Après une dizaine d’années d’existence, Danakil s’est imposé sur le devant de la scène française. Enregistré entre la Jamaïque, la France et le Mali, leur nouvel album, "Echos du Temps", est riche de collaborations variées et doté d’une superbe production. Assurément l’album le plus abouti du groupe. Nous rencontrons Mathieu (saxophone) et Balik (chant).

L’album a été enregistré entre Paris, Bamako et Kingston. Pourquoi ces choix ? En quoi ont-ils influencés l’album ?
Danakil Balik : Dans un premier temps, nous voulions changer de façon de travailler, par rapport à nos autres albums, enregistrés chez nous. Le reggae étant notre passion depuis près de 15 ans, le choix de Kingston s’est imposé de façon nette et précise. Il y avait tout le coté mythique des lieux dans lesquels nous avons enregistré. Tous ces noms de studios que nous lisions sur les pochettes d’albums que nous écoutions.
Mathieu : L’Afrique s’est également révélée comme une évidence, nous avions plusieurs pays en vue, comme le Togo, mais il y avait un manque d’infrastructures pour enregistrer. La Côte d’Ivoire, aussi, mais la sombre actualité ne nous permettait pas d’y aller. Nous avons donc opté pour le Mali.
Balik : J’y avais fais un repérage un an auparavant, et j’avais rencontré Manjul. A mon retour à Paris, j’ai dit au groupe : "J’ai trouvé".
Mathieu : Au final, on voulait que cet album possède une couleur particulière, aussi bien au niveau des instruments utilisés que des collaborations.
Mathieu : L’Afrique s’est également révélée comme une évidence, nous avions plusieurs pays en vue, comme le Togo, mais il y avait un manque d’infrastructures pour enregistrer. La Côte d’Ivoire, aussi, mais la sombre actualité ne nous permettait pas d’y aller. Nous avons donc opté pour le Mali.
Balik : J’y avais fais un repérage un an auparavant, et j’avais rencontré Manjul. A mon retour à Paris, j’ai dit au groupe : "J’ai trouvé".
Mathieu : Au final, on voulait que cet album possède une couleur particulière, aussi bien au niveau des instruments utilisés que des collaborations.
A Kingston, suite à l’annulation de votre réservation dans le studio de Buju Banton, vous vous êtres retrouvés dans la plupart des studios légendaires de l’île (Tuff Gong, Harry J…)
Danakil Mathieu : Ce fut un mal pour un bien, nous avons dû nous réorganiser, travailler la nuit. Il nous a fallu trouver notre rythme. Mais nous avons eu plus de temps, car ils sont moins regardants sur les horaires la nuit… Le fait que ces sessions soient nocturnes contribue à leur magie.
Balik : Sur place il n’y avait pas un jour sans que l’on croise un musicien légendaire, Kiddus I, Leroy "Horsemouth" Wallace… Une partie de l’équipe de Music Action, notre tourneur, nous a rejoints en Jamaïque, et nous a fait bénéficier de leurs connexions. Nous avons pu donc avoir sur l’album la participation Sticky Thompson et de U-Roy.
Balik : Sur place il n’y avait pas un jour sans que l’on croise un musicien légendaire, Kiddus I, Leroy "Horsemouth" Wallace… Une partie de l’équipe de Music Action, notre tourneur, nous a rejoints en Jamaïque, et nous a fait bénéficier de leurs connexions. Nous avons pu donc avoir sur l’album la participation Sticky Thompson et de U-Roy.
Au Mali vous avez travaillé avec Manjul. Que vous a-t-il apporté sur la conception de l’album ?
Danakil Balik : Il a fait un énorme travail sur les arrangements de cuivres et les chœurs. Dès que nous lui faisions écouter un morceau, il nous proposait différentes harmonies pour les voix... Il est très prolifique et doté d'un grand sens de l’orchestration pour la réalisation d’un album. Et c’est également un très bon musicien.
