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Archive 1999-2016 Reggaefrance n'est plus mis à jour depuis 2016
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Alpha Blondy

Alpha Blondy
Alpha Blondy à Paris, novembre 2005. Photo : Karl Joseph
Nom civil
Koné Sedou
Consultations
494 331
Note des lecteurs
4,6/5 (93 avis)

01 Présentation

Figure emblématique et star incontestée du reggae africain, Alpha Blondy est celui qui a ouvert la voie à de nombreux artistes dont Tiken Jah Fakoly. Bien plus qu’un simple artiste, le rastaphoulosophe (c’est ainsi qu’il se définit) se fait remarquer par sa musique mais aussi par son esprit contestataire et sa spiritualité.

Né Seydou Koné le 1er janvier 1953 à Dimbrokro en Côte d’Ivoire, Alpha Blondy est élevé par sa grand-mère Chérie Coco, qui lui donne une éducation musulmane. Il poursuit des études d’anglais à New-York : c’est dans cette ville qu’il fait connaissance avec le reggae lors du concert de Burning Spear en 1977. Il commence à chanter et rencontre même Clive Hunt (producteur jamaïcain avec lequel il travaillera par la suite) mais ce dernier ne semble pas intéressé pour le moment. Déçu et déprimé, Seydou Koné rentre à Abidjan. Il vit une période sombre puisqu’il passera deux ans de sa vie enfermé dans un hôpital psychiatrique. Après avoir rencontré Fulgence Kassy (producteur de télévision), Alpha fait sa première télévision dans l’émission « Première chance ». La carrière de la futur star du reggae commence avec la sortie africaine en 1982 de "Jah Glory" (sortie française en 1983 sous le nom de "Rasta Poue"). Il se fera remarquer avec le titre Brigadier sabari qui relate une expérience personnelle où l’enfant terrible du reggae a été témoin d’une « opération coup de poing » de la police ivoirienne.

En hébreu devant un public arabe
« La star pour moi, c’est Dieu » a déclaré Blondy. Son troisième album "Apartheid is nazism" (1985) révèle un nouveau côté de la personnalité du rastaphoulosophe, mettant en valeur son penchant pour la religion, avec les morceaux Seba Allah Y’e et Come back Jesus. Après avoir mis en lumière la Bible et le Coran, Alpha s’intéresse à la Tora avec "Jérusalem", nouvel opus sorti fin 86 et enregistré une fois encore avec les Wailers au célèbre studio Tuff Gong. D'autres albums font une large place à l’évocation de Dieu : The prophet (Allah léka netchi) ("The prophets") ; God is one ("Masada") ; Veto de Dieu ("SOS guerres tribales") ou encore Dieu (sur l’album du même nom). Derrière cette spiritualité démesurée, se cache un immense désir de vouloir fédérer, de rassembler les hommes et ce, au-delà des religions. On se souvient tout particulièrement son concert au Maroc en juillet 86 où il chanta Jérusalem en hébreu devant un public arabe.

A cette époque, sa tournée européenne est annulée car NRJ, la radio qui le sponsorise, lui reproche son manque de professionnalisme : il n'était pas rare qu'Alpha commence ses concerts avec plus de deux heures de retard. Alors qu’en Europe il connaît de nombreuses annulations (entre autres le Zénith de Paris en 1988), sa carrière se porte plutôt bien aux Etats-Unis où sa tournée est un véritable succès. La sortie de "Masada", qui devient rapidement disque d’or, renvoie le rastaphoulosophe sur la scène pour une série de trois concerts à l’Elysée-Montmartre. En octobre 92, il conclue une longue tournée européenne au Zénith de Paris. Cette tournée le fatigue : début 93, Alpha Blondy fait une tentative de suicide. Après cet épisode malheureux, il revient avec l’album "Dieu", où il signe un reggae rock et des thèmes polémiques tels que Abortion is a crime. A remarquer le titre (peut-être révélateur d’un mal-être) Heal me ("Guéris moi"). D’autres ennuis de santé le conduiront à effectuer des séjours en hôpital psychiatrique.

Ali Baba et les 40 voleurs
Alpha Blondy remonte sur scène en décembre 94 pour célébrer le 1er anniversaire de la mort de Félix Houphouët Boigny, premier président de la nouvelle République de Côte d’Ivoire de 1958 à 1993. Plusieurs titres démontrent le soutien d'Alpha au dirigeant : Jah Houphouët ("Apartheid is nazism"), ou encore Jah Houphouët Boigny nous parle ("Revolution"), un morceau de dix minutes qui est un discours de Houphouët Boigny sur fond de reggae. De plus en plus animé et engagé contre l’injustice, l’artiste commercialise "Yitzhak Rabin" sur le marché ivoirien (Yitzhak Rabin fut Premier ministre en Israël, assassiné le 4 novembre 95). Des titres comme Armée française ou guerre civile ne manqueront pas de déranger la classe politique ivoirienne.

