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Splash Festival

Publication date : Monday, September 06th 2004 - 38 456 vues


Splash festival 2004



Splash festival 2004
Festival exclusivement hip-hop au départ, le Splash de Chemnitz, en Allemagne, a ouvert, depuis quelques années, sa programmation au dancehall et au reggae. L'association de ces deux musiques sœurs ne pouvait que marcher et depuis, la production de cet énorme événement a toujours fait un travail remarquable pour nous gratifier des plus belles affiches, sur lesquelles les annulations ne se comptent qu'en tout petit nombre. L'absence de Marcia Griffiths a été annoncée de longue date, et Pete Rock a été remplacé sans problème. Certains devraient en prendre de la graine.

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Cette année encore, l'affiche était spectaculaire, pleine d'exclusivités côté jamaïquain (en vrac : Spragga Benz, Baby Cham, Lukie D., Hawkeye, Chico, Red Rat, Taffari) et relevée de quelques représentations non négligeables côté hip-hop (entre autres, Busta Rhymes, Mobb Deep, Raekwon, Afu-Ra ou encore Iam). En bref, il s'agissait à nouveau d'un programme aux petits oignons ; de quoi être sûr de ravir les plus de 23 000 spectateurs à avoir fait le déplacement.

Il était dès lors bien facile de nous laisser tenter aussi. Et cette fois, l'événement s'annonçait tel, qu'il nous a motivé pour nous y rendre en tant que reporters et non plus en temps que simples visiteurs. Une équipe est donc allée à Chemnitz, afin de faire un peu de lumière sur cet événement.
En effet, le Splash est trop souvent laissé pour compte de part chez nous, souffrant de la concurrence des Summerjam et autres Jamaican Sunrise. Mais on peut imaginer qu'il finira par s'imposer comme l'événement numéro 1 en Europen, non seulement en ce qui concerne le reggae et le dancehall, mais aussi le hip-hop (élément non négligeable pour qui prône le mélange des cultures et l'ouverture d'esprit), voire même la culture urbaine en général (des contests en tout genre sont organisés tout au long du week-end : graf, skate, danse, freestyle).

Après avoir passé la nuit dans divers trains allemands pour quasiment traverser le pays (c'est que Chemnitz, ce n'est pas tout près quand même…), c'est par un temps radieux que nous arrivons à la gare où nous attend la navette qui nous mènera jusqu'au festival, situé au bord d'un lac, au beau milieu de la campagne allemande.


Dès notre arrivée, et comme chaque année, il est bon de voir à quel point les Allemands sont organisés. Il y a déjà foule en ce début d'après-midi, mais c'est sans mal que l'on parvient à trouver une âme charitable pour nous indiquer le camping réservé à la presse, afin que l'on retrouve Polo, déjà là depuis la veille. Un petit coin à l'ombre d'un arbre pour planter notre tente et nous voilà prêts pour affronter ces trois jours de festival, qui s'annoncent dores et déjà très riches en sensations fortes. Comme tous les ans sur la scène reggae dancehall, c'est Mystic Dan, le MC du sound local Phlatline, à revient la tâche d'introduire chaque artiste, et le Germaican Band sera chargé de backer l'essentiel des performances yardies.
Photo Mystic Dan.

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Report write by Lexxx T.

Tags : Red Rat (13), Spragga Benz (48), Hawkeye (10), Chico (14), Wayne Marshall (50), Busta Rhymes (16), Baby Cham (36), Beres Hammond (57), Cecile (59), Luciano (126), Lloyd Brown (7), Sanchez (17), Chrisinti (6), Lukie D (27), Ginjah (11)

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29 juillet

Publication date : 09-06-2004


Splash festival 2004, jeudi 29 juilllet


Splash festival 2004, jeudi 29 juilllet
Les vibes sont déjà présentes dès l'arrivée à la gare de Leipzig (100 km de Chemnitz), la gare est pleine de b-boys campeurs en baggy, portant caisses de bières et Soundblaster ; autant vous dire que le ton est donné. Dans le train régional, la contrôleuse bavaroise ainsi que certains habitués du trajet n'en croient pas leurs yeux et se demandent pourquoi ces jeunes fument, boivent et mettent du rap à fond pour prendre le train… This is how we roll !