Mathieu : Il nous a aussi aidé sur l’arrangement des instruments africains traditionnels. Grâce à Manjul, nous avons également pu faire deux concerts à Bamako. C'est grâce à lui que nous avons rencontré Natty Jean (qui les accompagne désormais en tournée, ndlr) et DJ Lion.
Mathieu : Il nous a aussi aidé sur l’arrangement des instruments africains traditionnels. Grâce à Manjul, nous avons également pu faire deux concerts à Bamako. C'est grâce à lui que nous avons rencontré Natty Jean (qui les accompagne désormais en tournée, ndlr) et DJ Lion.

On l’impression qu’il s’agit de l’album le plus aboutit de Danakil…
Danakil Mathieu : Pour nous il est évident que nous ne sommes jamais allé aussi loin dans l’enregistrement d’un album, on n’a jamais eu autant de temps, ni de moyens… Avant d’enregistrer nous avions clairement nos différents souhaits en tête pour cet album, il a été longuement mûri. Nous avons également eu beaucoup de chance car tout s’est déroulé à chaque fois dans les bons timings, avec les bonnes rencontres. De plus, la façon d’écrire de Balik a beaucoup évolué, les textes ont une tournure plus poétique, ce qui était moins présent dans nos albums précédents.
Héritier du sort dénonce les travers de notre société. Votre vision du monde semble sombre…
Danakil Balik : Pour moi ce qui apporte l’espoir dans cette chanson, c’est l’instru qui contrebalance le texte. Je suis parti de la formule « Aussi loin que l’œil peut voir » que je trouve intéressante, et la suite est venue assez naturellement en faisant un constat du monde actuel, c’est un peu un état d’âme. Je m’interroge en me plaçant au centre de ces questions, pour savoir si moi aussi j’ai ma part de responsabilité.
Mathieu : C’est une chanson particulière pour nous car nous avons eu du mal à caler la musique avec le texte de Balik. A l'origine, il avait écrit ce texte sur un beat hip hop de Mobb Deep. Plusieurs fois nous avons failli abandonner.
Mathieu : C’est une chanson particulière pour nous car nous avons eu du mal à caler la musique avec le texte de Balik. A l'origine, il avait écrit ce texte sur un beat hip hop de Mobb Deep. Plusieurs fois nous avons failli abandonner.
Sur le titre Regards croisés en duo avec Natty Jean, le flow de Balik se rapproche plus du rap.
Danakil Balik : Il est vrai que pour ce morceau nous sommes sortis quelque peu des chemins habituels qu’emprunte le reggae. Quelques personnes nous ont dit être touchées par le texte mais que l’arrangement du morceau ne leur convenait pas. Mais on sait qu’il s’agit d’un titre qui fonctionnera bien en live.
Mathieu : Nous n’avons pas triché en faisant un morceau hip hop car ça fait partie de nos influences, et c'était un souhait de Balik depuis longtemps.
Mathieu : Nous n’avons pas triché en faisant un morceau hip hop car ça fait partie de nos influences, et c'était un souhait de Balik depuis longtemps.

Qu’est ce qui vous a poussé à reprendre ce standard de la chanson française (Non je ne regrette rien) et de collaborer avec U-Roy ?
Danakil Balik : Nous avons repris pour la première fois ce morceau lors de notre concert à Olympia, et le morceau a très bien fonctionné en live.
Mathieu : Dès le départ, lorsque nous avons décidé de reprendre ce titre, on savait que l’on souhaitait la contribution de U-Roy, le mélange du chant et du toast. Nous voulions faire ce pont entre nos 2 cultures musicales.
Mathieu : Dès le départ, lorsque nous avons décidé de reprendre ce titre, on savait que l’on souhaitait la contribution de U-Roy, le mélange du chant et du toast. Nous voulions faire ce pont entre nos 2 cultures musicales.
Comment s’est déroulée la collaboration avec la famille Mc Anuff ?
