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CHRONIQUE
Chronique écrite par François-Xavier Rougeot le jeudi 12 juillet 2007 - 17 505 vues
Sorti le mois dernier, "Made in Jamaica" dressait le portrait d'une Jamaïque paradoxale, tiraillée entre pauvreté du peuple et richesse musicale, entre héritage des anciens et impatience de la nouvelle génération. Sa BO en fait naturellement de même. Deux volumes pour deux facettes : d'un côté le reggae roots, tenu par de glorieux « anciens » (Bunny Wailer, Gregory Isaacs…) ; de l’autre une compilation des titres dancehall, animée par quelques-uns des maîtres du genre (Bounty Killer, Vybz Kartel, Elephant Man…). Qu’on ait vu ou pas "Made in Jamaica" de Laperrousaz, on plonge vite dans l’ambiance de la Jamaïque contemporaine au travers de cette quarantaine de morceaux, tous inédits car spécialement mis en boîte pour ce docu-fiction, et dont ils constituent d’ailleurs les uniques paroles. Mais force est de reconnaître que l’écoute de "Made in Jamaica" est plus jubilatoire lorsque l’on a déjà pris connaissance, depuis son strapontin, du patchwork musico-social exposé pendant deux heures par Laperrousaz.
Le rapport son-image de "Made in Jamaica" est tel que les images défilent, au fur et à mesure que l’on écoute chacune des deux compilations. Et la BO marche comme le film. Certains extraits marquent plus l’auditeur que d’autres. Souvent les mêmes, d’ailleurs. Ainsi, Old man's soul, duo familial entre Cat Coore, qui fait pleurer son celo (sorte de violoncelle) sur la basse lourde de son fils Shiah, donne autant de frissons qu’à l’image, où le premier pose un regard fier sur le second, avant que ne défilent les rues sombres de Kingston. On se remémore aussi Vybz Kartel dans une boîte de nuit, entouré de naïades, débitant ses textes pertinents sur Emergency et son hurlant Sirene Riddim : « les deux partis chantent la même rengaine - les pauvres n’ont rien, l’argent fout le camp - ils augmentent l’essence et le tabac - pourquoi les salaires n’augmentent pas ? » Plus tard, sur une plage, entre jolies filles et badmen, Kartel appose sa pertinence sur le riddim roots de We a kill we (« On se tue tout seul »), où il s’emploie à dénoncer les incohérences économiques de son pays, notamment la prolifération d’armes dans un pays qui n’en produit pas une seule.
Outre les classiques (400 years de Bunny Wailer, 96° de Third World, 5446 de Toots), on se délecte de certaines perles, telles les superbes Temptation de Gregory Isaacs et Celebrate Life de Beres Hammond. Comme au cinéma, on dénote quelques ratés (Buynny Wailer et sa reprise très spéciale de I Shot the Sheriff, notamment), mais la puissance vocale de Bounty Killer (Talk to them, sur Anger Management), l’énergie d’Elephant Man (Make your Body Bounce) ou la malice de Joseph Current, qui fusille par le verbe les gunmen (Mister Gunner Man), permettent à "Made in Jamaica" de conserver sa cohérence. Et même une touche de fantaisie quand Elephant Man se met à chanter (?) l’hymne jamaïcain… |
sur we a kill we de vybz, de quel riddim s'agit il svp
comment trouver we a kill we de vybz kartel magnifique tune help hekp svp indiquer moi
Un cd carrement inégal avec 8, 9 morceaux valant le détour.
Globalement, on ne retrouve pas les vibrations que nous font ressentir ce film documentaire.
A ne pas acheter si vous en aviez l'intention, attendons le DVD;
trop puisann surtout red light zone tro fort
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