A la gare de Chemnitz, des bus spécialement affrétés pour le Splash transportent tout ce beau monde sur le site du festival. La ville est-allemande a du charme mélangeant de nouvelles constructions aux vestiges de l'ancienne Allemagne divisée. En arrivant sur les hauteurs, nous découvrons le site magnifique : forêt de sapins, collines, le tout autour d'un lac ; le Zion n'est pas si loin…


L'organisation est impeccable ; les festivaliers sont accueillis et dirigés vers les divers emplacements de camping, l'accueil des officiels est très rapide et charmant. A 14 heures, malgré des défaillances techniques, la tente est montée et une odeur de Jamaïque s'élève enfin de notre emplacement, rejoint pour l'occasion par nos voisins de Riddim magazine…

L'équipe du festival est encore en train de monter certaines parties, comme le skatepark, et les équipes de sonorisation font leurs balances sur l'impressionnante scène hip-hop, située juste au bord du lac ; le son est excellent. Nous profitons de ce site encore en construction pour visiter et prendre nos marques ; la scène dancehall est plus petite, mais très bien située.

La journée se termine au camping… Les équipes du festival sont encore au boulot à minuit, mais pour nous, il est temps de recharger les batteries pour l'ouverture du Splash 2004.


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30 juillet

Publication date : 09-06-2004


Splash festival 2004, vendredi 30 juilllet


Splash festival 2004, vendredi 30 juilllet
Alors que du côté de la scène hip-hop, les concerts ont déjà commencé et que la foule commence à s'accumuler, sur la scène reggae se fait entendre la balance du premier artiste de la journée, Lazy Youth, accompagné de Bruce Barron. Le temps pour ce groupe local de chauffer un peu l'audience et les Jamaïquains vont enfin pouvoir commencer.

Hawkeye
Il est encore tôt et ce n'est donc que devant peu de monde qu'Hawkeye, en tenue de soirée, fait son entrée sur scène. Cependant, son style et son énergie ne mettent pas longtemps à éveiller l'intérêt et à rassembler plus de monde. Hawkeye ne tient pas en place et très vite, il descend de scène pour venir se promener le long de la barrière qui le sépare du public, tout en agitant sa serviette et en chantant ses plus gros tunes, que le public reprend en cœur (Bubble and wine, Twingy twanga, La la la). Il repère alors une fille dans la foule et, à califourchon sur la barrière, il commence à lui faire un numéro de charme bien scabreux, tout en prenant régulièrement le reste du public à parti. De nouveau sur scène, l'ambiance est montée d'un cran, il fait chaud et Hawkeye commence à se déshabiller. Le très bon Somebody, sur le Coolie dance riddim, continue de mettre le feu aux poudres. Le DJ fait monter sur scène une autre fille du public, avec laquelle il entame une danse torride… Hawkeye finira son show en courant torse nu à travers la foule hilare, qu'il continue de plus belle à faire chanter et danser.

Chico
Une courte pause et c'est au tour de Chico de prendre le relais. Ce jeune singjay n'en est pas à son coup d'essai, puisque c'est la quatrième fois qu'il est à l'affiche du Splash. Il connaît bien le public allemand et ce dernier l'apprécie : c'est donc sans mal que l'ambiance générée par Hawkeye est maintenue. Ce qui lui permet, en plus d'enchaîner ses grands classiques (Gallivant, You nuh care, Enemy, Hold yuh man), de tester le forward sur certains de ses tunes plus récents, comme Exchange sur le Salsa riddim, Keeping it real sur le Ching chong ou encore sur Lock di ends sur le Grindin', qui mettent tout le monde d'accord. Tout se déroule sans faux pas jusqu'au bout. Perché sur les enceintes devant la scène, afin d'être le plus prés possible du public Chico a une pêche énorme, un sourire très communicatif et la bonne humeur finit de s'installer dans une foule désormais bien dense. Les choses sérieuses ont définitivement commencé.