Enregistré à Paris et à Abidjan, "Elohim" (qui veut dire « Dieu » ou « Je suis la multitude » en hébreu) traduit la colère du chanteur face aux abus politiques. On note la présence du producteur jamaïcain Clive Hunt ainsi que celle de maestro Maïga qui insuffle les sonorités africaines. Un album toujours aussi militant avec des titres comme Dictature, La queue du diable, le fameux Journalistes en danger (démocrature), ou encore Les voleurs de la République où l’on peut entendre : « Ali Baba et les quarante voleurs sont de retour / Les lèche-bottes ont baissé leur pantalon / Et ils s’érigent en donneurs de leçons / Le complot du silence persévère / La langue de bois exaspère/ Ce triste constat me désespère (…) / SOS, les voleurs de la République / SOS ils volent nos deniers publics ».
La sortie de l'album coïncide avec une grave crise politique en Côte d’Ivoire. Les prises de position d'Alpha Blondy font de lui un personnage public incontournable quand il s’agit d’évoquer la situation du pays. L’artiste, qui ne met pas de gants pour dire ce qu’il pense, va céder tous les droits de la chanson Journalistes en danger (démocrature) en faveur de Reporter Sans Frontières. RSF avait contacté Alpha Blondy concernant l’affaire Norbert Zongo (journaliste burkinabé) dont le corps fut retrouvé calciné dans son véhicule le 13 décembre 98. Blondy a alors ajouté à ce morceau : « Au clair de la lune / Mon ami Zongo/ Refusa de bâillonner sa plume/ Au Burkina Faso/ Et Zongo est mort brûlé par le feu/ Que justice soit faite pour l’amour de Dieu ».

En 2002, Alpha sort son 16e album "Merci". Des morceaux toujours aussi engagés comme Who are you ? qui dénonce le fléau des mines anti-personnelles, ou encore Politrux et Le feu. Fidèle à son esprit rebelle et contestataire, Alpha Blondy était l’un des seuls africain à participer au concert mondial Live 8, le 2 juillet 2005. A cette occasion, il en a profité pour demander aux chefs d’Etat africains de s’engager clairement à ne plus accepter de coups d’Etat militaire en Afrique lors du sommet organisé le 4 et 5 juillet en Libye. Sa récente nomination en tant que Messager de la paix pour l'ONU le conforte dans sa position de critique des politiciens. L’enfant terrible du reggae africain n’est pas prêt d’avoir dit son dernier mot.

Biographie signée Sonia El Amri

02 Vidéos

03 Discographie

24 albums, de 1982 à 2015
AnnéePochetteTitreLabelChronique
2015Positive EnergyAlphalliance / Wagram MusicAlphalliance / Wagram Music
2013Best OfWagramWagram
2013Mystic PowerWagramWagram
2012LiveWagramWagram
2011VisionWagram MusicWagram Music
2007Jah VictoryMediacomMediacomChronique
2005Akwaba - The very best ofVirgin / EMIVirgin / EMI
2005Paris BercyShanachie RecordsShanachie Records
2002MerciAlpha Blondy productionsAlpha Blondy productions
2001Live à BercyAlpha Blondy productionsAlpha Blondy productions
1999ElohimAlpha Blondy productionsAlpha Blondy productions
1998Yitzhak RabinAlpha Blondy productionsAlpha Blondy productions
1997Best ofShanachie RecordsShanachie Records
1996Grand Bassam Zion RockAlpha Blondy Solar System ProductionsAlpha Blondy Solar System Productions
1994DieuAlpha Blondy Solar System productionsAlpha Blondy Solar System productions
1993Live au Zenith (Paris)Dodo KoneDodo Kone
1993Sos Guerres tribalesAlpha Blondy / J.I.P.Alpha Blondy / J.I.P.
1992MasadaAlpha BlondyAlpha Blondy
1989The prophetsPathé MarconiPathé Marconi
1987RevolutionEMI Pathé MarconiEMI Pathé Marconi
1986JerusalemPathé MarconiPathé Marconi
1985Apartheid is nazismEMI FranceEMI France
1984Cocody RockAlpha BlondyAlpha Blondy
1982Jah GloryAlpha BlondyAlpha Blondy

04 Interviews

05 Reports et dossiers

06 Photos

  • Alpha Blondy (Novembre 2005 / Zenith de Paris)

    Photo : Karl Joseph · Alpha Blondy à Paris, 11.2005

  • Alpha Blondy (Novembre 2005 / Zenith de Paris)

    Photo : Karl Joseph · Alpha Blondy à Paris, 11.2005

  • Alpha Blondy (Novembre 2005 / Zenith de Paris)

    Photo : Karl Joseph · Alpha Blondy à Paris, 11.2005

  • Alpha Blondy (Novembre 2005 / Zenith de Paris)

    Photo : Karl Joseph · Alpha Blondy à Paris, 11.2005

  • Alpha Blondy (Novembre 2005 / Zenith de Paris)

    Photo : Karl Joseph · Alpha Blondy à Paris, 11.2005

  • Alpha Blondy (Novembre 2005 / Zenith de Paris)

    Photo : Karl Joseph · Alpha Blondy à Paris, 11.2005

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Réactions

Note moyenne : 4,6 sur 5, 93 votes

106 réactions archivées, fermées depuis 2016.

  • Pour eux, le genre ''reagger'' dans la music n'est pas simplement les sons ''denoncer'' mais aussi faire vivre la tadition, ils le merite. big up a vous .

    Ben Mabilo Mara · 11 mai 2014 · note : 5 sur 5

  • Alpha-peace in Reggae

    dula alpha · 30 novembre 2013 · note : 5 sur 5

  • long vie ablondy

    blondy · 7 novembre 2013 · note : 4 sur 5

  • big up alpha

    malia · 10 juillet 2013 · note : 5 sur 5

  • Big up pour not'grandi!!! da best -)(O)(- knky au soutien

    tyaknky · 31 janvier 2012 · note : 5 sur 5

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