien est même pire. En Afghanistan, j'avais une famille, je ne dormais pas dehors. Mais ici, il n'y a pas la guerre. Je ne peux pas retourner là-bas. »
L'entretien se poursuit dans un café. A l'entrée, Sahil a eu l'air d'hésiter, craignant peut-être d'être mis dehors. Il n'a pas l'habitude des cafés et des magasins. Il les regarde depuis le trottoir. Sahil parle de sa faim :
« Je n'avais jamais eu faim en Afghanistan. J'ai la tête qui tourne. Là-bas (sous les tentes, ndlr), il y en a qui ont tellement faim qu'ils ont en mal au ventre. Ils restent allongés et ils ne se lèvent que pour aller à la distribution. La nuit, on a du mal à dormir parce qu'on a faim. C'est très dur. »
Il s'éclipe de longues minutes. Lorsqu'il revient, il ne cache pas avoir utilisé les toilettes pour se rafraîchir. Les douches prises dans les locaux voisins d'une association, sans être rares, sont soumises à des horaires strictement matinaux.
Avant de nous quitter, Sahil, qui a répondu à beaucoup de questions, veut poser la sienne :
« Ca va durer longtemps ? »
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