Cecile
Il faut croire que les DJ femmes plaisent beaucoup en Allemagne, car quand Cecile déboule sur scène, elle reçoit directement un accueil des plus chaleureux. Même si on peut remarquer quelques imPerfections au niveau vocal et une certaine pauvreté dans le jeu de scène, le show est bien rôdé et le public semble comblé ; Fool, Changez, Can you do the work, les gros hits se suivent sans répit, et sur Give it to me sur le Coolie dance riddim, le forward est vraiment impressionnant. Loin des polémiques qu'elle nourrit à ce sujet en Jamaïque, Cecile en profite donc pour savoir s'il y a dans le public des amatrices de cunnilingus, comme elle. Elle clôturera son show en conviant Hawkeye et Chico à la rejoindre pour une petite leçon de danse au public, mais l'incontrôlable Hawkeye s'empare d'un micro et commence à la tchatcher. Ce bon esprit fait vraiment plaisir aux gens et une véritable ovation raccompagne les artistes en coulisses.

Baby Cham
Arrive la première véritable pause de la journée, nécessaire pour changer la scène, mais utile aussi pour profiter du show que donne alors Afu-Ra sur la scène hip-hop. Puis, Mystic Dan rappelle le public pour annoncer Baby Cham. Au début, peu de gens semblent enthousiastes, peut-être fatigués, mais quand le gaillard entre sur son violent Hottie hottie crew, la folie furieuse reprend, ça saute dans tous les sens. On peut regretter que Cham ait joué beaucoup de classiques, tels que Galong yah gal, Can I get a… ou encore tous ses duos de tunes sur le Bug riddim, le Bounce ou encore le Joyride (sur lequel il reprend successivement les refrains de Wayne Wonder et de Mr. Easy de façon assez impressionnante). D'autant que le plus gros forward survient sur le seul tune bien fresh du show, Vitamin S. Mais peu importe, Baby Cham, même s'il est plus un performeur vocal qu'un réel entertainer (la seule fantaisie qu'il s'est accordée ayant été quelques pas de danse et l'emprunt d'un drapeau jamaïquain dans le public pour l'agiter en chantant) a lui aussi conquis le public et a pu ainsi promouvoir efficacement son crew, Mad House.

Dean Fraser
Après la boucherie de Baby Cham et vu ce qui doit suivre, une bonne pause est nécessaire. Le temps de calmer les esprits et d'installer le set qui va servir à backer le seul show reggae de la journée, mais pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit de Luciano. C'est un très grand monsieur qui fait son apparition en premier, une fois que le Jah Messenger Band est en place. En effet, le grand saxophoniste Dean Fraser est présent et les mélodies qui émanent de la scène attirent les gens en masse. Il commence son show avec un saxo droit. Puis, il se met au saxo classique, se lançant même dans un petit duel avec le guitariste : époustouflant. Une grande sérénité prend place dans le public, l'ambiance a radicalement changé, mais est toujours aussi intense. Dean Fraser est la preuve vivante de l'adage : "la musique adoucit les mœurs".



Mikey General
Ce qui est vraiment plaisant avec le Splash, c'est que les artistes ont le temps. Ainsi, avant Luciano, et ce alors que Dean Fraser vient de jouer pendant 20 bonnes minutes, on a le plaisir d'accueillir Mikey General. Comme il est rare de le voir performer solo, indépendamment de Luciano, le plaisir est encore plus grand. D'autant qu'il semble partagé et on sent que le père Mikey est vraiment heureux de pouvoir prouver au public son grand talent. Vêtu d'un ensemble bleu assez flashy, il apparaît très en forme et souriant et il nous donne une prestation satisfaisante et bien agencée, agrémentée de tunes bien sentis (Sinners, Miss Taylor boy, Fire nah cease, Conquer all my foes). Là encore, le show n'excède pas les 20 minutes, mais suffit largement à combler le public et à l'installer bien confortablement dans l'état d'esprit qu'il faut pour accueillir la suite.

