C'est déjà le troisième album de Takana Zion, révélé en 2007 avec "Zion Prophet". En quelques années, le singjay guinéen s'est imposé comme un artiste phare du continent, remplissant des stades en Afrique de l'Ouest. C'est un fait, Takana Zion a toujours su bien s'entourer. Ses deux premiers opus sont nés de sa complicité avec Manjul dans son Humble Ark au Mali. Pour ce nouvel album, Takana Zion n'a pas changé sa recette, mais l'a confiée à un autre cuisinier : cette fois-ci, direction la Jamaïque, où l'attendait Steven Stewart du studio Harry J qui co-produit l'album avec Sam Clayton (Mystic Revelation of Rastafari).
Entre les mains et les oreilles de cette pointure qui a exercé ses talents pour à peu près tous les talents que connaît la Jamaïque, Takana Zion signe un nouveau succès : il n'y a rien à jeter sur ce court album (seulement dix titres) qui résonne des talents réunis (Sly Dunbar, Sticky Thompson, Robbie Lynn, Dalton Brownie…).
Profondément influencé par Peter Tosh et Sizzla, Takana Zion ne chante que pour évoquer des sujets sérieux. La filiation avec le Bush Doctor se fait plus intense sur Stolen Family, qui évoque l'esclavage, ou quand il imagine à coups de basse ronde et puissante et de cuivres chauds un Rasta government qui gouvernerait le monde, faisant triompher la fraternité. Citons aussi l'indispensable Glory enregistré en une seule prise avec un Capleton au meilleur de sa forme (et déjà découvert en clip). Ancien rappeur, Takana Zion en a conservé l'urgence dans la voix, qu'il insuffle à Rise up ou qu'il met à profit sur Khoule. Louanges à Jah (Give Thanks to Jah) et chansons d'amour (M'bife veut dire "je t'aime" en malinké, son dialecte natal) complètent ces thèmes, offrant au singjay guinéen l'album le plus jamaïcain de sa discographie, le plus abouti aussi. Pas de doute, Takana Zion fait bien partie des valeurs sûres du reggae contemporain.



