Ça y est. Ils sont sortis : Jah Cure de prison, et son nouvel album, "True Reflections", presque simultanément dans les bacs. Il se sera fait attendre. La renommée de Siccature Alcock (son vrai nom) s’est faite derrière les barreaux. Un fait rare, quasi-unique. Son talent, indéniable, a de lui-même été amplifié par cette incarcération, que nombre de ses pairs (Capleton, Jah Mason...) ont dénoncé en studio ou en concert, le propulsant au rang de martyr. Derrière les barreaux, Jah Cure a continué de diffuser ce timbre de voix vibrant, poignant, délivrant au compte-gouttes des singles, qui pendant huit ans, ont été compilés sur album ; les plus récents sont aujourd’hui rassemblés dans "True Reflections". Il faut bien l’avouer, le quatrième opus de Jah Cure n’apportera rien de nouveau à ceux qui connaissent le chanteur de Papine sur le bout des ongles, si ce n’est un inédit de qualité (To your arms of love, sur le Guardian angel riddim) Pour ceux qui souhaitent découvrir Jah Cure, True Reflections est incontournable, tant il recèle de classiques : Longing For (Drop Leaf riddim), What Will It Take ? (Istanbul riddim), Most High Cup Full (Sun is Shining riddim)... - pour ne citer qu’eux.
"True Reflections" posera-t-il les bases de ce que deviendra Jah Cure dans le futur ? C’est désormais un drôle de défi qui l’attend. L’avenir dira s’il saura trouver sa place dans un milieu où certains, à coup sûr, tenteront de se servir de sa renommée et de sa libération, pour faire des gros sous. En attendant qu’il franchisse un nouveau pallier, une chose est sûre, Jah Cure chante l’amour comme peu savent le faire, tel un Gregory Isaacs des temps modernes. Il suffit d’écouter Love is (Seasons riddim), notamment, pour s’en convaincre. Il a par instant une fâcheuse tendance à se reposer sur ses acquis, mais sa capacité à enchaîner les “number one hits” est déconcertante. Était-ce “l’effet” prison ? Pas sûr. Le cinquième opus de Jah Cure, qu’on souhaite truffé d’inédits, est déjà attendu au tournant.




