Clin d'œil appuyé au son de ses débuts et hommage au dancehall des années 80/90, le dernier album de MC Janik, "Digitall.5", est à l'image de cette musique: sans prétention mais efficace, simple mais rafraîchissante.
A l'aise sur les sons « early digital » qui fourmillent de références aux classiques du genre, MC Janik déroule ses textes façon sound system, tantôt en français, tantôt en créole et n'hésite pas à partager le micro: confrères de longue date, comme Guy-Al'MC, Jah Mike, Straika D (qui reprend la mélodie du Ali Baba de John Holt sur Série noire), Tiwony, ou plus jeunes comme Yeahman C, le rappeur Alain 2 l'Ombre ou le groupe Norme Etrangère. Janik n’est pas avare en featuring et fait fonctionner à plein la connexion Paris/Martinique, hip-hop/reggae.
Logiquement, les textes célèbrent surtout le dancehall (Dancehall, Raggamuffin, No clash avec Tiwony, Pla cho) et la musique (Diamant brut avec Sista Majesty et Jah Mike ou Woulé tanbou, duo avec Dédé Saint Prix dédié au tambour, véritable fil rouge de la musique afro-caribéenne).
Pourtant, les instrus gonflées à la basse et à la batterie électronique ne doivent pas faire oublier que la plupart des riddims s'inspirent de Studio One (pêle-mêle les riddims Heavy rock, Real rock, Swing easy, Throw me corn ou Banana walk). Si la reconstruction des riddims façon dancehall digital est fort bien menée, l'hommage aurait pu aller jusqu'à créditer ou au moins remercier Coxsone Dodd.
Cinq ans après son dernier opus, MC Janik se rappelle à nos esprits de belle façon : le singjay est toujours là et son style à l’ancienne reste une valeur sûre. De quoi donner envie de prolonger l'été dans une Bel ti il.



