Du punk au reggae, il n’y a qu’un pas que Sebastian Sturm s’est empressé de franchir. Sans doute que les albums des Clash ont contribué à la métamorphose. Il faut dire que le jeune Allemand s’est découvert un timbre à la Harrisson Staford (le chanteur du groupe américain Groundation), et ce genre de voix nasale marche plutôt bien en ce moment dans le reggae, de sorte qu’on pourrait même parler de western reggae, du reggae occidental, préfiguré par les New-yorkais d’Israël Vibration avec certaines chansons d’Apple Gabriel et propagé par Groundation. Sebastian Sturm prend le relais et a d’ailleurs été choisi pour assurer la première partie de la tournée européenne des Californiens.
Sturm a d’abord commencé en solo, avant de se trouver des compagnons d’armes avec les membres du Jin Jin band, qui n’attendaient qu’un chanteur doué pour décoller. Ensemble, ils travaillent sur un sympathique premier album, "This change is nice", qui ne fait pas trop de vagues. Deux ans plus tard, c'est au tour de "One Moment in peace" de sortir, un deuxième opus qui devrait vraiment lancer leur carrière, tant il est calibré. En ouverture de l’album, on trouve d’ailleurs un tube estampillé Groundation, Be Righteous. Ses musiciens empruntent quelques techniques efficaces aux Wailers, comme les chœurs, le petit solo de guitare en background. Les paroles de Sturm restent dans le champ lexical classique du reggae ; on ne s’improvise pas songwriter. Le chanteur n’oublie pas les petits trips acoustiques comme d’autres germanophones type Patrice ou Lee Everton ont pu le faire avant lui. Si l'on ne peut dénier à Sebastian Sturm un certain talent vocal, on sent une leçon de reggae bien appliquée, mais pas forcément très inspirée.