Danakil Balik : On s’est croisés à de nombreuses reprises sur les tournées. Nous avions fait un titre en live avec Matthew au Reggae Sun Ska et on avait prévu de le mettre sur le nouvel album. Arrivés en Jamaïque, on leur a proposé d’enregistrer ensemble un titre, écrit spécialement pour l’occasion, ce qui n’avait jamais été fait. La session s’est déroulée au Harry J Studio, un moment assez extraordinaire où nous avons croisé Pablo Moses qui est rentré dans le studio en plein enregistrement, ou encore Sly Dunbar qui est passé chercher un tom de batterie…. C’était l’encyclopédie du reggae sous nos yeux.
Quel bilan tirez-vous de cette décennie écoulée depuis les débuts du groupe ?
Danakil Balik : Nous pensons que tout vient à point à qui sait attendre, il nous a fallu beaucoup de patience pour parvenir au statut d’intermittent. Chaque étape de notre carrière a été intéressante à vivre, dès nos premières tournées pendant lesquelles nous dormions sur la plage, jusqu'à notre Olympia. On aurait pu arrêter l’aventure des dizaines de fois. On s’est construit petit à petit, c’est avant tout une histoire d’amitié entre des amis qui se connaissent depuis le lycée.

En 2011, comment arrive t’on à faire vivre un groupe de reggae ?
Danakil Mathieu : C’est nos concerts qui nous font vivre, la vente de disques nous sert juste à réinvestir dans le prochain album. On essaye également de proposer d’autres alternatives comme le fait d’offrir l’album pour une place de concert achetée. Nous voulons montrer aux gens que le cd est encore là, et après tout le travail effectué en studio, on souhaite que le public écoute l’album dans de bonnes conditions, plutôt qu’une version téléchargée avec une qualité sonore au rabais.
Balik : En ces temps de crise, au prix d’une place de concert et d’un album le public a du mal à s’offrir les deux. De plus, cela permettra de faire circuler l’album auprès d’un plus large auditoire.
Balik : En ces temps de crise, au prix d’une place de concert et d’un album le public a du mal à s’offrir les deux. De plus, cela permettra de faire circuler l’album auprès d’un plus large auditoire.
Sur notre forum, un sujet a suscité beaucoup de réactions, c’est un papier écrit par un bloggeur de Mondomix, « Danakil le reggae pour les mal-comprenants ».
Danakil Mathieu : Oui nous avons vu cet article, ce sont des critiques que l’on retrouve souvent sur différents forums. Mais il s’agit d’un argumentaire que l’on trouve stérile car il n’y a pas de fond. Par exemple, on y trouve des considérations sur les locks de Balik mais rarement des choses intéressantes… Souvent les gens s’arrêtent à l’étiquette "reggae français", alors qu’il faut juste prendre cela comme de la musique. Nous ne sommes pas obligés de rentrer dans des codes précis.
Y a-t-il des producteurs ou des musiciens avec lesquels vous souhaiteriez travailler ?
Danakil Balik : J’aimerais bien faire un morceau avec Tairo, je ne l’ai jamais rencontré mais j’apprécie beaucoup ce qu’il fait. On a une idée de morceau avec Alpha Blondy que l’on a croisé souvent sur la route mais que nous n’avons pas pu concrétiser pour cet album. On aimerait bien faire un titre avec Akhenaton…

Vous avez deux titres qui vont sortir pour Soul Vybz, enregistrés avec Sly & Robbie. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Danakil Balik : Il s’agit de versions différentes de deux morceaux présents sur l’album, L’avenir et Timeline. La version originale de ces titres est celle de Soul Vybz. Lorsque nous avons enregistré avec le groupe, je ne leur ai pas fait écouter les titres enregistrés avec Sly & Robbie afin qu’ils donnent une autre instru au morceau. Il s’agit donc de rendus totalement différents.








Réactions (21)
Sasha reggae · · note : 5 sur 5
justine ·
IriePlace · · note : 5 sur 5
jahsound · · note : 2 sur 5
Encore une fois, aucune jalousie juste de l'objectivité mal interprétée par les Fans que vous êtes !
