Un Jamaïquain peut en cacher un autre. Huit mois après son compatriote Asafa Powell, auteur d’un détonnant 9’’74 à Rieti (Italie), le jeune (21 ans) Usain Bolt a ébranlé le monde du 100m en s’offrant le record du monde de la discipline en 9’’72, sur la piste détrempée par l’orage du Icahn Stadium de New York.
Sous les yeux d’une assistance acquise à sa cause (Big Apple recense une grande communauté yardie), le géant (1,96m) de Trelawny (nord) a survolé la course, reléguant au rang de faire-valoir le champion du monde américain Tyson Gay, 2e en 9’’85.
L’exploit est énorme, presque irréel, lorsqu’on constate que « Lightning Bolt » (d’un jeu de mot en anglais, la foudre se dit « a bolt of lightning »), spécialiste et terreur du 200m, faisait là seulement sa cinquième apparition en compétition dans l’épreuve reine de l’athlétisme.
Le 3 mai dernier, l’enfant prodige du « track and field » jamaïquain, champion du monde juniors sur 200m en 2002, avait déjà fait étalage de son incroyable talent en signant un prometteur 9’’76 à… Kingston.
« Usain le grand » sera donc attendu aux JO de Pékin (8-24 août), où il a promis de « doubler », c’est-à-dire s’aligner sur 100m et 200m. Le duel 100% jamaïquain entre « Afasta » Powell et « Thunder » Bold, avec Tyson Gay dans le rôle d’arbitre, s’annonce bouillant.