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Date de mise en ligne : mercredi 04 septembre 2013 - 6 348 vues

Reggae Geel 2013

Pour fêter les 35 ans d'existence de leur festival, les organisateurs avait mis les petits plats dans les grands. Le site complet a été réaménagé pour laisser plus de place au public, pour faciliter les accès et pour qu'il y ait moins d'interférences de son entre les cinq scènes et chapiteaux du site.
70 artistes et sound systems composaient le line-up du Reggae Geel Festival 2013, un gros défi pour tous les bénévoles de l'organisation. Malgré quelques changements d'horaires de dernière minute et l'absence de Barrington Levy, le pari du Reggae Geel Festival 2013 a été tenu.


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Watch out fi this ! L'idée de terminer un festival reggae, et un des plus anciens d'Europe en plus, sur une chanson populaire et commerciale telle que le Bumaye de Major Lazer et Busy Signal, semblera inconcevable à beaucoup de puristes du genre. Et pourtant, la générosité, l'énergie et l'amour partagé par Busy Signal lors de ce dernier titre reflètent bien l'esprit du reggae. Se hisser sur les haut-parleurs, puis se perdre dans la foule pour finalement terminer sur scène sans chaussures, tout ça le temps d'un titre et devant un public en délire... C'est le final qu'a offert Busy Signal à ce Reggae Geel 2013.

Vendredi 2 août 2013

La devise de Reggae Geel est "Catch a Vibe" et la variété des concerts et animations proposées sur le site pendant deux jours font que chacun peut se composer son propre programme. Sous le chapiteau du Bounce Dancehall, dans la chaleur et la sueur, Gyptian, le Londonien Randy Valentine, Exco Levi, mais surtout les sound systems lâchent toute l'énergie qu'ils ont sur les danseurs. Les fins de soirées avec Killamanjaro, Sentinel ou les Japonais de Mighty Crown ont été torrides. Dans le Skaville Circus, l'ambiance est complètement différente, plus posée mais pas moins joyeuse. Les selectas plongent au fond de leur caisse pour en sortir leurs sélections de ska, rocksteady et early reggae. Quelques artistes y passent aussi au micro. C'est ainsi que Dennis Alcapone et Prince Fatty ont montré au public du vendredi soir ce qu'est une vraie fête à l'ancienne. Ska Time !

Une autre petite tente abritait un nouvel espace : The Yard. C'est l'endroit où avaient lieu, selon les heures, des conférences, une interview de Bunny Lee par David Katz, des cours de danse ragga, des concerts d'artistes locaux, de la comédie jamaïcaine, de la dub poetry ou des percussions nyahbinghi... Une variété d'activités culturelles qui permet au public de découvrir la culture jamaïcaine au sens large.


©Rik De Blick


Comme d'habitude, les amateurs de dub se sont retrouvés dans le petit bois, endroit magique au milieu des pins. Pour la première fois, malheureusement, ils n'ont pas eu la joie de voir débarquer des sound systems customs locaux ou anglais. Les nouvelles législations sur les limitations de bruit ont obligé les organisateurs à faire installer une sono de type "funktion one", au grand désespoir des adeptes de puissance sonore. En revanche, ils ont été gâtés par la programmation avec Aba Shanti, Mad Professor et la première visite de King Jammy en Belgique (après son annulation de l'année dernière) le vendredi. Le samedi, beaucoup ont loupé le passage d'Addis Pablo, à cause d'un changement d'horaires mal communiqué, mais ont pu se rattraper avec un des sounds de la deuxième génération anglaise, Kibir La Amlak suivis du projet de African Head Charge en mode sound system et enfin avec Jah Tubbys qui a poursuivi la transe jusqu'à quatre heures du matin, secondé par des Professor Natty, Gregory Fabulous et Macky Banton très en verve.

Sur la scène principale, la liste d'artistes annoncée était impressionnante. La programmation se voulait équilibrée entre les icônes du reggae et du dancehall et les jeunes pousses qui, en 2013, sont candidats à la relève. Le vendredi, le jeune groupe jamaïcain Pentateuch, un de ceux qui font revivre la tradition des "reggae bands" à l'ancienne, ouvrait les festivités. Iba MaHr, initialement prévu dans la tente dancehall a profité de l'absence de Barrington Levy pour se produire sur la grande scène, accompagné par Dubtonic Kru. Ce jeune chanteur, ami de Chronixx, partage cette même vibe à l'ancienne, avec toute la fraîcheur de sa jeunesse et une belle voix qui peut rappeler Chezidek. Il s'est surtout concentré sur du matériel roots, laissant de côté son répertoire de chansons d'amour. Il a été une des bonnes révélations du weekend. Marcia Griffiths a enchainé, backée pour la toute première fois par un groupe de musiciens belges : le Asham Band, qu'elle a encensé, l'appellant "My Number One Band", la preuve que le reggae belge aussi se développe. La grande dame du reggae a joué beaucoup de reprises (Israelites, My Boy Lollipop) et à l'issue de son show, beaucoup disaient ne jamais l'avoir vue en si grande forme.


Marcia Griffiths - ©Rik De Blick


Après ce concert vitaminé, le Reggae Geel est passé juste à côté d'une mini-catastrophe : la grande bannière ornant le haut de la scène, apparemment fixée trop près des éclairages, a pris feu. Chute de plastique en feu sur la scène et les instruments, vidange d'extincteurs, intervention des pompiers... Pour beaucoup, c'était la douche froide. Mais après environ une heure trente de travail, l'équipe technique avait réussi à remettre tout cela en ordre et le Ruff Kutt Band de Jamaïque était installé pour un des concerts dancehall les plus mémorables que la Belgique ait connu. Après l'accorte Tifa, pas très juste, ce n'est pas une mais deux légendes du dancehall qui étaient invitées pour un concert exceptionnel.

