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Alex Lollia admis aux urgences
André-Jean VIDAL franceantilles.fr 16.02.2009
Alex Lollia au CHU : « Ils m’ont donné des coups de matraque, je me suis débattu, ils m’ont attrapé par la tête, ils m’ont projeté par terre. »
« Ils m’ont couru après, ils m’ont bousculé, tabassé, dit « Toi on t’a vu à la télé hier soir. On va te casser ». Alex Lollia a été l’une des victimes de la matinée. Le secrétaire général de la CTU a été admis aux urgences du CHU.
A l’entrée du CHU, le passage est filtré. Sous une toile de tente, les militants de l’UGTG et de la CTU. Les grilles sont ouvertes. Quelques voitures grimpent le raidillon qui mène aux urgences. C’est là qu’Alex Lollia a été conduit juste après sa prise en charge, à Belle-Plaine/Le Gosier, lundi matin, vers 9 h 30.
Il tenait un barrage avec quelques autres personnes, quand les forces de l’ordre sont intervenues. Des gardes mobiles (que l’on confond souvent avec les CRS, qui ont quitté le département il y a presque vingt ans). Immédiatement, ceux-ci ont donné l’assaut. Puis poursuivi les barragistes, dont Alex Lollia. Celui-ci a été examiné dès son arrivée au CHU. Il souffre d’une blessure au coude gauche, de multiples contusions dues à des coups. La fille d’Alex est dans la salle d’attente. Elle est anxieuse. Des militants de la CTU et du LKP attendent près des portes des urgences. Il règne là un grand calme. Alex Lollia est allongé là, sur un brancard. Il porte une minerve. « Ils m’ont projeté en me tenant par le cou… », nous dira-t-il plus tard. Plusieurs membres de sa famille l’entourent. Est-il interpellé ou en voie d’interpellation ? On ne sait pas. Sa fille ne sait pas, les siens ne savent pas.
« Ils m’ont dit : « On va te casser ! »
Alex Lollia, sur son brancard, raconte : « Les CRS ont débarqué à l’aube en nombre. Nous avons toujours reculé chaque fois qu’ils avançaient. Nous avons quitté la nationale, pour prendre les petites voies. Là, ils ont lancé du gaz lacrymogène. Nous avons pris les petits chemins qui passent entre les maisons et ils ont commencé à tabasser. Nous nous sommes séparés en quatre groupes. Nous sommes passés par la mangrove, nous sommes rentrés chez les habitants. Ils sont rentrés nous récupérer. Quand je descendais une côte, ils nous couraient après, ils ont foncé sur nous. Il y avait beaucoup de femmes. Quand je me suis retourné, j’ai vu qu’ils sautaient à deux pieds sur une femme. Je suis allé porter secours à cette femme. Les CRS sont arrivés : ils m’ont dit Sale chien ! Sale nègre ! On t’a vu hier soir à la télé, on va te casser ! Ils m’ont donné des coups de matraque, je me suis débattu, ils m’ont attrapé par la tête, ils m’ont projeté par terre. Ils se sont mis sur moi, ils m’ont tabassé. Les voisins sont venus avec des bâtons et les ont chassés. Ils sont partis. Les pompiers m’ont soigné sur place puis ils m’ont évacué au CHU. » Alex Lollia, grand cardiaque, a été examiné par un cardiologue. S’il est couvert de contusions, il garde le moral et reste en observation. Hier, quand nous l’avons quitté, sa pensée était claire. Le militant syndical ne perd pas le moral.
A écouter : itw radio d'Alex Lollia
http://www.bondamanjak.com/guadeloupe/6 ... ollia.html
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