Aller au contenu
Archive 1999-2016 Reggaefrance n'est plus mis à jour depuis 2016
FREN
Pochette de l'album Distant relatives de DAMIAN MARLEY & NAS

Chronique · par Alexandre Tonus

Damian Marley & Nas

Distant relatives

Écouter un extrait
Strong will continue

Écouter un extrait
As we enter

Le voilà donc enfin, cet album tant attendu. Maintes fois repoussé (il était initialement prévu en 2009), l'attente croissait à mesure de la hantise, de la déception. Sauf que le résultat est là : "Distant Relatives" est bien l'album espéré, une vraie réussite à la croisée du reggae et du hip-hop, deux musiques cousines, comme le suggère le titre de l'album (« Parents éloignés »).

Nas et Damian Marley n'en étaient pas à leur coup d'essai. Les deux compères avaient déjà signé Road to Zion en 2005, sur l’album désormais incontournable de Damian, "Welcome To Jamrock". Puis, les trois singles déjà sortis pour nous faire patienter laissaient augurer d'un bel effort commun. Si "Distant Relatives" est bien dans son époque, où les genres se décloisonnent, il est aussi solidement ancré dans ses racines reggae et hip-hop. Ce qui lui permet de varier les tempos et de se ménager des temps forts.

De ce côté, ça démarre en fanfare avec As we enter, qui remet au goût du jour la musique de Mulatu Astatke, déjà remarqué sur les indispensables Ethiopiques. Une autre pépite est le sublime Patience sur le sample de Sabali d’Amadou et Mariam, où les flows successifs de Damian Marley et Nas exploitent à merveille la rythmique lancinante. Citons aussi le terrible Land of Promise, l'irréel Nah Mean, ou encore Tribal War et Africa must wake up avec le rappeur somalien K'naan.

Les invités eux aussi traduisent ce métissage musical : K'naan, donc, mais aussi Joss Stone et Lil’ Wayne (My Generation), Stephen Marley et même Dennis Brown, sur l'écrasante version de Promised Land (Land of Promise), dont le texte imagine « si l'Afrique était les USA : alors le Ghana serait la Californie, Johannesburg Miami, et New York serait en Somalie… »

Depuis leur première rencontre, l’Afrique est au centre de la musique de Damian Marley et Nas, dans les sonorités elles-mêmes bien sûr (ici un sample d’instruments traditionnels, là un autre de chants tribaux), mais dans les paroles aussi, et on ne compte plus les chansons qui parlent d’une façon ou d’une autre, de près ou de loin, du continent africain. Mais les thématiques des textes de Nas et Damian ne se limitent pas à ça. Redonnant leurs lettres de noblesse à leurs musiques respectives, ils rappellent que le reggae et le hip-hop étaient avant tout des musiques engagées. Sans jamais tomber dans le prêchi-prêcha, ni prétendre donner de leçons, ils diffusent un message positif, intelligent, qu’on voudrait émancipant ("Every man deserve to earn, like every child deserve to learn…").

Même si certaines chansons paraissent un peu plus molles que d’autres (In His own words) ou pourront en décontenancer certains par leur aspect un peu trop dancehall (Dispear) ou un peu trop FM (Count your blessings), l’ensemble est cohérent et saura s’assurer un auditoire des plus larges. "Distant Relatives" est une vraie démonstration, et prouve encore une fois les talents de producteur de Junior Gong. Déjà l'album de l'année ?

Vidéos

Réactions des lecteurs (30)

Les 30 réactions ›
  1. aurélie · · note : 5 sur 5

    j'aime trop cet album!! il y a vraiment rien a redire 😍😍 junior gong & nasty nas 👌❤️
  2. gregonight · · note : 5 sur 5

    maîtrise géniale du flow et même le luxe d'adapter la zik pour le flow et non l'inverse

  3. Youssouf ·

    Pr moi c l album du siècle !! Big up junior gong and nasty nas
  4. Tuff · · note : 5 sur 5

    Bien, bien et encore bien. Que dire de plus, en plus d'avoir du son on a le droit a des paroles. seul hic, ces gars ont un flow trop rapide pour que je puisse suivre sans les lyrics devant les yeux c'est du to fast and furious!
  5. clara · · note : 5 sur 5

    du groo son

Autres chroniques

Les 451 chroniques ›