Bien que très attendu, le premier album de Perfect est sorti à la fin de cet été de façon assez discrète. Produit par le label autrichien DHF Records et distribué dans nos contrées par Nocturne, ce premier opus méritait néanmoins qu’on s’y arrête, Perfect ayant prouvé ces dernières années qu’à l’instar de Fantan Mojah, il était devenu une des figures incontournables de la scène reggae actuelle.
Composée de 17 titres, cette galette reprend l’essentiel des singles qui ont fait la notoriété du jeune singjay : Hand cart bwoy bien sûr, mais aussi les excellents Amerimaka, Black Marcus sur le Maroon riddim ou All I’ve got sur le Real life. On trouve également d’autres singles un peu moins connus, mais tous de qualité, tels que les calmes et méditatifs Tyme sur le Brighter riddim et The little old lady sur le The trod, ou, dans la plus pure tradition reggae, For sure sur le Dutty rub, version moderne du Mad mad, , Nuh badda mi sur le Sick et For ma family sur le Hard drugs, ainsi que l’excellent brûlot anti-G8 8 gangsters sur le Solid ground ou encore le très hip hop Hit dem sur le Rasta bounce de Tiger Records.
Même si l’on peut regretter de ne pas retrouver certaines chansons telles que Johnny sur le Chapter a day ou Giddimani questions sur le Giddimani, qui est pourtant le titre de l’album, on appréciera tout de même d’avoir quelques titres nouveaux à se mettre sous la dent. Au nombre de six, on ne relève parmi ces inédits que de très bons tunes reggae, comme Market place, Wingless earth angel, Cry me a river, Rasta rebel et Sersi-T. Seule petite ombre au tableau, la reprise du superbe Love has found its way de Dennis Brown, dont le rythme reggae d’origine a été aseptisé à l’extrême pour donner un résultat soul-soupe tout juste audible.
Pour finir, on dira que, sans pouvoir prétendre au statut d’album de l’année, ce premier effort de Perfect remplit tout de même sa mission avec brio, constituant un bon résumé du début de la carrière fulgurante du bobo et une très bonne introduction à son talent et à son potentiel pour tout néophyte amateur de la nouvelle tendance new roots. De plus, associé à sa prestation scénique cet été en fermeture du Ja’Sound, cet album prouve définitivement que Perfect a désormais une bonne longueur d’avance sur son compère Fantan Mojah, dont l’album n’avait laissé qu’une impression très mitigée. A acheter sans hésitation donc.