Cutty Ranks, le Stopper ou le Bomber comme on l'appelle, n'avait jamais joué en Belgique et était donc fermement attendu par le public. Il est arrivé comme un taureau, plein de puissance vocale brute. Retreat, Who Seh Mi Dun, Limb by Limb, Love Mi Haffi Get, il a enchaîné des classiques des années 80 et 90, insistant sur des longs raps ou freestyles. Dans une deuxième partie de son show, il a tenté d'expliquer au public qu'il est devenu un artiste qui veut faire passer un message. Ce message, beaucoup l'ignorent, il l'a mis en mots sur un album reggae one-drop l'année passée. Il a donc interprété Full Blast et Mass Grave, des titres revendicatifs qui ont laissé le public perplexe. Cutty Ranks a terminé avec quelques autres classiques, montrant qu'il reste un rude boy mais avec des choses à dire.


Cutty Ranks l'avait appelé "The killer of all killers" et, une fois de plus, Bounty Killer a prouvé qu'il reste un pilier inamovible du dancehall. Le Poor People's Governor était véritablement l'artiste le plus attendu de ce premier jour de festival. Pendant plus d'une heure, il a enchaîné ses titres de manière rapide, sans pour autant se précipiter. Bounty Killer en a étonné plus d'un : il a plusieurs fois fait l'apologie du reggae, s'est fort concentré sur ses anciens morceaux sur des riddims classiques (Guns Out, Spy Fi Die, Smoke the Herb, Fed Up) et sur ses titres reggae comme Pot of Gold et Outcry qu'il chante à l'origine avec Richie Stephens, Living Dangerously ou Petty Thief sur le Drifter riddim. Au milieu de son show, il annonce qu'il passe en "Badman Style Now" et le public déjà surchauffé s'est vu bombardé de hits plus récents. Bounty Killer était apparemment de bonne humeur ce jour-là, faisant même chanter et participer le public. Quand il nous quitte sur l'hymne Stronger, il est presque trois heures du matin. Dans le fond, côté dub, on entend King Jammy qui finit son show en remixant son célébrissime Sleng Teng...


Bounty Killer - ©Rik De Blick


Samedi 3 août 2013

Le samedi a vu une déferlante de jeunes talents sur la scène principale. Les Belges d'Iron Ites, vainqueur du Benelux Reggae Contest, ouvrent le bal, suivis de Dubtronic Kru de Jamaïque. Fort attendue, Jah9 a ravi ses fans. Elle a chanté quasiment en entier son album "New Name", sorti l'an dernier. Une belle voix, une silhouette longiligne et une attitude militante font de cette chanteuse un personnage captivant, et le public lui a accordé toute son attention. Elle était accompagnée du groupe Indiggnation de Protoje. Ce dernier n'en était pas à sa première visite en Belgique. En pleine progression, son show est frais et varié, avec des parties dub et quelques passages dancehall.


Jah9 - ©Rik De Blick


Après cette bouffée d'air frais, les vétérans ont repris le flambeau : Leroy Sibbles tout d'abord, accompagné par l'Asham Band. Si sa voix n'était pas des meilleures, son set était correct, entre les classiques des Heptones et quelques hits reggae dont il avait créé les lignes de basses à l'époque et qu'il s'est fait un plaisir de nous remémorer, comme "Satta Massa Gana" des Abyssinians ou le Full Up riddim.

Freddie McGregor était très motivé après une longue absence des scènes belges. Il démarre avec quelques hits, avant de nous interpréter trois titres de son dernier album "The Captain". Dans le troisième segment de son show, il entonne quelques classiques Studio One et un hommage à son frère de son, Dennis Brown, puis a terminé par quelques-unes de ses chansons les plus célèbres avant que Third World ne lui succède avec son show habituel.

Capleton ne fait depuis longtemps plus partie de la jeune génération d'artistes mais il garde cette énergie et cet enthousiasme juvénile qui lui permettent de captiver son public et de faire illuminer la plaine par des centaines de briquets. Après sa prestation raccourcie à cause du retard de l'artiste, c'est le Hi-Voltage Band qui prend place. Tout d'abord pour jouer avec Romain Virgo. Ce jeune chanteur, l'une des plus belles voix de sa génération, a de nombreux fans en Belgique où il a déjà joué souvent depuis ses débuts. Il a une nouvelle fois confirmé tous ses talents, entre passages lovers et quelques titres roots.


Busy Signal - ©Rik De Blick


Finalement c'est un Busy Signal survolté qui a terminé ce festival. C'est en général aux anciens que revient ce genre d'honneur. Mais Busy se trouve actuellement au firmament de la musique jamaïcaine, alliant le meilleur du dancehall et du reggae, et porté par le buzz mondial de son travail avec Major Lazer. Il avait donc amplement mérité de se trouver à cette place d'honneur. Même si on ressentait dans sa voix les efforts déjà consentis au cours de la tournée en cours (elle sonnait mieux le week-end précédent au Garance Festival), sa prestation n'en reste pas moins époustouflante et inspirée. Quand il quitte la scène après un Bumaye de 10 minutes, on remarque sur les visages du public cet air de satisfaction après deux journées remplies de bonnes vibes, d'unité et de soleil.


Article écrit par Irie Nation
Photos : Rik De Blick

Tags : Bounty Killer (139), Cutty Ranks (18), Capleton (135), Marcia Griffiths (38), Mighty Crown (37), Sentinel (24), Gyptian (88), Busy Signal (174), Protoje (79), Jah9 (21), Chronixx (47), Iba MaHr (20), Festivals 2013 (80)

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