Luciano
Arrive alors le performeur des performeurs, j'ai nommé Luciano. Dans une forme olympique et en tenue militaire, le Messenger arpente la scène, en faisant des bonds dans tous les sens. Les tunes se succèdent inlassablement (Ulterior motive, Who could it be, Come away) et ce serait faire les rabats joie que de se plaindre du fait que le line up des shows de Luciano soit toujours les mêmes, tellement ses chansons semblent être faites pour s'enchaîner comme ça. D'autant que chacune d'entre elles est sublimée par les chœurs de Mikey General d'une part et par Dean Fraser d'autre part, qui leur donne définitivement une dimension supplémentaire. Luciano agrémente aussi son show de quelques chansons de son dernier album, "Serious Time", dont Stay away, sur la production locale Doctor's darling riddim, qui lui assure une énorme reconnaissance du public et le contraint littéralement à pull up. Un très, très grand show de l'inépuisable Luciano, qui atteint vraiment l'apogée de son talent aux côtés de gens tels que Dean Fraser.

Raekwon
La nuit est tombée depuis un moment maintenant et la scène reggae ne pourrait de toute façon plus accueillir qui que ce soit après un tel show. Toutefois, la programmation est assez bien pensée pour que les shows reggae se finissent assez tôt afin que tout le monde puisse assister au dernier show hip-hop. C'est ainsi que nous avons pu apprécier la performance de Raekwon, un des membres fondateurs du mythique Wu Tang Clan. Accompagné de Cappadonna, il nous livre un show très efficace d'un peu plus d'une heure, au cours duquel il passe en revue tout le répertoire du clan, de l'anthologique "Enter The 36 Chambers" aux hits solos de chacun des protagonistes ; rien n'est oublié et le répondant du public est vraiment hallucinant. A tel point que même les deux rappeurs semblent bluffés par l'accueil qui leur est réservé.

La journée touche à sa fin et il est l'heure d'aller prendre un repos bien mérité. Juste le temps d'aller faire un petit tour dans une des trois tentes dressées sur la deuxième partie du site (au choix, hip-hop, dancehall ou drum n' bass). Ce soir, dans la tente dancehall, ce sont les sounds allemands Pow Pow et Phlatline qui sont chargés d'animer la danse, jusqu'à 4 heures du matin, mais nous nous trouvons contraints de rendre les armes avant. La journée a été éreintante et celle du lendemain s'annonce similaire.


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Report write by Lexxx T.

31 juillet

Publication date : 09-06-2004


Splash festival 2004, samedi 31 juillet


Splash festival 2004, samedi 31 juillet
Alors que la scène hip-hop est active depuis le tout début de l'après-midi, comme tous les jours, la deuxième journée commence plus tard que la première du côté de la scène reggae et avec de mauvaises nouvelles. Burro Banton et Lady Saw, initialement programmés, ne sont pas là. Toutefois, grâce à Mystic Dan, nous sommes tenus au courant dès le début de la journée de ces petits imprévus et nous apprenons dans la foulée que rien n'est perdu au change, puisque Red Rat est là pour remplacer Burro Banton et que le Red Square Crew assurera le show avant Spragga Benz, à la place de Lady Saw. Le temps de rameuter un peu de monde avec le Germaican Showcase, mené par Bobby Buster aux côtés de Dr. Ring Ding et Ill Inspectah, et la Jamaican party va pouvoir reprendre.

Neg Marrons
Avant que les hostilités ne commencent, le public du Splash a pour la première fois l'occasion d'accueillir un groupe français sur la scène reggae en la personne des Neg Marrons. Les deux compères Jacky et Ben-J sont en forme et donnent un show plutôt efficace. La qualité du band qui les accompagne est vraiment impressionnante et le public semble ravi, malgré le problème de langue. En effet, les Neg Marrons ne s'expriment que très peu en anglais et pas du tout en allemand ; ce qui ne les empêche pas de faire sauter tout le monde sur des titres comme Tout le monde debout, tune qui prend un tel forward qu'ils la joueront deux fois, une première fois au moment d'entrer sur la scène et une deuxième au moment de la quitter. Etonnant : il faut se rendre en Allemagne pour apprécier à sa juste valeur un show de nos compatriotes. Neg Marrons, incompris de part chez nous ?

