Le gouvernement jamaïcain et les forces de l'ordre tirent un premier bilan de leurs opérations, après cinq jours de violence sporadique à Kingston (voir news du 26/05/2010).
73 personnes ont été tuées dans les assauts, sans compter trois membres des forces de sécurité. Une soixantaine de policiers et de soldats a par ailleurs été blessée. Contrairement à ce qui avait pu être annoncé, seules deux femmes sont décédées, les observateurs ayant été trompés par des corps d'hommes portant des robes. 500 personnes ont été arrêtées, mais seulement 25 devraient être poursuivies.
Tivoli Gardens est encore sous haute sécurité, avec une présence massive de l'armée. Le quartier a été passé au peigne fin, ce qui a permis de découvrir 22 armes, 8 000 cartouches, des engins explosifs artisanaux et une photo récente de « Dudus ».
Une commission d'enquête indépendante a été diligentée pour éclaircir les conditions d'intervention. Earl Witter, le « Public Defender », va s'installer à Tivoli pour recueillir plus facilement les témoignages des habitants. Certains, dans d’autres quartiers, accusent les forces de l'ordre de violence excessive, comme à Hannah Town ou Mountain View. A St Andrew, Keith Clarke, un notable de 63 ans, a été tué chez lui lors d'une intervention dans le quartier.
Edward Seaga, ancien Premier ministre et leader du JLP, est même sorti de sa réserve : il demande à « Dudus » de se livrer à la police et critique la gestion de la crise par son successeur Bruce Golding.
On apprend également que 23 « community leaders », de Kingston et des environs, ont été appelés à se constituer prisonniers. La moitié s’est déjà livrée, dont George Phang, producteur et propriétaire du label Powerhouse dans les années 80 (voir notre interview).