En plus, non content d'être des moutons qui aiment le groupe qu'il faut aimer parce que c'est tendance, vous ne comprenez rien à ce que j'ai écris.
J'ai dit que le Backing band était opé mais la voix du chanteur merdique sans aucune Vibes voilà et pas besoin d'aller les voir en live pour le savoir !
Danapisse · · note : 1 sur 5
Musicalement n'importe quel musicien pro dira que les zicos c'est pas l'Everest et la voix c'est pas non plus la plus exceptionnelle qui existe!
Pour les textes, je comprends pas non plus des trucs comme dans le morceau sur Marley "je n'aime pas la disco, je la fuis comme la peste"!? ah bon, je savais pas. Et Bob en interview qui avait dit que des sons comme Could You be Loved était influencé par la période disco, alors faut pas chanter n'importe quoi sur lui non plus!
Bref, franchement y'a bien pire que Danakil mais on a aussi surtout déjà vu bien mieux et qui pourtant rempli pas des zéniths. Tant mieux pour eux s'ils remplissent et dommage pour les Lyricson, Taïro, Baobab, etc. qui n'ont pas eu cette chance.
Pourquoi pas... · · note : 2 sur 5
Belgique dernièrement qui été complet.... et aux docks de laussanne.
Tu n'a aucun argument concrés la jalousie parle....
BIG UP DANAKIL · · note : 5 sur 5
BIG UP BALIK
Big up danakil · · note : 5 sur 5
perso j'écoute du reggae roots depuis plus de 30 ans et leur musique est une pure merveille et les textes de trés loins les meilleurs qu'on ai pu entendre en français depuis un bon moment.
ça c'est sur que pour les fans de chanteurs reggae qui révent encore de faire un zénith plein alors qu'il tourne depuis un bye ça jalouse de voir surgir de nul part ce groupe et de les voir mettre le feu dans toutes les salles ou ils passent et encore plus de jalousie pour vous car touts les zénith de france vont y passer.
vu que pour certains ce groupe est fait pr vite disparaitre je vous dis soyez pas idiot et allez vite les voir en live avant leur fin comme vous le souhaitez car j'en connais plus d'un des comme vous qui sont restés scotché positivement sur leur live et maintenant vaccinés DANAKIL.........
milos · · note : 5 sur 5
fan2 ·
clara · · note : 4 sur 5
@ Biboy : Désolé de n'pas aimer ma,nger d'la soupe l'ami ! Aucune Jalousie mais de l'objectivité que vraisemblablement le "Typique Fan Français" que tu est à du mal en avaler. La Sauce Danakil : Reggae Naïf , Rasta pas Rasta, Bien poli Bien gentil et surtout politiquement correct très peu pour moi mais comme on dit, tout les goûts sont dans la nature
Comme d'hab...ca sent la jalousie ici...jamais content...typiquement francais comme attitude.
Danapisse · · note : 1 sur 5
bref, Danakil au TOP!
Comme d'hab...ca sent la jalousie ici...jamais content...typiquement francais comme attitude.
Biboy · · note : 5 sur 5
bunbadmind ·
Danapisse · · note : 1 sur 5
?? ·
t'aimes pas tant mieux c'est peut être trop intelligible pour tes oreilles....Et la référence Mister Gang, sans façons...toi, tu aimes la soupe Danapisse mais pas nous!
Danapisse tu sens comme ton no ·
Omega ·
Kyf · · note : 4 sur 5
Bref sa pue le rasta babtou cliché et j'comprend même pas que le public se déplace pour aller voir ce groupe au zénith quand on sait que de très bon artiste se produise dans des salles bien plus petite et forcés de rester dans l'ombre parce qu'ils n'ont pas le "bras long" ou qu'ils n'ont pas de producteur/tourneur digne de ce nom. Danakil ne sont pas là de par leur talent mais parce qu'ils correspondent à une demande du public Français qui veut du reggae militant dans l'idée mais sans plus. Bref du Reggae dilué pour Gauchos qui s'ignorent.
Danapisse · · note : 1 sur 5
lordko · · note : 5 sur 5