"Rockamovya", c'est un peu la même recette qu'une sequel d'une grosse franchise hollywoodienne : on prend des personnages biens connus pour les plonger dans un nouveau décor. Ici, les trois leaders de Groundation (Marcus Urani le clavier, Harisson Stafford le guitariste-chanteur, Ryan Newman le bassiste) font sécession d'avec le reste de la formation californienne pour rejoindre le temps d'un projet Leeroy "Hoursemouth" Wallace (fameux batteur des Black Disciples) et Will Bernard guitariste jazz américain. Sa route a d'ailleurs déjà croisé celle de Charlie Hunter, autre jazzman qui a convié Ernest Ranglin sur ses albums, témoin d'une véritable scène jazz-reggae aux USA. La rencontre des quatre protagonistes a lieu pendant la tournée de Groundation en hommage à Bob Marley en février 2006, alors qu'ils sont réunis sur la côte Ouest des USA pour une série de concert en hommage à Bob Marley.
Libérée de la densité thématique de Groudation, la musique de "Rockamovya" se fait plus diverse, au sein de la musique populaire jamaïcaine. Derrière le roots, objet fétiche de la formation californienne, on découvre des sonorités nyabinghi, rocksteady et ska. Si la structure globale reste signée Groundation (dix longs morceaux composent l'album), les plans se font plus mélodiques à l'image du très aérien The Bounty. La guitare de Will Bernard, éthérée, insuffle un supplément d'âme jazz, tandis que Horsemouth, avec sa batterie élastique, étire ou resserre sa rythmique avec une aisance déconcertante. Idéal pour Ryan Newman qui le suit à la lettre, tandis que Marcus Urani a rarement été aussi libre pour laisser parler son inspiration. "Rockamovya" a le goût et l'odeur de Groudation, mais ce n'est pas tout à fait Groundation. Juste une nouvelle facette de la créativité des Californiens.