Red Rat
C'est donc Red Rat qui est chargé d'ouvrir cette première journée côté jamaïquain et même s'il n'a pas la carrière de Burro Banton et qu'il est en ce moment un peu moins productif que par le passé, le public semble ravi de sa présence. Red Rat a de nombreux fans en Allemagne. Dès son arrivée sur scène, ce qui frappe, c'est qu'il a grossi et fait sérieusement plus vieux. Toutefois, ça marche tout seul pour lui ; il s'essouffle un peu, mais quel entertainer ! Le public est aussi pêchu que la veille et la foule beaucoup plus dense. Red Rat agrémente son show de quelques tunes bien fresh sur des riddims qui le sont tout autant, mais c'est encore sur des tunes tels que Bun dem ou Bizzi blazzi, qu'il ramasse les plus gros forwards. En revanche, quand ce dernier entreprend de chanter du Dennis Brown (Revolution, avant d'enchaîner sur le Intercom riddim), il faut le reconnaître, c'est franchement moyen. Bonne performance néanmoins, qui permet de mettre la foule dans de bonnes conditions pour ce qui va suivre.

Wayne Marshall
Accoutré d'un maillot de l'équipe de foot allemande, c'est alors Wayne Marshall qui fait son entrée. Marshall town, enchaîné sur quelques ganja tunes bien sentis, et le singjay prend tout de suite un énorme forward. Avec un show assez similaire à celui qu'il a fait à Paris peu de temps avant, Marshall s'assure la participation du public sans problème, le faisant danser en rythme et reprendre à tue-tête les refrains de ses chansons (Feeling it, Bling bling). Ce qui distinguera nettement ce show des autres est l'absence de ses acolytes Bounty et Kartel ; qu'à cela ne tienne, Wayne Marshall s'empare d'un deuxième micro et entreprend de chanter le trio qu'il a fait avec eux sur le Good to go riddim, mais tout seul cette fois. La performance qu'il nous livre alors est simplement époustouflante ; un micro étant attribué à Bounty, l'autre à Kartel, Marshall alterne les flows, imitant à la Perfection les deux DJs et finissant d'inscrire son show comme le meilleur show dancehall de ces trois jours.
Photo Wayne Marshall

Briggy Benz and Greg Hines
Une pause, afin que le Hard Drive Band de Spragga Benz s'installe et c'est reparti. Ce n'est pas une mince affaire pour les membres du Red Square Crew que de prendre la relève de Lady Saw, d'autant que le crew est bien loin d'être au complet, puisque ne sont présents que Briggy Benz et Greg Hines. Pas d'Assassin donc pour plaquer des gros hits, ni de Sugar Slick pour adoucir un peu les vibes dancehall de sa voix cristalline. Si le show, assez bref, s'est montré un peu linéaire, il a tout de même été très efficace. Les deux DJs ont décidé de livrer le show le plus strictly dancehall et le plus hardcore du séjour, et même s'ils ne parviennent pas à obtenir la participation du public qu'ont obtenu les autres, ils se suffisent à eux-mêmes, se donnant la réplique et faisant à tour de rôle les chœurs l'un pour l'autre. L'ambiance n'est pas retombée, malgré la hauteur de la barre placée par Marshall, et tout est prêt pour l'arrivée de Spragga.
Photo Briggy Benz and Greg Hines

Spragga Benz
Spragga Benz a un peu créé la surprise de la journée. Alors que ses deux poulains viennent de donner un show hardcorissime, le DJ, converti à la philosophie rasta depuis un petit moment, déboule sur scène en tenue militaire, bien décidé à placer son show sous le signe du reggae. Ce qui ne l'empêche pas de donner une prestation très énergique et de prendre un très gros forward. Le son gras et lourd du Hard Drive Band sublime chaque instru qu'il joue, mais le public semble attendre que la sauce prenne et ce n'est qu'au bout d'une heure que Spragga se décide enfin à faire un peu de dancehall. C'est d'ailleurs là qu'il apparaît vraiment le plus dévastateur et quand, au moment du rappel, il revient sur le Diwali riddim, enchaînant ses tunes Da one et Rasta run the world, le public devient complètement malade !

Busta Rhymes
Comme la veille, la fin des shows reggae intervient assez tôt pour nous permettre d'assister au dernier show sur la scène hip-hop. Le site du festival est quasiment vide, tout le monde, public et artistes confondus, est devant la scène hip-hop, attendant ce qui s'annonce comme le show du festival : Busta Rhymes. Aux côtés de son acolyte, Spliff Star, Busta semble avoir une pêche énorme et il nous gratifie d'un show tout bonnement époustouflant. Passant toute sa discographie en revue, de ses titres plus anciens (Woo haa, Fire it up, Gimme some more) à ses bombes les plus récentes (Holla, What it is). Il nous offre un show complètement déjanté, n'hésitant pas à se munir d'une bouteille de Courvoisier pour en arroser le public pendant Pass The Courvoisier et à pull up trois fois son gros hit, Break ya neck, jusqu'à rendre complètement hystérique la foule.

C'est donc sur les rotules que s'achève cette deuxième journée, mais il nous faut pourtant tirer encore un peu sur les batteries, car sous la tente dancehall ce soir, en plus des sounds allemands Soundquake et Sentinel, se produit le big sound system yardie, Renaissance. Avec une collection de dubplates impressionnante, les deux jamaïquains nous offrent un set de grande qualité, agrémenté pour l'occasion de deux danseuses allemandes, et finissent d'épancher la soif de dancehall des massives agglutinés en grand nombre sous la tente.


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Report write by Lexxx T.

1er août

Publication date : 09-06-2004


Splash festival 2004, Dimanche 1er août


Splash festival 2004, Dimanche 1er août
L'affiche en ce dernier jour est très chargée et quasi exclusivement reggae. Cependant, de petits contretemps font commencer les shows un peu en retard et Mystic Dan nous annonce à nouveau des changements dans le programme. Bien moins grave que la veille, il ne s'agit là que d'un petit décalage dans l'ordre de passage. Lukie D. qui était prévu en début de journée ne passera que plus tard. On ne peut qu'apprécier et souligner à nouveau l'esprit consciencieux des organisateurs, qui vont jusqu'à signaler les changements horaires dans la programmation.

Taffari
Malgré le vent de la veille, le temps est toujours au beau fixe et la température atteint les 35 degrés. Ceci explique peut-être que le public est quasi inexistant à l'entrée de Taffari, chargé du premier show de la journée. Toutefois, ce chanteur conscious livre une performance de très bonne facture et les bonnes vibes que dégage sa musique n'ont aucun mal à faire se réunir les gens devant la scène. On espère vraiment que ce chanteur trouvera l'audience qu'il mérite dans le futur, car il a vraiment un très bon niveau.7

Genie Slick
Après une courte pause et la prestation très attendue par le public allemand de la star locale D Flame, c'est au tour du Kings Of Kings Band d'investir la scène. On nous apprend tout de suite qu'avant Cocoa Tea vont se produire plusieurs membres du crew et c'est la jeune Genie Slick qui fait son apparition la première. Elle offre un show assez court et peu convaincant, prenant surtout du forward sur le tune qui l'a révélé, Baby I love you (initialement en duo avec Capleton).

Chrisinti
Suit alors un chanteur dont la voix a laissé pantois plus d'un spectateur, Chrisinti. Enchaînant des chansons assez douces aux sonorités franchement soul, le jeune chanteur prouve qu'il n'est pas pour rien une des figures montantes de la scène conscious actuelle. Et quand retentissent les premiers accords du Double jeopardy riddim, qui vont lui permettre de poser son big tune, Up up up, sur lequel il reprend le toast de Jah Mason (initialement en combinaison avec lui sur la version), le public exulte et dispense un des plus gros forwards de la journée jusqu'alors.
Photo Chrisinti and Iley Dread

Iley Dread
C'est au tour du patron du Kings Of Kings Crew, fondateur du label du même nom, de prendre le relais. Iley Dread est un artiste qui s'est plus souvent distingué par ses productions pour d'autres artistes que par ses propres chansons. Et même si sa performance semble un peu molle, le public ne fait pas le difficile et lui montre ce qu'il faut de reconnaissance. Le show atteint même un niveau plus qu'appréciable quand Iley invite ses deux poulains Chrisinti et Genie Slick à le rejoindre ; cette petite famille musicale fait vraiment plaisir à voir et le public ne s'y trompe pas.

Mine de rien Iley Dread et ses sbires ont duré un certain temps et Cocoa Tea ne disposera malheureusement pas d'assez de temps pour nous servir un show digne de tout son talent. Un peu trop court donc, le show n'en reste pas moins de qualité. Sans perdre de temps, Cocoa, très en forme, enchaîne ses tunes les uns après les autres : I've lost my Sonia, Love me truly, She loves me now, <Tune in, Israel's King, rien ne manque et le public lui rend très bien, exprimant même un soupçon de frustration quand le chanteur quitte la scène. Cocoa Tea, quant à lui, semble ravi de ce qu'il vient de vivre et il ne serait pas étonnant de le voir revenir en Allemagne sous peu.

Lloyd Brown
Encore une petite pause, le temps pour le Far East Band de remplacer le KOK et la fête peut continuer. Comme pour toutes les dates de la tournée de Sanchez, le show est ouvert par Lloyd Brown. Le chanteur, que beaucoup ont découvert à cette occasion, a enthousiasmé le public avec son set à dominante lover, marqué par le très bon Satisfy my soul, et c'est un vrai plaisir de pouvoir assister à un show un plus long et complet que celui auquel on a eu le droit à Paris. Toutefois, la reprise de Come down father de Beres Hammond ne sera pas perçue par tout le monde comme une bonne chose, ce dernier étant programmé le même soir.



Sanchez
Arrive alors le serviteur de ces dames, monsieur Sanchez, habillé un peu moins classe que d'habitude, mais dans une tenue toujours aussi originale.. Là encore, la durée du show précédent contraint le chanteur à écourter un peu son propre show. Cependant la qualité est au rendez-vous, comme à chaque fois. Le line up est le même qu'au cours du reste de la tournée, les tunes anthologiques s'enchaînent les uns derrière les autres, l'imitation de Beenie Man sur Refugee impressionne toujours et le plus gros forward est bien entendu pour Frenzy. Le concert s'achève sur une combinaison efficace avec Lloyd Brown, à qui le public semble avoir décidé de réserver ses faveurs plus qu'à Sanchez lui-même. Ce qui ne semble pas être le cas de Red Rat, qui a rejoint la foule et danse et chante à n'en plus pouvoir ; Red Rat, le fan numéro 1 de Sanchez !

Lukie D.
Ce n'est pas une mince affaire pour Lukie D., qui entre désormais en scène et se retrouve donc à performer entre Sanchez et Beres Hammond. Peu importe, le chanteur, qui possède une des plus belles voix que la Jamaïque ait connue, ne se dégonfle pas et offre un show plus qu'honorable. Mêlant habilement reggae et dancehall, acappella gospel et cours de danses yardies, Lukie D. comble le public (qui semble quand même plus réceptif à des sons dancehall que reggae) avec des titres comme Roll out, Back up back up, Hot like fire, Center of attraction. La meilleure performance est donnée sur son tout récent Shake it sur le Trifecta riddim, reproduit à la Perfection par le Germaican Band, sollicité une dernière fois et qui aura fait un travail de titan ces trois jours durant.

Ginja
Après une petite pause, permettant au Harmony House Band d'investir la scène, le dernier show reggae de cette édition 2004 du Splash va pouvoir commencer. Avant que les choses vraiment sérieuses ne débutent, c'est une recrue du label Harmony House, répondant au nom de Ginja, qui ouvre le bal. L'accueil du public est étonnant et le jeune singjay semble lui aussi impressionné. Le forward qu'il prend sur son big tune War inna di city ne trompe pas et finit de garantir que Ginja a un très bel avenir devant lui.

Beres Hammond
C'est alors le vrai show qui commence ; instrumentales sublimes pour venir porter les choristes du groupe, qui viennent s'exprimer une à une et le maître de cérémonie entre en piste. Rien de tel qu'un artiste de la classe de Beres Hammond pour clore comme il se doit ces trois jours intenses. La performance du monsieur a été tout bonnement irréprochable ! Faisant une entrée magistrale sur Step aside, Beres s'est d'emblée mis dans la poche le public et porté de façon impeccable par les musiciens de son Harmony House Band, il a pu enchaîner sans répit hit sur hit. C'est ainsi qu'il nous a honoré d'un des shows les plus longs du festival (pas loin d'une heure et demie), au cours duquel se sont succédées toutes ses plus belles chansons : Can't stop a man, Tempted to touch, I wish, They gonna talk, Rock away. Impeccable à tous points de vue.

Mobb Deep
Comme tous les soirs, nous avons l'occasion d'assister au dernier show de la scène hip-hop, qui sera aussi le tout dernier show de ce superbe Splash festival. Cette fois, ce sont les deux rappeurs new-yorkais de Mobb Deep qui montent sur scène. Il y a déjà moins de monde en ce dimanche soir, mais l'ambiance est toujours à son comble et le public soutient le rythme jusqu'au bout. Un concert plus classique et moins spectaculaire que les deux précédents, mais reste le plaisir immense de voir des monuments pareils.

Cette nuit encore, il est possible pour les acharnés de profiter des trois tentes d'after, même si ce n'est que jusqu'à 2 heures du matin le dernier soir. Sous la tente dancehall, ce sont les Allemands de Supersonic qui sont aux platines et diffusent de bonnes vibes à tous les massives qui ont encore la force de jumper, et après un bref passage par là, nous regagnons nos tentes pour la dernière nuit.

Après 3 jours de festival et avec tout ce monde, nous n'avons pas vu une bagarre, pas une embrouille, aucun geste déplacé des équipes de sécurité, pratiquement toujours souriantes. L'attitude du public allemand est exemplaire et participe sans aucun doute à la réussite d'un tel festival. L'organisation aussi, quasi irréprochable : des sanitaires nombreux et bien entretenus, un site propre et nettoyé méticuleusement tous les soirs, et ce sans parler du travail de fou auquel était déjà toute l'équipe du festival, le lundi matin, dès le lever, pour tout remettre en ordre. Ce fut vraiment un pur et long moment de bonheur.


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Report write by Lexxx T.

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Baby Cham (Splash 2004) Baby Cham (Splash 2004) Baby Cham (Splash 2004) Baby Cham (Splash 2004) Baby Cham (Splash 2004) Briggy Benz (Splash 2004) Briggy Benz (Splash 2004) Briggy Benz et Greg Hines (Splash 2004) Cecile (Splash 2004) Cecile (Splash 2004) Cecile (Splash 2004) Cecile (Splash 2004) Chico (Splash 2004) Chico (Splash 2004) Chico (Splash 2004) Chico (Splash 2004) Chico (Splash 2004) Chico (Splash 2004) Chico (Splash 2004)
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Reactions

Publication date : 09-06-2004

5 Comments
General appreciation :

yeah...bon ca dechire tout ca, j y étais et je kiffe voir comment c décrit...tro véridique....donc pour ceux qui kiffe le reggae et le danncehall (voire meme le hip hop!!), l'année prochaine vous savez ce qu il vous reste a faire...(en plus quand on s'y prend bien en avance les trajet ne coute pas cher (moins de 110 neuro!!! (avion+trains+bus A/R).
je vous assure c tro bonne esprit et tellement mieux organisé qu'en france que...
bon a lannée prochaine...
c vré on pourrait louer un car pour y aller de paname si on est assez nombreux...

bon report les gars, ils sont carrés les allemends, ça déchire

bon ben ça blaze de po avoir pu venir 7 année !
en tout cas bonne mise en situation, ça donne envie d'y retourner...
Pourquoi pas organiser avec reggaefrance un trip to Chemnitz next year?
Well done Mr Lexxx....T!!! See ya

quel jaune dans les textes ?
tu parles des liens qui pointent vers les fiches artistes ?

si vous pourriez changer la couleur jaune dans les texte vous y gagnerez en visibilitée


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